‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri III ... et autres peronages marquants depuis la Saint-Barthélemy jusqu'à la Fronde; pour faire suite à toutes les collections de mémoires sur l'histoire de France; (volume 5)Chapitre 43 sur 101 · CHAPITRE YH · texte numérisé non relu

CHAPITRE YH

là, où s'étan t acheminé , et le pétard leur ayant man* <cu. que, ils rompent les portes, montent pardessus les murailles qui éloient ruinées en quelques endroits, n donnent et tuent beaucoup de monde, prennent presque tous les chevaux ,^ et sans ce qu'il y a de petits châteaux oumaisonsferméesayecl>asseKx>uroù ceux qui le purent, se sauvèrent, c'est sans doute qu'ils eussent entièrement défait cette compagnie, qui du reste fut mise en trés-piteux état. Le Marquis de la Force y reçut un coup de mousquet qui lui fut trés-favorable, lui donnant par le devant au bas de sa cuirasse en l'endroit de la ceinture, et la balle n'eut pas la force de percer son bufQe, quoiqu'elle se fit bien sentir.

Après cela ils se retirèrent, le séjour qu'ils eussent pu faire là étant trop dangereux, se trouvant si proche de l'armée du Roi, n'ayant pas. aussi le dessein de brûler cet endroit, à cause qu'une partie des habitants et des principaux sont de la Religion.

Ce brave soldat qui avoit fait merveille à la défense de Monhurt, étant donc mort, et n'y ayant plus personne dans la place capable de gouverner, on parle de capituler^, à quoi ib étoientfort solli-

^ « Mirtmbeau, qui aToit eité blesfé aa commencement da siège, parai le premier atec un manteau noir tar le rempart et un lauriet

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citës^ et sang doute s'iU eussent refùsé| que le l^idemain on alloit lever le siège.

Lia mort de monsieur de Luynes ne fit pas grand bruit, lui quiau{>arayant paroissoit être si puisant, et avec cela Une fut regretté ni du Roi^ ni-de personne que des siens i qui ensuite ne furent guères considérés et qui même alors neurent pas de quoi pour le faire embaumer^ si bien qu'on dit que pour emporter^ son corps, on fut obliger de le saler. Après celai le Roi continua son chemin sans rien entreprendre aulre chose et ne s'arrêta pas qu'il lie fût à Paris. Il laissa monsieur le Duc d^ElbcBuf et le Maréchal de Thèmines ayec des troupes dans la province; aucune personne de condition ne se mit en devoir de faire des g^is ou de se joindre à ceux qui avoient pris les armes et qui rouloient cependant tous es environs de Sainte- Foi et de la rivière de Tlsle.

Monsieur de la Force part donc de Montauban

bltnc à 11 maUi, et après lai le Vicomte de CtsteU, vestu d'an manteau rouge ; ils Grent signe qu'ils Touloient parlementer. — Ils offrent de se rendre ; le Roi aceorde la vie aai Gentib-iiommes, et permet aux soldau de sortir un buton blanc à U main. *- La Tillé fut rendue et brûlée lelt décembre. » (ilferctirtf François, tom. VU, pag. 928.) 1 U Ait porté en ïourraine, à Maillé, terre qu'U aroit Mi érigw en Duché Pairie, en changeant son nom en celui de Lujnes. — « Pendanl qu'il estoit malade, à peine y kvoit-il un de ses gens qui Toulust demeortr dans sa chambre ; et tandis qa'on le portoit pour

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avec messieurs ses enfants et partie de cenx de la ««^i- Basse-Guyenne qui y avoient été durant le siège, monsieur le Comte d'Orval le youlut aussi accom- . pagner, à dessein de voir son père qui ëtoit à Cadenac.

Ce ne fut pas sans recevoir mille bénédictions généralement de toute la ville et mille bonnes prières pour sa conservation, avec tant de louanges et de remerciments qu'il ne s'en pquvoit faire davantage , mais toutes ces louanges et acclamations ne laissoient pas d'être accompagnées de pleurs et de regrets de ce que monsieur de la Force s'en alloit» et de voir quand et quand qu'ils seroient privés de ses sages avis et assbtances, priant Dieu de le vouloir conduire, ce que fit monsieur Bé-* raudy Pasteur, toute la troupe étant à cheval.

Ce même jour le capitaine Marmonier devoit exécuter une eptreprise sur Negrepelisse qui. hâta le départ de monsieur de la Force, lequel n'étoit pas encore bien remis de certaine indisposition qui lui avoit fait garder le lit, mais pour le désir de £Eivoriser ladite entreprise, il monta à cheval, jugeant bien que lui étant à la campagne, cela empè<»

efttre enterré, au liea de preitres qui priassent pour laji je vif de sef jaletft jouer* an pi<pie4 fur aon ecroueil* » ( FoiilffMi|f-Jf«rfN(/» tom. l, pag* 637.) .

S30 MÉMOIKES DU M AKQUIS DE GA8TELMACT.

1021. cheroit les garnisons voisines de Réalville, Gaussade et autres d'oser se meltre en devoir d'assister celle de Negrepelisse ; Texéculion en étant assez difficile pour y avoir ville et château qu'il falloit forcer l'un après l'autre, ce que Dieu permit qui arriva ' le même jour nonobstant la résistance qui y fut faite.

Après cela, monsieur delà Force s'achemina vers Saint-Antonin où le Comte d'Orval et le sieur d'Eymet Tatlendoient, lequel sieur d'Eymet y fut reçu pour Gouverneur % et accompagnés de vingt ou vingt- cinq, chevaux du lieu, ils allèrent coucher à Gajarc lequel on rassura pour le parti, et delàà Figeac qui avec Gadenac dépendoit de monsieur de Sully. Ledit sieur avoit tenu le parti du Roi, sans néanmoins faire la guerre, mais ceux qui commandoient dans la citadelle de Figeac se voyant appuyés, y reçurent le Gomte d'Orval, et de là on fut à Gadenac trouver monsieur de Sully. G'étoit une place forte et comme imprenable à cause de son as-

* € Lei habiunu de NégrepeUsie» qui aToient esté ramenés à Tobéisunee par le Dac de Mayenne, ayàns donné entrée aux ennemys du Roy, quatre cents hommes du Régiment du Raron de TaiUac qui y estoient en garnison furent égorgés. » {Mm-cwre FrançoU, tom. VIII, pag. 444.)

3 Qalaguier, qui en était Gonyemeur, ayait été fait prisonnier pea auparayant par les Royaux, lors de TatUque de Caussade.

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