‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 69 sur 106 · DE PAR LE ROI · texte numérisé non relu

DE PAR LE ROI

30 juin. Tous nos Lieutenants-Généraux, Gouverneurs de nos Provinces et villes, Baillifs, Sénéchaux, Yice-Sénéchaux, Prévôts, Juges ou Lieutenants- Colonels, Mestres de camp, Capitaines, Chefs et Conducteurs de nos gens de guerre, tant de cheval que de pied , de quelque langue et nation qu'ils soient; Maires, Consuls, Jurats, Capitouls et Echevins de nosdites villes. Capitaines et Gardes des portes d'icelles, ponts, ports, péages, passages, juridictions et détroits, et à tous auxquels il appartiendra et auxquels ces présentes seront montrées, salut. Ayant permis à la Dame Maréchale de la Force d'aller en ses maisons, nous vous mandons et très-

expressément enjoignons par ces présentes, que vous ayez à la laisser passer, aller, venir, tourner et retourner par chacun de vos pouvoirs et juridictions, avec ses gens, train et équipages, sans lui faire ni souffrir et n'y être fait, mis ou donné aucun trouble ni empêchement, ains toute la faveur et assistance dont elle aura besoin et vous requerra, car tel est notre plaisir. Donné à Toulouse, le dernier jour de juin. Signé : Louis. Et plus bas : De Loménie.

30 juiu.

Il charge M . de Thénaines d'accommoder le différend de MM. de la Force et de GursoD.

Mon Cousin, j'ai appris qu'il s'est mu quelque différend ' août. entre vous et mon cousin le Comte de Gurson, à l'occasion des choses qui se sont ci-devant passées , ce qui vous pourroit porter à quelque ressentiment, et donner sujet d'entreprendre par voie de fait l'un contre l'autre au préjudice de mes Edits et déclarations, et du bien de mon service. Ce que désirant prévenir, j'écris à mon cousin le Maréchal de Thémines, que j'aurai à plaisir qu'il s'entremette de l'accommodement de vosdits différends ; sur quoi je vous ai voulu faire celle-ci, ainsi que je la fais semblable à mondit cousin le Comte de Gurson, pour vous y exhorter de ma part, et d'oublier à mon exemple les choses qui se sont passées entre vous et mondit cousin le Comte de Gurson, et de vivre désormais en bonne paix et amitié comme mes serviteurs ; et me témoignant en cela le respect que vous devez à mes commandements, vous ferez chose qui me sera fort agréable. Sur ce, je prie Dieu, mon Cousin, etc. Ecrit à Béziers, le 7« jour d'août. Signé : Louis. Et plus bas : Phelypeaux.

Entrée du Roi à Montpellier. — Plainte de M. le Prince. — Réponse de S. M. — Condé et Schomberg se retirent mécontents. — Discrédit des Jésuites et de M. le Prince.

Je reçus hier votre lettre par laquelle ne mandiez point s novembre. que Monsieur se trouvât mal, ce que pourtant disoit le mes-

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1622. sager qui l'apportoit; cela m'a fait croire que ce n'est pas novem re «grand'chose. Je vis hier M. de Monbaron , qui avoit vu un gentilhomme catholique qu'il nomma, que mon frère de Castelnaut connoît, et qui est de ce pays, lequel venoit de la Cour et y étoit quand le Roi entra dans Montpellier. Il dit que deux mille hommes de la ville en sortirent en armes au devant du Roi, lequel y entra avec autres deux mille hommes, et après qu'il fut entré, les autres deux mille, qui étoient allés au devant, le suivirent; et un peu de temps après que S. M. fut arrivée, il fit sortir les deux mille hommes qui étoient entrés avec lui, et n'en garda que deux cents pour sa garde- Ce même gentilhomme dit que Mgr le Prince se plaignant au Roi de cette paix, S. M. lui répondit : Que puisqu'il voyoit qu'il s'opiniâtroit à ne la vouloir pas, que s'il ne l'avait pas faite, que plutôt que ne la faire pas, il la leur ferait encore beaucoup plus avantageuse. Il dit que mondit Seigneur et M. de Schomberg , qui ne la vouloit pas aussi, s'en sont allés fort malcontents ; et qu'on ne parle plus de Jésuites à la Cour, n'y ayant plus de vogue, et la raison étoit, à ce qu'il dit, que M. le Connétable avoit fait voir au Roi que Mgr le Prince et eux sont pensionnaires d'Espagne. Dieu vous garde de mal et vous bénisse, et à tous ses enfants. A. de Gaumont. Ce jeudi matin 3^ novembre, à Cugnac.

F. S. J'oublioisdevous dire comme nous ouïmes tout hier tirer le canon ; mais depuis que le vent a changé, nous ne l'oyons plus. Mon frère vient de recevoir une lettre deM. d'Oradour , qui lui mande que les deux armées de mer se battent fort.

Le Duc d Épcrnon iusisle auprès du Parlement de Bordeaux pour la démolilion de Caumont et de Fronsac. — Dédommagement offert à la Comtesse de Saint-Paul. — Combat à la Rochelle.

Je vous fais ce mot pour vous dire que nous sommes arrivés en ce lieu; Dieu merci, nous y avons reçu assez bon accueil. J'y ai appris, comme M. d'Epernon demeura hier plus de trois heures au Palais; on m'a assuré que c'est pour la démolition de Caumont et de Fronsac, et qu'ils nommèrent des députés pour cela. Il alla voir madame la Comtesse de Saint-

LE MARQUIS DE LA FORCE A LA JIARQUISE DE LA FORCE. 265 Paul, à laquelle on donne deux cent mille écus, se dit-on; je 1622. crois qu'il en faudroit promptement donner avis à Monsieur (de la Force). Il s'est passé quelque chose à la Rochelle; j'e ne sais si vous l'aurez appris : ceux de la ville se sont saisis d'un navire qui apportoit des provisions à ceux du port, et entre autres choses, grande quantité de bois et de pieux ; cela a obligé le petit Amant à faire des prisonniers, et a mis garnison à Surgères et Tonnay-Charente. Vous aviserez quand devrez faire votre voyage. Je demeurerai le moins que je pourrai ici , afin de vous voir bientôt. Dieu vous conduise et adresse, etc. A. de Caumom'. A Bordeaux, ce dimanche matin, à six heures.

ET

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