M. DE LA FORCE A U. DE BOURDEILLE
Le Duc d'Elbœaf vouloit faire raser le château de la Force.— M. de Bourdeille avoit offert d'en garantir la neutralité. — La Force le prie d'intervenir pour empêcher l'attaque de sa maison qui ne fait la guerre à personne.
Monsieur, M. du Bourg m'a rapporté les assurances qu'il i62^ vous plaît me donner de votre bonne volonté, dont je me 28 janvier. sens grandement votre obligé, et vous en rends un million de grâces; mais je vous supplie humblement m'en faire voiries effets. Vous m'avez fait cette faveur de m'offrir de répondre de ma maison de la Force; vous êtes Sénéchal et Gouverneur en cette province; je ne pense pas que M. le Duc d'Elbœuf voulût faire un tel mépris de vous que de vous en refuser, et pour mon regard, je vous offre encore ce que je vous avois offert par ledit sieur du Bourg, qui est que je ferai garder exactement tout ce que vous me prescrirez , de quoi, Monsieur, je vous donne ma parole. Un chacun sait que je n'ai Jamais voulu que l'on fît la guerre de ma maison, et pouvez vous assurer qu'elle ne s'en fera directement ni indirectement, ni donnera retraite à ceux qui la feront, etque j'airaerois mieux mourir mille fois que de vous manquer et aux promesses que je fais; après cela, il me semble que l'on ne pense pas dire qu'il y va du service du Roi. S. M. étant dans le pays n'a pas voulu qu'il y fût rien changé ; je sais bien qu'à la sollicitation de ceux qui m'en veulent, l'on a souvent parlé de la faire raser, mais je sais aussi qu'il y a eu force bons François, serviteurs du Roi, et mes amis, qui s'y sont opposés ; je ne sais à présent pourquoi mondit sieur d'Elbœuf voudroit ruiner ma maison qui ne fait mal à personne : il n'a jamais retiré que des services de moi et des miens. C'est une grande conséquence que de s'attaquer aux maisons particulières, celle-là n'est point une maison de guerre et n'est que pour le plaisir. MM. les Marquis de Lauzun, père
1622. et fils, de la Motte-Gondrin, de Chambret et de Forsac, se sont 28 janvier, tous employés pouF supplier M. d'Elbœuf de ne l'attaquer point ; si tous ensemble me faites l'honneur de vous joindre pour lui représenter qu'ayant moyen d'empêcher qu'elle ne fasse de mal et que c'est ce que peut requérir le service du Roi, tandis qu'au contraire ce seroit désobliger force personnes et faire une ouverture de pernicieuse conséquence pour toutes les autres maisons, j'estime que mondit sieur d'Elbœuf y apportera force bonnes considérations, et particulièrement ce sera me rendre votre redevable et de tous ces messieurs, vous suppliant de croire que je ne perdrai jamais d'occasion qui puisse vous témoigner que nul autre n'est à l'égard de moi, Monsieur, votre plus humble cousin et plus affectionné serviteur. A Sainte-Foi, ce 28^ janvier.
LEVEE * D UNE SOMME DE TROIS CENT MILLE LIVRES SUR LES TAILLES DE LA PROVINCE DE PÉRIGORD, AUTORISÉE PAR l'assemblée de la ROCHELLE, ET ORDONNÉE PAR M. DE LA FORCE.
2 Kvrier. IaCQUES NoMPAR DE CaVMONT, MARQVIS DE LA FORCE, Ba-
ron de Castelnau, etc. Capitaine de cent hommes d'armes, Gouuerneur et Lieutenant général pour le Roy en ses Royaume de Nauarre et Souueraineté de Béarn : Chef et général de la basse-Guienne. Aux Consuls, Syndics, Cotisateurs, Collecteurs, manans et habitans de la Jurisdiction de Castelnau et Saint-Ponpon.
Salut, Vev par nous la Commission à nous enuoyée, par les Députez de l'Assemblée générale des Eglises Réformées de France et Souueraineté de Béarn tenant à la Rochelle, par laquelle nous est mandé, qu'ayant esté contrainte auec vn indicible regret de recourir aux moyens naturels et légitimes, pour les opposer à la violence et oppression des ennemis de l'Estat: et conseruer, en tant qu'en elle est, l'authorité du Roy et de ses Edicts, la liberté de leurs consciences et seu-
' Nous offrons la rcproduclion exacte d'une de ces ordonnances; elles étaienl imprimées et portaient en titre les armes du Roi, gravées. Les niols soulignés écrits à la main, remplissaient des vides destinés à cet usage.