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gage au quartier avec de l'infanterie pour le gar- »638. der. Comme ils curent fait une lieue de chemin, ceux qu'ils avoient jetés devant, donnent jusqu'où les ennemis avoient campé, et leur rapportent qu'ils avoient délogé dés la mi-nuit et pris leur route à LillerS; de sorte que voyant qu'ils ne pouvoient faire autre chose pour lors, ils s'en retournèrent à leur même quartier où ils attendirent des nouvelles du Roi, qui leur arrivèrent le lendemain. Le commandement leur fut donné de retourner en arrière et d'aller assiéger Renty, place petite, quarrée, avec quatre bastions et de très-bons fossés pleins d'eau et très-larges. Ils rebroussent soudain et font si bonne dihgence qu'ils y arrivent le même jour. Le Maréchal de la Force campe son armée au village de Fasque \ à la vue dudit Renty, et le Maréchal de Chàtillon à Fouquembergue, aussi à la siju.iiet. vue de la place; ils jettent de bons corps de garde de tous les côtés pour empêcher les secours, et le lendemain font les approches et se logent dès le premier jour, chacun de son côté, jusqu'à vingt pas du fossé ^, apportent toute diligence à faire mettre
» Voir [correspondances, 3 août 1638) une lettre du Maréchal auRoi.
2 « La tranchée fut ouverte la nuit du deuxième jour par le Marquis de Castelnaut.Mareschal de camp, fils du Mareschal 4e la Force.» {WercwQ François, tome XXII, page 199.)
1631. leurs canons en batterie, et pressent si vivement les assiégés, que dans le septième ou huitième jour, de côté et d'autre, ils passent le fossé et sont attachés aux bastions où ils assurent ceux qui travailloient à la mine. Cependant leur artillerie, qui avoit fait le trou pour loger les mineurs, ne cessoit de tirer dans la place. Les ennemis s'étonnent et ne veulent
9aoùi. attendre l'extrémité. Le neuvième jour, ils font faire la chamade pour parler. Deux heures après, la capitulation fut faite et signée. Ils baillèrent des otages de remettre la place le lendemain, ce qui fut fait. On leur permet de sortir avec leurs armes et bagageSj, et les fit-on conduire jusqu'au delà de Thérouanne. Il en sortit outre la garnison ordinaire, trois cents Allemands; ils faisoient en tout de six à sept cents hommes.
Ayant donné avisa sa Majesté qui s'étoit avancée jusqu'à Abbevillc , de ce bon succès, les Généraux reçoivent commandement * de faire travailler diligemment à réparer la place; le Roi en donne le Gouvernement au sieur de Villcquier, Gouverneur du Boulonnois, et en commet la charge au lieule-
• M. de Châtillon ayant été mandé par le Roi, M. de la Force fut chargé de ces travaux. Voir {correspondances. 9 et 10 août 1638) une lettre de M. des Noyers et la réponse du Maréchal qui lui donne son avis sur la ligne d'opérations à suivre après la prise de Reoty.
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nant de sa compagnie de chevau-légers. Deux jours less. après, cette résolution fut changée, l'on crut que cette place avancée dans le pays des ennemis, coûteroit plus à garder qu'on n'en sauroit tirer d'utilité. Nouvel ordre fut donné auxdits Généraux de la faire raser, et le sieur de Villequier * en fut particulièrement chargé; on s'aida des mines qui avoient été faites aux bastions , et en fit-on des nouvelles jusqu'à douze ou treize, de sorte que cette place fut entièrement bouleversée. Cela retint les armées encore six ou sept jours , pendant lesquels on avoit pourvu à faire des magasins de pain de munition.
Les Généraux reçurent commandement de sa Majesté de marcher avec les deux armées par le milieu du pays des ennemis, et se rendre le plus tôt à Crèvecœur ou à l'abbaye de Vaucelles , à deux lieues du Catelet; le Roi avoit fait avancer le sieur duHallier, qui commandoit l'armée du Maréchal de Brézé, pour investir le Catelet.
Dès que lesdits Maréchaux marchent avec leurs armées , celles des ennemis vont toujours les
1 Le sieur de Villequier Gouverneur de Boulogne, lequel exécutant de trop près sa commission, fut blessé d'un éclat des ruines de la place comme il la faisoit sauter par mines. [Mercure François, tome XXII, page 202 ). Antoine d'Aumont Marquis de Villequier, Maréchal de France en 1631, Duc et Pair sous le nom de d'Aumont en 1663, mourut en 1669»
1638. côtoyant, mais mettant toujours des rivières entre deux ; ils prennent un logement prés de la ville d'Arras; le lendemain, continuant leur marche, le Maréchal de la Force qui étoit à l'avant-garde , les premiers escadrons qu'il avoit jetés devant , lui mandent qu'ils en voyoient huit ou dix des ennemis qui marchoient vers eux, du côté d'Arras. Il s'avance pour les reconnoître ; les ayant vus, il met son armée en bon ordre et en donne avis au Maréchal de Chàtillon, qui étoit ce jour-là à l'arriéregarde. Leurs Cravates ne manquent point, à l'accoutumée, de venir cent ou cent vingt, attaquer l'escarmouche à la faveur de leurs escadrons, ce qui dura plus d'un heure , car les ennemis se tenoient fermes à leur place , et le Maréchal de la Force ne vouloit aussi beaucoup s'avancer, attendant toujours que toutes les troupes de leurs armées fussent rapprochées et en état d'aller à eux. Comme il voit tout en bonne disposition, il fait avancer les premiers escadrons , et leur mande de tâcher de se mêler avecles ennemis et de les engager au combat; il marche en bon ordre avec tout le reste. Les ennemis jugèrent bien qu'il n'y faisoit plus bon pour eux et commencèrent leur retraite de bonne heure; on les pressa jusqu'au pied de la ville d'Arras, où ils avoient dans des lieux avantageux
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placé toute leur infanterie et cavalerie, et leur ar- less. tillerie, où il n'y avoit moyen de les attaquer qu'avec grand désavantage; de sorte qu'en cette action, il n'y eut qu'un officier des Cravates tué et un autre de pris. Les Généraux connurent bien que les ennemis n'avoient dessein que de les amuser et faire perdre leur journée; ils se résolurent de continuer leur marche; dés qu'ils furent un peu éloignés, ils revinrent encore sur la même éminence d'où ils les avoient fait déloger , mais n'osèrent marcher plus avant; ainsi les nôtres continuent leur voyage et vont ce jour-là loger à Renty, et le lendemain à Marquion, et de là à Crèvecœur et Vaucelles, entre Cambray et le Catelet, par commandement du Roi. Les ennemis, qui les côtoyoient toujours, s'étoient rendus à Cambray, et ne manquent point dès le lendemain de paroitre avec leur cavalerie au-devant de Cambray, à une demi-lieue de Crèvecœur. Soudain leur garde à cheval donne avis aux Généraux qui étoient logés à l'abbaye de Vaucelles; ils font seulement avancer quatre ou cinq escadrons au delà de Crèvecœur pour les reconnoitre, et font préparer l'infanterie qu'ils avoient campée audit' Crèvecœur. Les Cravates ne manquèrent pas de venir encore escarmoucher^, mais il n'y eut autre chose; ils jugèrent que les ennemis
1638. n'étoient venus là que pour reconnoître leurs logements.
Il n'y a de Crévecœur à Cambray qu'une pelite lieue; les ennemis se campent au delà delà ville et y font des retranchements. Leurs corps de garde à cheval étoient toujours placés sur une éminence qui leur étoit fort favorable, car l'on ne pouvoit voir au-derrière d'eux; de même au-dessus de Crévecœur étoient les corps de garde des Généraux, et assez proches les uns des autres , si bien que tous les jours il se faisoit force escarmouches; les Généraux de part et d'autre s'y trouvoient souvent, mais il n'y avoit moyen de rien entreprendre, car chacun se tenoit dans son avantage; car bien qu'il ne parut d'un côté et d'autre que cinq ou six escadrons, ni les uns ni les autres ne pouvoient juger ce qui étoit au derrière; de leur côté il y avoit quelques ravins où Ton jetoit de l'infanterie, et le lieu de Crévecœur au-dessus qu'ils firent bien retrancher , et y avoit de jour et de nuit deux mille mousquetaires et six cents chevaux. Ils demeurèrent à ce même temps, durant tout le siège du Calelet, et les ennemis aussi en leur campement de Cambray; l'on croyoitbien qu'ils se mettroient en devoir de secourir ledit Catelet, ou de faire quelque effort d'un côté ou d'autre; mais ils n'entreprirent