CHAPITRE Vn. SIS
Garonne^ ne trouvant nulle résistance et tout lui i^* rendant obéissance, excepté la petite ville de Monhurt) place de sûreté, dont feu monsieur de Pardaillan étoit Gouverneur, et de laquelle néanmoins durant sa vie le Marquis de Mirembeau \ son fils, assisté de quelques-uns de ses amis, s'étoit saisi et rendu maître, ayant même dessein que ceux du c6té de Dordogne, nonobstant les intentions de son père, et désireux de trouver sa conservation et celles des Églises de la Religion par la voie des armes. Ce qui fait bien voir comme les plus proches de monsieur de Pardaillan blàmoient son mauvais procédé^ tellement que le Roi passant par là, son fils nç voulut pas se soumettre et rendre obéissance, ce qui obligea sa Majesté à assiéger Monhurt, ne croyant pas que cette petite ville pût tenir, ni résister longuement.
Celui donc qui avoit été député vers messieurs les Marquis de la Force et de Montpouillan, étant arrivé à la Rochelle, leur donne connoissance du sujet qui Tavoit amené, et les conjure au nom de tous ceux de la Religion de la Basse-Guyenne de
< Annaod d'Etcodéea^ fib atné de M. de BoUse-Pardaillan ; il s'était réToIté après la mort de son père. Bassonwierre prétend qu'il trait quelque pratique ayec lui, et qu'il s'en tint à 4,000 écus pour remettre Moohurt au Roi.
Slt IIÉIIOIEES DU IfARQUfô DE GàSTELNlUT.
les Touloîr assister et commander^ et quaùd et quand leur porta aussi des lettres de madame la Marquise de la Force pour les y convier, n*y ayant point de doute que c'étoit elle qui les animoic, et par Tavis et conseil de laquelle on se gouvemoît, car elle avoît été la cause principale de tout ce qui se passoit.
Ces messieurs les Marquis ayant donc agréé la prière et sollicitation qui leur étoit faite, en parlent à messieurs de l'Assemblée de la Rochelle, comme aussi à messieurs du Corps de Ville qui tous approuvent bien fort leur dessein, très-aises d'apprendre que la plupart commencent à se réveiller de la stupidité dans laquelle ils avaient été. Les Marquis de la Force et de Montpouillan partent donc et se conduisent à Sainte-Foi où les attendoit la Marquise de la Force.
Mais il est important de dire que durant le temps qu'on étoit allé les chercher, quelques flatteurs avoient abordé monsieur de Théobon et lui avoient mis dans la fantaisie que tenant la principale et presque la seule place qui étoit Sainte-Foi, et se trouvant lors seule personne de condition d'entre ceux qui avoient pris les armes, qu'il auroit bien pu se mainteni/^daos l'autorité ei gafder le eom^ mandement; si bien que lui quij naturellement
GRAmUB VIL ' S15
a un peu de prétention et d'ambition^ d'ailleurs tout à fait homme de cœur, commença à goûter ces flatteries et eut bien touIu n'avoir pas envoyé chercher les Marquis, lesquels étant venus^ il fit quelque difficulté de leur céder et de les recon- Qottre; cela pensa causer de la mésintelligence entre eux, mais ces messieurs qui étoient prudents et n'avoient que de bonnes intentions^ pour ne porter les affiûres dans la division et ne pas empêcher les progrés qu'ils s'en promettoient^ proposent des expédients ; ^'est qu'il fût arrête que monsieur de Thëpbon Qommanderoit dans Sainte-Foi, et que lui el le Marquis de la Force céderoient le comman^ dément des petites troupes qu'ils avoient^ à monsieur de Montpouillan, le tout en attendant monsieur de la Force vers lequel ils envoyoîent à Montauban pour le supplier de venir en Guyenne, a&oi d'y ordonner et commander ce qu'il y avoit à faire, tout le mcmde généralement promettant de le reoonnoitre, comme ils y étoient obligés. Voilà donc qu'ils députent vers lui, et soudain qu'il en eat appris la nouvelle, et ce qui se passoit en Guyenne, il se dispose d'y aller.
En attendant cela^ les petites troypes que ces messieurs avoient assemblées, se mettent à la campagne, sous le commandement et eûnduita de
tm. monsieur de Moutpouillan qui s en acquitta trèsdignement ; se promenant dans la province, il fit plusieurs petites expéditions qui réussirent assez avantageusement pour le «parti de ceux de la Re« ligion.
iT BOfeniire. Cependant le siège de Monhurt se commence, ceux de dedans se défendent merveilleusement, y ayant un très-brave homme ^ sous la conduite duquel tout s'y gouverne, monsieur le Marquis de Mirembeau étant encore jeune et n'ayant jamais vu de guerre; et c'est sans difficulté et selon 1 opinion générale que si ce brave homme ne se tût pas exposé jusqu'à se faire tuer, qu'il eût conservé la place; et qu'on auroit été obligé à lever le si^.
Mais durant icelui, il y a deux choses à dire, l'une que le Connétable de Luynes^ y tomba mais déoembre. lade dont il mourut; l'autre que le Marquis de la MnoTcnbre. Forcc fit unc entreprise sur Gontaut où la compagnie des gendarmes de monsieur le Connétable ëtoit logée, distante d'environ deux lieues de Monhurt : monsieur le Marquis de la Force n'ayant pas de retraite plus proche qu'à six ou sept grandes lieues de
^ Labrone, qui fut emporté le 10 décembre d'un boulet de canon.
3 II mourut d'une fièvre pourprée à Longuelile, près Monburt: c U ne fût guère plaint du Roi, dit Bassompierre, et les affairet cbangèrent de ùee aoMi bien que U Cour. »