CHAPITRE V
ie21.
BOmiAIRE.
AtUqne générale dei aislégeaiitf • — Le Comte de Bovrgfraie tué à Ville-Bourbon. — Les Royaux repoussét partout. ~ Mort des Marquis de Themines et de la Frette. — Reynlei blessé. — Trêve pour enterrer les morts. •— Castelnaut cbargé de fiiire rendre les corpa aux assiégeants. — Conyersatlon entre ceux du quartier de Hontmirat et les ennemif . — M. de PardaUlan à la tranehée* — Castdnaut découne une mine des Royaux. — Elle produit un effet contraire à leur espoir. — Dangers que courent MM. de la Force , d'Or?al et de Castelnaut. — SorUe des assiégés. *- Ils eodouent les canons et mettent le feu aux tranchées. — Défense du Monstier et de Ville-Bourbon. — Travaux exécutés à Hontmirat. — Castelnaut foit sauter un corps de garde des ennemis. «— Seconde mine des assiégeants.— Ils donnent à la brèche et sont repoussés.— Intrépidité des Montalbanoises. — Mine de Castelnaut» qui fUt sauter un porteur de Commissions el une vingtaine de Royaui. — > Seeouri envoyé par M. de Rohan.— Beaufert, qui le conduisoit, est pris avec une partie de sa troupe. — Cinq a six cents gagnent Hontauban. — On offire i Castelnaut le commandement du Moustier. — Insubordination d'un bourgeois. -^ Attaque du Prince de Joinville au Moustier. — Mort de Daniel Chamier, minbtre protesUnt. — > Dangers de la ville de ce eôté.
Après rexécution du capitaine Sauvage, il se prit une résolution dans Tarmée du Roi de faire une attaque dans tous les quartiers, croyant que la brèche que le canon y avoit faite en certains lieux.
3S8 MilfOIlUSS DU MAAQtlS M GASTBL!! AOT.
étoit suffisante pour les pouvoir emporter par-là, et que faisant les attaques en divers endroits, ceux de Montauban auroient moins de moyens de se pouvoir entrc-assister les U!is les autres, et surtout à Ville-Bourbon.
Et comme on voit aller et venir les troupes de tous côtés, et entrer dans les tranchées en plus grand nombre qu'à Tordinaire, on juge qu'il y a quelque bouveauté et que ce n^est pas sans dessein. Ainsi on se prépare partout pour s'y opposer. L'attaque de Ville-Bourbon fut fort rude : ils entrent en force dans Ut demi-lune qui étoit devant la porte, laqudle le canon avoit fort endommagée , et de là dans le fossé croyant devoir tout emporter* Mais comme ils faîsoient leurs préparatifs pour donner, la curiosité du Ciomte de Bourgfranc l'oblige à vouloir regarder par le dessus du terrain, il fut frappé à la tke d'une petite balle comme de pistolet, et tomba entre les bras du Baron de Villemade et de Sigagnac, de Castelsagrat, qui étoient avec lui , et ne parla jamais. Nous donnons cette particularité pour faire perdre l'opinion que plusieurs ^ ont eue que c'étoit
1 Boire MtrM le Bret , qui i'el|Alttie ainsi dam %bn Histoire de Montauban, p. 238 : « On dit que Harsolan le fît tuer par derrière pendant la plus grande chaleur de Taction , soit de son mouTement et i caase de la querelle qu'ils arolent eue enietable sur le sujet du
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même de ceux de dedans qui l'avoient taé. On oéla ^^^ tout autant qu'on put sa mort, de peur que cela ne donnât de l'épouvante parmi les assiégés ^ et principalement à cause de la grande attaque.
Au Moustier il y eut aussi une assez rude attaque sur une espèce de dehors ou demi-lune qui fut assaillie et prise, puis rechassés et reprise. Mon*sieur de Reyniez qui commandoit à ce quartier, fut bles$é d'une mousquetade à une jambe, et plusieurs de tués et blessés de part et d'autre.
Les seules cornes de Montmirat ou de Gastelnaut, car elles furent ainsi appelées, ne furent pas du tout attaquées. Pour YillerBourbon , il y fut tué dans le fossé où ils étoient entrés, force gens de condition^ entre autres le Marquis de Thémines , Sagnes , Palleiiet, le Marquis de ^ la Frette blessé et porté dans Ville-Bourbon qui mourut deux ou trois jours après , et ce pour s'être avancé sans re^ connoitre le péril où ils s'engageoient. Ceux qui en échappèrent furent contraints de se retirer en grande hâte et en grand désordre; cette attaque dura jusqu'à la nuit.
poDt qpe Bourgfiraiic «voit M d'ans de eoaper, loit par ordre de ceui de la TÎlle qui l'étoient toujours défiés de lui depuis raffaire de Sauvage. »
^ Claude du Gmel, Marquif de la Frette, Geurenew de Chartiei.
3M IIÉM<»KBS DU MARQinS ME GASTELETACT.
ifsi. Lie lendemain les assiégeants demandent trère et permis^on de pouvoir retirer leurs morts , ce qui leur fut facilement accordé parce que cela donnoit moyen aux assiégés de faire quelque petit travail quî leur étoit nécessaire, et de réparer quelque brèche, que d'aiUeurs aussi cela leur ôtoit Tinfection que ces morts pouvoient causer étant dans leurs fossés , mais aux conditions que durant la trêve, ceux de l'armée du Roi ne feroient nulle sorte de travail; et tout au contraire ceux de Montauban se servoient de cette occasion,*le pouvant faire sans qu'ils fussent aperçus; avec cela on ne voulut pas permettre aux assiégeants de s'aj^irocher et de venir chercher leurs morts, mais on les leur apportoit l'un après l'autre. Monsieur de Castelnaut ayant été prié de vouloir aller à Ville-Bourbon pour les faire rendre et mettre l'ordre à tout ce qu'il jugeroit nécessaire , ce fut la première fois qu'il sortit de son quartier. Pour cet efibt, il fit prendre une hallebarde à un très-honnète homme et capable, nommé la Rivière que ceux de Montauban avoient fait venir pour les assister, afin qu'allant et venant , il pût remarquer Tétat des tranchées et les autres desseins qu'on pourroit avoir, lequel n'ayant pas d'autre emploi , servoit très-utilement dans tous les quartiers, donnant ses