CHAPITRE TL
enfin la plus grande Vobc l'emporta y ne pouvant ^^* consentir à ces deux choses , l'une de demander pardon, et l'autre de recevoir dans leur ville celui * que le Roi y voudroit faire entrer. Les raisons de ceux qui s^opposèrent à ce traité furent que ceux qui pour conserver leur liberté et le maintien de la Religion, avoient perdu père et mère, mari et femme, enfants, frères et sœurs, que ce leur seroit un grand crève-cœur et déplaisir, si encore après cela, on les obligeoit à demander pardon, vu qu'ils n'avoient rien fait que ce à quoi on les avoit contraints. Et puis encore de se soumettre à ceux qui ne demandoient que leur ruine; que tant d'exemples fai^oient voir qu'ils ne se dévoient point fier aux promesses qu'on leur faisoit ; qu'après qu'ils auroient obéi une fois, le Roi pourroit demander d'entrer dans leur ville, que c'étoit une chose qu'eux en cet état, ne pourroient plus refuser ni s'en excuser; que de plus le Roi ou son Conseil se réservent toujours l'explication de leurs promesses, et qu'ainsi, ils ne peuvent agréer ni prendre nulle fiuretë en toutes ces propositions*
Et comme ceux de Montauban se voient déjà à demi délivrés dvi siège, et que c'est un peuple fier et violent, il n'y eut jamais moyen de les persuader et les porter à la raison, en leur représentant qu'a-
7ik IfËIIOIRES BU KARQnS^Dk €ASTELNAUT.
TOC l'avantage particulier qui leur en reviendroit, que cela procureroit aussi le repos à tous ceux de la Religion en France^ Uen qu'ils agréassent fort d'ailleurs toutes les autres propositions et conditions du traité , mais ils demeuroient d[)Stinë8 à regard de celles que l'on désiroit particulièrement d'eux.
Nous dirons encore que pendant que les d^mtës étoient à Castres et avant leur retour , les assiégeants se voyant reculés de leurs espérances et que la saison de Thiver s'approchait y comme aussi à cause de l'incommodité que plusieurs recevoient en ce siège, ils commençoient à s'y f(»t ennuyer, il paroil visiblement qu'ils minutent leur retraite; on voit que le canon et bagage se mettent en marche : cela n'empéchoit pas que les tranchées et les forts qu'ils tenoientencoreauMoustier, ne demeurassent toujours garnis^ mais cela donna aussi envie à ceux de Montauban de tâcher à entreprendre toujours quelque chose sur eux; cependant comme cela ne se faisoit que du mouvement des particuliers, ayant été résolu qu'il ne s'y feroit plus de sortie, (quoique plusieurs le désirassent, surtout au quartier de Montmirftt, lesquels on ne pouvoit retenir et qui vouloient faire quelque chose comme les autres), il n'en résuUoit pas grand effet* Néanmoins
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en&i tout le quartier du Mousder plia bagage. Uâ «^ abandonnèrent entièrement leurs tranchées^ euxmémed y mettant le feu ; et c^ qui eât encore un. peu étrange, c'est qu'ayant eu assez de loisir pour les en retirer^ ils y laissèrent plusieurs blessée et malades qui n'en furent pas pour cela épargnes par ceux de Montauban, et il s'en voyoit d'iceux de si désespérés et enragés qu'ils se tratnoient pour se mettre dans le feu.
Tout cela s'étoit passé avant le retour deA députés de Castres; mais ceux qui conduisoient les. aflhires, ne se rebutent pas du refus que faisoient ceux de Montauban de ne se TOuloir pas soumettre au traité ,qui atoit été arrêté arec monsieur 6ë Aohan; ils demandent encore une conférence où monsieur le Marécbal de Chaulnes devoît se trouver, ce qui fut -acoH^dd encore, mais sans que cela produisit aucun efiet. Monsieur de Cbaulnes tëur voulant persuader que bien qu'on eut abandonné le quartier du Moustiér, que ce n'étoît pas l'întenlion du Roî d^ lever le siège, qu'au, contraire il . jétoit plus résolu que jamais de s'y opinîâtrer, leur représentant le grand pouvoir du Koi, l'impOssibî-* lité qu'il y auroit de lui résister, avec mille menaces, pensant tes intimider; voulant même persuader aux députés que ce n'étoît pas lui qui ayoît
296 MÉMOIUS DU MAftQCIS OB CASIEWAUT.
««M. demaadé de lesToir, qu'au contraire, il étoit vma croyant qu'ils avoient dessein de se soumettre aux volontés du Roi, et qu'ils lui feroient pour cela des propositions qui pourroient être agréables à sa Majesté.
Mais tout au contraire les députés se parent de n'être venus là que parce qu'on les avoit requis de sa part, et pensant qu'on leur voulût faire des propositions pour les rapporter ensuite à leur communauté, s'excusant et se défendant de ce qu'il les avoit voulu blâmer, protestant qu'ils n'ont jamais eu d'autre désir que de témoigner leur ûdélité par leur obéissance, et que sans les mauvais traitements qu'es autres lieux, ceux de la Religion avoient reçus, ils ne se fussent pas mis en état de s'empêcher d'être traités de même, qu'ainsi n'ayant plus rien à faire là, ils se retiroient.
Et comme l'entretien ne cessa jamais aux cornes de Montmirat, il arrive que le sieur de Marsillac, l'un des entremetteurs et de ceux qui avoient accoutumé de parler, s'adressant à monsieur de Ca»teinaut sur le terrain et en présence l'un de l'autre, après plusieurs discours, lui demanda pourquoi est-ce qu'on n'avoit pas poussé ceux du Moustier quand ils se retiroient, et qu'on les avoit ainsi si librement laissés s'en aller?