‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 5)Chapitre 18 sur 101 · CHAPITRE Q. lU · texte numérisé non relu

CHAPITRE Q. lU

cl^fs à im consul nommé Deville pour ouvrir les *«w. portes. Quelque temps après monsieur de Castel^ naut passant à la place et y trouvant ceux qu'il avoit ordonnés de sortir, leur demanda pourquoi ils n*alloient? Ils lui répondirent que les portes n'étoient pas ouvertes. Il commanda à un bourgeois et à un des siens d* aller dire au Consul qu'il eût à les ouvrir. Mais bientôt après voilà le Consul accompagné du lieutenant particulier, duBaillif et d'une douzaine des principaux bourgeois qui disent au sieur de Castelnaut qu'avant que ces gens qu'il avoit ordonnés, n'allassent à la campagne où ils feroient mille désordres à leurs métairies, ils désiroient parler au sieur de la Force, et qu'ils s'obligeroient de faire porter leurs bleds et autres denrées, et mener leur bétail sans qu'on y envoyât.

Monsieur de Castelnaut se voulant du tout rapporter à l'autorité de monsieur de la Force, les conduit à son logis, où ib se trouvèrent bien une vingtaine. Là ils représentèrent la même chose à monsieur de la Force, lequel leur dit qu'il n'étoit plus temps de marchander, que le Roi étoit trop prés et qu'il falloit seulement songer à se bien défendre et à se mettre en état pour cela.

Soit durant la demande que faisoit le lieutenant particulier, soit durant la réponse de monsieur de

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mu la Force, il lui prit un si grand tremblement qu'il ne se pouvoit davantage témoigner et de son appréhension et de ce qu'ils ayoient comploté ensemble, car il ne faut pas douter que tous ceux-là durant la nuit ne se fussent assemblés et qu'ils n'eussent déjà conféré et résolu ce qu'ils firent peu après.

Le sieur de la Force leur dit encore qu'il étoit très-aisé de les contenter en cela, bien que lorsqu'on avoit pris une résolution, il étoit dangereux de la changer; qu'il leur avoit été libre de dire leur avis lorsque la chose avoit été proposée et résolue, et qu'il avoit cru que d'eux-mêmes, ils se porteroient à faire conduire leurs commodités dans la ville sans qu'on fût obligé de le faire faire par d'autres.

Monsieur de Castelnaut qui connoissoit ces genslà mieux que monsieur de la Force, voulut bien faire reconnoitre qu'il appréhendoit que ceci peut-» être ne fût plutôt quelque espèce de froideur ou changement de volonté ou de résolution à ne pas se vouloir défendre que toute autre chose; il leur dit qu'il les supplioit de considérer à quoi ils avoient engagé monsieur de la Force, lequel hasardoit entre leurs mains et son honneur et sa vie, et celle de ses enfants; que la confiance qu'il prenoit d'eux et l'affection qu'il leur avoit témoignée

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