‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III (volume 4)Chapitre 78 sur 106 · LE MARECHAL DE LA FORCE A MADAME DE CASTELNAUT · texte numérisé non relu

LE MARECHAL DE LA FORCE A MADAME DE CASTELNAUT

Le Roi lui accorde son congé. — Féiicitalions de se revoir bientôt. — Grossesse de la Comtesse de Lauzun. — Envoi d'orangers et de citronniers au château de la Force.

lermars. Ma clière fille, je me servirai de l'occasion de ces deux hommes que j'envoie à la Force, pour vous donner de nos nouvelles, et vous assurer que je suis. Dieu merci, en bonne santé, et deux de vos frères qui sont ici, et vous dirai aussi comme le Roi m'a fait l'honneur de me permettre mon retour, et de m'allcr un peu rafraîchir. S. M. me mande qu'elle envoie M. le Maréchal de Toiras pour me relever, et avoir le commandement de son armée. Je n'attends que son arrivée, que j'espère être dans sept ou huit jours, pour partir incontinent. Je reçus hier des nouvelles de ton mari, qui est à Paris; il se porte bien, et me mande qu'il croit faire encore là du séjour pour un mois ou cinq semaines, pour pourvoir aux affaires qui l'y ont mené, de sorte que j'espère de l'y voir, de quoi je me réjouis fort. Il m'écrit aussi que s'il croyoit que j'y dusse bientôt aller, qu'il m'y attendroit, et il aura su depuis sa lettre la permission que j'en ai eu de S. M. Ma femme et votre irère le Marquis (de la Force) m'écrivent aussi; ils sont tous en bonne santé, Dieu merci, et m'attendent avec grande dévotion. Il commençoit d'être temps : il y a plus de quatorze ou quinze mois que je suis par deçà, et vous assure que nous y avons passé de bien mauvais temps, surtout dans les périls de la peste. Ce sera nous faire trouver le repos plus doux quand Dieu nous fera la grâce d'en pouvoir jouir; je prétends surtout que ce sera en nos quartiers, où j'ai si grande envie d'aller, que je t'assure , ma fille , que je n'en perdrai point de temps. Je vois bien qu'à mon retour en France , je serai obligé de demeurer quelque temps auprès du lloi , et qu'il nous faudra aussi pourvoir à plusieurs affaires, ce qui malaisément se pourra faire avant les grandes chaleurs, et je ne voudrois lors, à un si long voyage, mettre

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ma femme en chemin, à cause aussi des petites. Mais, Dieu *®3t. aidant, j'espère que nous partirons tous au mois de septenibre, ' '°"'" car j'ai un grand désir que nous puissions nous voir tous ensemble, et nous réjouir en reconnoissant les grâces de Dieu, et vous prie de considérer ses merveilles envers nous, et les assistances qu'il lui a plu nous départir; on ne peut se représenter les choses qui se sont passées, sans admiration , son saint nom soit loué! J'ai été infiniment aise d'apprendre par votre frère de Tonneins votre bon état, il m'a assuré qu'il ne vous avoit jamais vu mieux porter; je prie le Tout-Puissant qu'il vous augmente de plus en plus ses saintes grâces , et vous maintienne en bonne prospérité et santé , avec toute la famille. Je me suis fort réjoui de la grossesse de notre fille, la Comtesse de Lauzun, et me tarde bien que je puisse voir le mari et la femme; Dieu les veuille conserver. Ce 1" de mars, au camp de Rivolle.

P. S. Ma fille, jugez si j'ai bien envie d'aller à la Force, je ne songe qu'à prendre les moyens de m'y réjouir. J'ai fait de deçà une emplette d'orangers et de citronniers, que j'envoie à la Force, presque tous portant fruits ; je vous prie envoyer à la Force pour douze ou quinze jours votre jardinier, pour aider à les accommoder comme il faut. J'envoie un mémoire de ce qu'ils ont à faire, j'aurois très-grand déplaisir qu'ils me les laissassent perdre; il y en a bonne quantité , je vous en ferai part, et à M. le Comte de Lauzun, s'il en veut. J'ai aussi envoyé des hommes pour les vers à soie.

Ordre de venir le trouver.

Mon Cousin, ayant toute satisfaction du fidèle service que u avni. vous m'avez rendu dans les occasions importantes où je vous ai employé, et dont vous vous êtes très-dignement acquitté, je vous ai voulu faire cette lettre pour vous faire connoître le bon gré que je vous en sais, et vous dire que j'aurai à plaisir que vous me veniez trouver, assuré que je vous verrai de bon œil, et vous témoignerai encore de vive voix l'estime que je fais de votre personne et du mérite de vosdits ser-

Sue DOCUMENTS.

i&Su vices, lesquels vous devez croire que je reconnoîtrai volontiers if aTrn. quand il s'en offrira sujet. Cependant je prierai Dieu , etc.

Ecrit à Fontainebleau, le 11'= jour d'avril. Signé iLoms. Et

plus èas ; Phélypealx.

INSTRUCTION POUR LE SIEUR MARÉCHAL DE LA FORCE S EN ALLANT EN CHAMPAGNE.

6mai. Le Roi, depuis quelques années cnçà, sur les divers avis qu'on avoit donnés à S. M., que ses voisins du côté de la province de Champagne avoient dessein de troubler le repos et la tranquillité de son Royaume, ayant été obligé de mettre sur pied une armée en cette province pour la sûreté d'iceltii, continuant sur les mêmes considérations à y tenir des troupes dans les garnisons, pour les assembler en corps d'armée lorsqu'il en sera besoin ; et considérant qu'il ne peut en donner le commandement à personne qui s'en acquitte avec plus de soin, valeur, fidélité et affection à son service, que le sieur Maréchal de la Force, qui en a rendu des preuves en tant d'occasions, et particulièrement en ces dernières d'Italie, où il a eu grande part en tout ce qui s'est fait si glorieusement pour le secours de Casai; S. M. a choisi ledit sieur Maréchal pour commander comme son Lieutenant Général toutes les troupes qui sont à présent ou seront ciaprès en ladite province, lorsciu'elles seront assemblées en corps d'armée. Et cependant afin ({u'elles soient prêtes pour cet effet lorsqu'il en sera besoin , et pour leur donner les ordres nécessaires pour son service, S. M. envoie le ledit sieur Maréchal de la Yorce visiter lesdites troupes qui sont en garnison dans cette province , depuis Reims , Sainte- Menehould et Verdun, jusque» en Picardie, comme aussi toutes les places de celte frontière, afin de donner ordre à tout ce qui sera nécessaire pour la conservation d'icelles, sans toutelois aller à Melz, dont S. M. se repose sur le soin de M. le Duc d'Epernon.

Ledit sieur Maréchal verra donc toutes lesdites troupes en visitant la frontière de cette province, prendra garde si elles sont dans les garnisons qui leur ont été ordonnées , si elles y

6 mai.

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vivent comme il leur a été prescrit, en quel état et nombre '^^ elles sont, et leur donnera les ordres qu'il jugera à propos pour le service de sadite Majesté.

Visitant lesdites places frontières, il y aura un Ingénieur et un Commissaire de l'artillerie avec lui ; et ayant vu l'état auquel chacune esta présent, et les travaux qu'il sera nécessaire d'y faire pour les mettre bientôt hors de surprise, il fera les marchés desdits travaux, les fera tracer par l'Ingénieur, en donnera la charge à qui il avisera, s'il n'en laisse le soin au Gouverneur, et même s'il trouve à propos d'y faire venir les communautés des paroisses voisines pour avancer lesdits travaux, il se servira pour cela d'une ordonnance de S. M. , qui lui sera mise entre les mains.

Il verra soigneusement les vivres qui sont dans lesdites places , et s'il n'y en a pas assez, en fera prendre aux lieux voisins les plus commodes pour cela, qui seront payés au môme temps qu'ils seront pris, afin que les sujets de S. M. n'en soulTrent aucune oppression.

Pour les munitions de guerre, comme poudres, mèches, plomb, outils, etc., il fera faire bon inventaire de ce qu'il trouvera en chaque place, en fera mener de Châlons ou d'autres lieux plus proches, où il s'en pourra trouver, dans celles qu'il sera besoin, et fera mettre l'artillerie qui s'y rencontrera, en état de servir, y 'faisant donner ordre par le (Commissaire de Fartillerie.

Enfin ledit sieur Maréchal fera, touchant lesdites troupes et places frontières, généralement tout ce qu'il jugera expédient pour le service de S. M., à laquelle il rendra compte particulier sur tout ce que dessus.

Il dépendra dudit sieur Maréchal de la Force de faire son séjour aux lieux de la province qu'il jugera le plus à propos, pour avoir l'œil ouvert à ce qu'il ne s'entreprenne rien sur la frontière au préjudice du service de S. M. Fait à Fontainebleau, le 6^'jour de mai. Signé : Louis. Et plus bas : Bou-

THILLIER.

Le Maïquis de la Force Maréchal de camp a l'armée dr Champagne.

Mon Cousin , ayant estimé à propos dans \o, grand nombre 20 août.

ZUS CORRESPONDANCES.

'631. (Je troupes qui se doit rendre en mon pays de Champagne,

d'envoyer quelqu'un près de vous pour y servir en qualité de Maréchal de camp, j'ai cru ne pouvoir faire un plus digne choix que du sieur Marquis de la Force, votre fils, tant pour les preuves qu'il a ci-devant rendues de sa valeur et expérience en pareille charge, que pour la parfaite union et correspondance qui sera entre vous et lui, pour faire valoir mes intentions au bien et avantage de mon service, et rendre vains et inutiles les desseins de ceux qui voudroient entreprendre au préjudice de mon autorité. A quoi m'assurant que par votre sage conduite , secondée du soin et de la vigilance de votredit fils, vous saurez très-bien pourvoir, je prierai Dieu, etc. Ecrit à Monceaux, le 20"= jour d'août. Signé : Louis. Et plus bas : Phélypeaux.

Ordre de tailler en pièces les troupes de Monsieur.

9 septembre. Mon Cousin, ayant été averti par le sieur de Bourbonne, l'un de mes Lieutenants en Champagne , que mon frère, le Duc d'Orléans, a logé quelques troupes dans les terres de surséance, lesquelles il seroit facile de charger, je vous fais cette lettre pour vous dire, qu'estimant que comme ce seroit chose avantageuse à mon service , je désire qu'incontinent icelle reçue , vous ayez (si vous le jugez nécessaire) à vous acheminer en personne en ces quartiers-là, avec tel nombre de gens de guerre que vous aviserez, pour attaquer Icsdites troupes et les tailler en pièces, sinon vous donnerez ce commandement audit sieur de Bourbonne, pour l'exécuter promptement. Ce que je remets à votre choix et prudence, sur laquelle je me reposerai de cette action, pour la faire réussir ainsi que je le dois désirer, me faisant savoir quel en aura été le succès. Ce qu'attendant, je prierai Dieu, etc. Ecrit à Compiègnc , le 9'= de septembre. Si(jné : Louis. Et plus bas :

PbÉLI PEAUX.

Même sujet. — Demande d'une carte du pays. — Discipline à maintenir en passant sur les terres de Lorraine.

i78eptembre. Mon Cousin , sur ce qui m'a été ci-devant mandé que quelques troupes de mon frère, le Duc d'Orléans, étoient

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logées dans les terres de surséance, je vous ai fait savoir que >63i. mon intention étoit qu'elles fussent attaquées par celles que ''septembre, vous commandez, et vous ai envoyé , pour cet effet , et au sieur Marquis de Bourbonne, les ordres que j'ai estimés nécessaires, tant pour l'exécution de la chose , que pour la décharge que vous en eussiez pu désirer. Maintenant que ce même avis m'a été confirmé, et que je juge que vous pouvez entreprendre avec facilité la défaite desdites troupes, je vous fais encore cette lettre pour vous ordonner de n'en perdre point le temps , et de suivre ce que je vous ai déjà prescrit être de ma volonté sur ce sujet, de quoi j'attends désormais des nouvelles et de celles dudit sieur Marquis de Bourbonne, auquel vous en avez communiqué. Cependant je désire que pour me donner plus particulièrement connoissance de la situation dudit pays de surséance, des lieux aux environs et des logements qu'on y pourroit faire, que vous m'en envoyez une carte, la plus exacte qu'il se pourra, afin que sur icelle je puisse être mieux informé des choses que vous me mandez, et des desseins que l'on pourroit faire en ces quartiers-là. De quoi me remettant sur votre soin et affection accoutumée, je prie Dieu, etc. Ecrit à Paris, le il" septembre. Signé : Louis.

P. S. Mon Cousin, depuis ma lettre écrite , j'ai reçu par Dindau la dépêche que vous m'avez faite du dix -huitième de ce mois, et vu le lieu et le mauvais état où sont à présent les troupes de mon frère, le Duc d'Orléans; j'ai bien considéré aussi que pour les attaquer, il faut passer trois ou quatre heures de chemin sur les terres de Lorraine et du Comté, ce qui n'empêche pas que je ne continue en l'ordre que je vous ai donné de charger lesdites troupes dans les terres de surséance, si vous jugez le pouvoir faire. Par cette action, je ne donnerai aucun sujet de rupture, ni au Roi d'Espagne ni au Duc de Lorraine, comme il n'en est point arrivé entre nous quand ils reçurent la Reine, madame ma mère, et mon frère, en leurs Etats, et qu'ils donnent liberté aux troupes qu'ils amassent de passer et repasser en leursdites terres. En exécutant ce que je vous commande, je serai bien aise que vous ne fassiez point, s'il se peut, aucun logement dans ce qui appartient au Roi d'Espagne ni au Duc de Lorraine, mais que

1631. VOUS y passiez s'eulement, et viviez avec telle discipline, que tTseptembre. lesdits gciis de guerre ne commettent aucun désordre. J'écris au sieurdeFeuquière de vous aller trouver pour vous assister en cette occasion, avec le Marquis de la Force, votre fils, vous laissant la conduite de toute cette affaire, où vous n'entreprendrez rien qu'avec sûreté , de ne perdre aucune chose si vous ne pouvez défaire les ennemis , ce qui fait que vous y songerez , et assurerez votre retraite avec toutes les précautions qui se peuvent prendre et se pratiquent en telles actions.

Si vous pouvez exécuter cette entreprise , je vous enverrai un Pouvoir antidaté, en la forme que vous le pouvez désirer , encore que celui que vous avez, et les lettres que je vous ai écrites , soient suffisantes pour votredite décharge. Signé: Louis. Et plus bas : Phélvpeaux.

LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARECHAL DE LA FORCE

Il le remercie des avis qu'il lui a donni^s et le prie de continuer sa correspondance.

28 octobre. Monsicur, tant s'en faut que vos lettres me soient ennuyeuses pour leur longueur, comme vous me témoignez l'appréhender, qu'au contraire elles me sont très-agréables, puisque le plus grand plaisir que vous me puissiez faire, est de medonner part de ce qui vient à votre connoissance concernant le service du Roi. Je vous rends mille grâces des avis qu'il vous a plu me donner, et vous conjure de continuer à l'aire le môme de tout ce que vous jugerez important au bien du service de S. M. , vous assurant que je ne manque point à lui faire valoir le soin et l'affection avec laquelle vous la servez , et que je ne perdrai aucune occasion de vous faire paroître par effets où j'en aurai le moyen, qu'il n'y a personne qui vous estime et soit plus véritablement, etc. Le Cardinal DE lliCHELiEu. Dc Château-Thicrry, 00 28"^ octobre.

5 novembre

LE CARDINAL DE RICHELIEU AU MARÉCHAL DE LA FORCE

Salislaclion du Roi de la défaite du régiment du colonel Mars.

Monsieur, il m'est impossible de vous exprimer le con-

5 noyembre.

LOUIS Xin AU MARÉCHAL DE LA FORCE. 351

tentemcnt que le Roi a reçu de l'heureux succès dont vous i*** lui avez donné avis , et de la façon avec laquelle vous vous êtes porté pour le bien de son service en cette occasion. S. M. se promet que ce commencement sera suivi d'eflets aussi avantageux , et ce d'autant plus que Dieu a toujours béni jusqu'ici la justice de ses armes. Je l'en conjure de tout mon cœur, et qu'il me donne le moyen de vous faire voir qu'il n'y a personne qui vous estime et soit plus véritablement que je suis, etc. Le Cardinal de Richelieu. De Château-Thierry, ce 5^ novembre.

Même sujet. — Envoi du sieur de Villemonlée. — Argent à distribuer aux cavaliers démontés.

Mon Cousin, j'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite par e novembre. le sieur de Belsunce, par laquelle et par le récit qu'il m'a fait de vive voix, j'ai su bien particulièrement le succès que vous avez remporté sur le régiment du colonel Mars. Ce que j'ai appris avec contentement, louant la diligence et bonne conduite dont vous avez usé pour vous prévaloir de cette action, de laquelle il me demeure grande satisfaction, et de ce que vous y avez contribué en votre particulier, comme aussi de ce que mes serviteurs qui sont auprès de vous, y ont témoigné de leur courage, fidélité et affection : ce que je désire que vous leur fassiez connoître de ma part. Cependant je vous dirai que quand bien vous n'aurez pas attrapé les troupes de Trouillet pour leur faire recevoir le même traitement, leur fuite, faite sans doute avec désordre, ne peut apporter que beaucoup d'avantages à mon service. J'attendrai que vous me mandiez de vos nouvelles sur ce sujet, et la facilité que vous aurez trouvée en l'exécution des ordres que je vous ai ci-devant envoyés, afin de vous faire savoir ensuite ce qui sera de mes volontés.

Quant aux prisonniers que vous avez pris dans le combat, le sieur de Yillemontée, Maître des Requêtes ordinaire de mon Hôtel, que je vous ai envoyé, vous dira ce qui est de mes intentions, tant pour ce qui regarde la Commission qui lui a été donnée, que de la sorte que je désire que les soldats et les officiers soient traités. Et pour donner

6 décembre.

i63ï; plus d'éclaircissement en l'exécution de la Commission dudit sieur de Villemontée, je crois qu'il est à propos qu'il entende sur ce sujet le sieur de Nuise, qui est bien particulièrement informé de toutes les levées et pratiques qui ont été faites dans le Liège.

Je trouve bon au surplus que sur les deniers de l'armée vous preniez jusqu'à quinze cents livres pour les distribuer à ceux qui auront perdu leurs chevaux en cette occasion, quoique le butin qui a été fait, dût en quelque sorte tenir lieu de récompense pour ceux qui ont eu part dans l'action.

J'ai fait venir ici Lapointe pour faire la charge de Commissaire des vivres avec cinq ou six autres officiers, que je ferai partir dès demain pour servir près de vous. J'estime qu'il ne leur sera pas difficile de trouver des bleds , quoique vous mandiez que le plat pays soit ruiné , puisque vous tenez le dessus et le dessous de la rivière. Je vous ai aussi envoyé les officiers de l'artillerie que vous avez demandés : ainsi vous aurez dorénavant la plupart des choses qui vous étoient nécessaires.

Encore que je vous aie ci-devant donné ordre de prendre des pics et autres outils dont vous aurez besoin, je vous dirai néanmoins que vous pouvez vous servir de ceux qui sont dans les magasins de Châlons ou de Verdun , qui en sont bien fournis , comme aussi de toutes autres munitions de guerre.

Pour le regard du fonds que vous demandez pour les travaux , ne s'en faisant point d'autres que des retranchements de camp, auxquels les soldats ont toujours été obligés de travailler pour rien , je n'estime pas qu'il faille grand argent pour cela ; néanmoins, s'il convient faire quelque dépense pour ce regard, vous la ferez avancer avec assurance que je vous en ferai rembourser. Je n'ai rien à ajouter ici davantage, me remettant sur ledit sieur de Belsunce de vous dire de mes nouvelles , et de vous assurer que comme il me demeure une entière satisfaction de vos fidèles services, je conserve aussi la bonne volonté que j'ai toujours eue en votre endroit. Sur ce, je prie Dieu, etc. Écrit à Château-Thierry, le 6* jour de novembre. Signé : Louis. Et plus bas : Phé-

LYPEAUX,

LOtlS Xm AU MARÉCHAL DE LA FORCE. 353

LE ROI AU MAKÉCHAL DE LA FORCE

Dispersion du régiment de Trouillet. — Approbation de la lettre écrite au Gouverneur de Lu.\erabourg. — Ordres relatifs à Sedan.;

Mon Cousin, je n'ai pas eu moins de contentement de la «est. poursuite du régiment de Trouillet, et du débandement qui 'novembre. en est arrivé, que de la défaite de celui de Mars, tenant l'un rendu aussi inutile, étant dissipé comme il est, que l'autre qui a été du tout rompu. Je sais et reconnois combien en ces bons succès vous avez apporté de vigilance et de bonne conduite, dont je ne saurois assez me louer, approuvant les termes de la lettre que vous avez écrite au Lieutenant du Gouverneur de Luxembourg , et que vous publiez partout que mon intention n'est pas de rien entreprendre qui puisse altérer l'amitié et bonne intelligence que je veux entretenir avec le Roi d'Espagne, mon beau-frère, mais de cbâtier ceux qui s'approchent en armes des frontières de mon Royaume, pour faire des entreprises sur mes places. Yous continuerez de faire le même traitement à ceux qui se présenteront ; et pour ce qui regarde Sedan, vous suivrez les ordres qui vous ont été portés par le Marquis de Saint-Chamond, me faisant savoir ce que le sieur d'Argencourt, que vous deviez envoyer ■vers ma cousine la Duchesse douairière de Bouillon, en aura rapporté. Cependant je vous témoignerai encore pour fin de cette lettre la grande satisfaction que j'ai de vos services , comme aussi des officiers qui sont sous votre charge , auxquels je désire que vous fassiez connoître le bon gré que je leur sais, attendant qu'ils en reçoivent les elTets. Sur ce, je prie Dieu, etc. Écrit à Château-Thierry, le 7* jour de novembre. Signé : Louis. Et plus bas : Bouthillier.

Ordre relatif à !a protection accordée aj Duché de Bouillon.

Mon Cousin, j'ai été bien aise de voir par les lettres que iinovcmixe.

ma cousine la Duchesse douairière de Bouillon m'a écrites,

les assurances qu'elle m'a données de sa fidélité et affection

à mon service, tant pour sa personne et celle de mon cousin

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