‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 7 sur 106 · LIVRE ra^ CHAPITRE XVH · texte numérisé non relu

LIVRE ra^ CHAPITRE XVH

Marquis de la Force étoit à Nismes et les troupes lesa. ennemies étoient enti^e deux, et de même du régiment de Tonneins, qui étoit à Uzés.

Le Maréchal de la Force , qui avoit fait état de prendre son logement sur la rivière de Gardon, à Pvemoulin, fort ruiné et quantité de brèches aux murailles, envoya devant le IMaréchal des logis de la compagnie de Dussignon, avec douze cavaliers pour se mettre dedans, ce qu'il fit, et de lui donner avis à toute heure de ce qu'il apprendroit; mais bientôt après le sieur de Peyrault, qui venoit avec trois cents chevaux envoyés par le Duc pour prendre le logis, le faisoit tenir serré et avoit dessein de l'attaquer.

Les coureurs qui marchent à la tête de l'armée donnent avis au Maréchal que le Duc d'Elbœuf paroissoit avec son armée, et s'étoit lui-môme avancé jusqu'audit Remouhn, où il pensoit loger. Le Maréchal de la Force fait mettre toutes ses troupes en bon état, et continue son chemin, résolu de le combattre, bien qu'il eut de cavalerie et infanterie un tiers plus que lui, fait renforcer ses coureurs, qui lui mandent que ledit Duc étoit venu audit Remoulin, mais qu'ayant eu avis que l'armée du Roi marchoit, il avoit rebroussé jusqu'au gros de sa cavalerie.

kh MÉMOIRES DU DUG DE LA FORCE.

i6». Ledit Maréchal qui s'étoit mis devant pour reconnoître les ennemis et la situation du pays, arrivant à cette plaine de Remoulin , ordonne à ses coureurs d'aller plus avant pour les amuser et tenir en corvette *; cependant, en même temps que les troupes passoient, il les faisoit mettre en ordre de bataille; c'étoit un chemin fort serré entre des montagnes qui les contraignoient de défiler, de sorte qu'avant que tout fût passé, la nuit survint; on lui rapporte aussi que toute la cavalerie des ennemis qui s'étoit avancée, avoit reculé joindre l'infanterie; ainsi il ne jugea pas à propos dans un pays assez diflicile d'entreprendre de les poursuivre pour les grands désordres qui arrivent aux armées de marcher de nuit.

fisepiembre. H prend SOU logcmcut audit Remoulin, fait camper l'armée , ordonne des corps de garde à cheval et des batteurs d'estrade; étant là, il est informé par personnes assurées que ceux de la garnison de Montfrin , qui étoient venus trouver le Duc d'Elbœuf, avoient vu l'épouvante de ses troupes et leur retraite soudaine; que s'il en voyoit à ladite ville de Montfrin, qu'ils se rendroient, et que trois cornettes de cavalerie qui étoient dedans étoient réso-

' Pour les tenir en lialeioe.

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