LIVRE m, CHAPITRE XXUI
coup même pour le manque de fourrages, que de i^^s. les y tenir davantage.
Ce fut le sentiment de tous. Dés lors on délibère isjuniet. de retirer l'artillerie des batteries, et peu à peu d'ôter les corps de garde des trancbées qui étoient les plus prés de la ville; tout cela se fit en bon ordre, sans que les ennemis fissent aucune sortie. Le troisième jour, lerendez-vous de toutes les armées fut donné sur le haut de la plaine, à la vue de la ville. Le Maréchal de la Force marche à la tête avec son armée toujours en bataille, sans s'éloigner de celle du Maréchal de Châtillon, qui faisoit la retraite; les ennemis ne parurent jamais qu'on ne fût à plus d'une grande demi-lieue de la ville : il vint six ou sept escadrons qui se montrèrent sur cette hauteur d'où l'on étoit parti, sans s'avancer davantage. Les armées allèrent camper à deux lieues de là, à deux villages nommés Lumbres et Elnes, et le lendemain à Nielles où l'on séjourna quatre ou cinq i7 juillet. jours.
Avant de partir du siège de Saint-Omer, les Maréchaux avoient dépêché des courriers vers sa Majesté pour l'informer de l'état de toutes choses et recevoir ses commandements; elle s'étoit avancée 2ijuiiiet. à Amiens, et monsieur le Cardinal à Abbeville; ils témoiffnèrent un p-rand mécontentement du mau-
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1638. vais succès de ce siège et du désavantage que cela apportoit aux affaires. Lesdits Généraux proposèrent au Roi s'il trouveroit à propos pour réparer le mal passé, d'attaquer Hesdin, bien que forte place, mais beaucoup plus commode à cause qu'elle est proche de la frontière de France, et par conséquent ils auroient eu ce côté libre pour la fourniture de tout ce qu'ils avoient besoin. Sa Majesté témoigne l'approuver; néanmoins quelques jours après, elle mande qu'elle trouvoit plus avantageux au bien de ses affaires, de tâcher d'obliger les ennemis à un combat, et qu'elle vouloit qu'ils en recherchassent les moyens, et tâcher d'y contraindre les ennemis ; que pour cet effet ils fissent provision de pain de munition pour huit ou dix jours, et qu'ils s'en allassent droit aux ennemis, qui pour conserver leurs villes, s'étoient avancés jusqu'à Thérouanne. Les Généraux marchent jusqu'à Lisbourg, à trois lieues d'eux; ils ont avis que les ennemis s'étoient approchés et avoient campé à deux lieues de là dans un village, ce qui leur fut rapporté par une partie de cinq cents chevaux qu'ils avoient envoyée prendre langue et qui les virent marcher. Soudain ils prennent résolution d'aller droit à eux, donnent les ordres à toute l'armée pour marcher au point du jour, et laissent le ba-