‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 58 sur 106 · LIVRE m, CHAPITRE XXIIL · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE XXIIL

rien du tout que plusieurs parties qu'ils faisoient i638. sur nos fourrageurs , et en attrapèrent souvent de ceux qui y alloient indiscrètement; mais l'ordre avoit été mis pour les escorter, et nul ne savoit ni le jour, ni le côté oii ils dévoient aller, que le Maréchal de camp qui en avoit la charge, et chaque fois ils menoient pour le moins mille ou douze cents chevaux et autant de mousquetaires; aussi n'y arriva-t-il jamais aucun inconvénient. La fatigue étoit grande pour la cavalerie, tant pour les gardes de jour et de nuit qui étoient fortes, que pour les convois de pain * qui venoient de Saint-Quentin, et l'escorte des fourrageurs qui se faisoit trois fois la semaine , encore n'y pouvoit-il fournir, car tout étoit mangé; il le falloit aller chercher à trois ou quatre grandes lieues. L'on demeura là plus de trois semaines , car après la prise du Catelet , qui fut emporté d'assaut, il fallut donner cinq ou six i* septembre, jours pour réparer les brèches que les mines avoient faites; il y avoit dans la place sept ou huit cents hommes de guerre; le Gouverneur,- fut pris, tous les officiers et soldats pris ou tués.

' Voir {correspondances, 10 septembre 1638) une lettre du IMaréchal à M. des Noyers, dans laquelle il se plaint de toutes les irrégularités que les munilionnaires apportent dans les fournitures du pain.

2 Don Gabriel de las Terres ; Beda, du Languedoc, volontaire dans

1638. Huit OU dix jours avant la prise , étant à Vaucelles, le Ptoi qui s'en étoit retourné d'Abbeville à Paris , manda au Maréchal de Cliatillon de l'aller trouver; monsieur le Cardinal, qui étoit venu à Saint-Quentin, lui dit en passant : Je suis d'avis que vous alliez droit chez vous sans voir sa Majesté , car elle n'est pas contente de vous ; il faut prendre du loisir pour accommoder vos affaires. Peu après , il reçut en chemin une lettre de sa Majesté, qui lui commandoit de se retirer chez lui , ce qu'il fit. Il passa à Paris, mais sans s'y arrêter. L'on jugeoit que cela provenoit du mauvais succès du siège de Saint-Omer, et de quelques mauvais offices qu'on lui avoit rendus.

Sa Majesté écrivit au Maréchal de la Force qu'elle vouloit qu'il eût le commandement seul en son armée et qu'il avisât le moyen de la faire vivre dans le pays ennemi, tout le reste de la campagne; car de pouvoir entreprendre autre chose, il n'y avoit pas moyen, d'autant que la saison étoit fort avancée et qu'il y avoit de grandes maladies dans l'armée; d'ailleurs il est certain que le Prince Thomas et Comte Piccolomini étoient toujours à trois

l'armée, lui donna un coup de pertuisane à l'épaule et le fit prisonnier. {Mercure François, tome XXII, page 207.)

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