CHAPITRE Vn
s'en étant retournés dès le lendemain même de son *«• arrivée.
Pendant encore tout cela et avant que monsieur de la Force ne bougeât deCastelnaut^ un brave homme de la Maison d'Espalungue venant de Monflanquin de. la part de monsieur d'Àuripech et d'autres , fut pour solliciter monsieur de Gastelnaut de se vouloir saisir de Monflanquin où il n'y avoit personne, sur cette assurance que dés qu'il y seroit/ ils Tassisteroient de quatre cents hommes de pied. Monsieur de Gastelnaut ne voulut rien entreprendre de soi , et en donna avis par lui-même à monsieur de la Force à Gastelnaut qui approuve fort ce dessein, mais le malheur porta que comme ledit sieur d'Espalungue s'en retoumoit, que passant en un lieu où il y avoit logé une compagnie de gens de pied qui se faisoit pour monsieur de Bourzolles, la sentinelle lui cria de s'arrêter, ce que n'ayant pas fait, et lui n'étant que troisième, elle lui lâcha un coup de mousquet qui le tua, ce qui fut, je vous assure, une grande perte.
Ceux qui étoient avec lui, de retour à Cugnac, »««i rapportent à monsieur de Gastelnaut le sentiment de monsieur de la Force, mais comme il étoit seul, il ne se voyoit pas en état de rien entreprendre. Sur ces entrefaiCed voici que le Baron de Berbières,
812 MillOnSS DU IIAIQCIS I» GASTELNAUT.
frère de monsieur de BoarzoUes, qui avoit formé une compagnie d'infanterie d'environ soixante et dix hommes, reçoit l'ordre de monsieur de la Force de venir trouver monsieur de Castelnaut à Cugnac, ce qu'il fit, et se rendit sur le chemin de Monflanquin le jour même que monsieur de la Force étoit parti de Cugnac ; ce que monsieur de Castelnaut ayant appris , il se disposa d'aller à Monflanquîn , après avoir rassemblé une vingtaine d'hommes à cheval des environs de chez lui et d'I&igeac, mais très-mal montés et n'ayant que quelques carabines. Comme il eut abordé le Baron de Berbiëres, il trouva que sa compagnie n'avoit ni poudre, ni balles, ni mèches. Soudain il envoie un homme à cheval chez lui lequel en apporta ce qu'il put, et monsieur de Castelnaut le distribua, ne laissant néanmoins qu'une mèche allumée en chaque rang afin qu'elles ne vinssent pas à leur manquer. Il falloit passer le Drot auprès de Villeréal et auprès d'une église bien terrassée, bien fossoyée et qui étoit gardée. Néanmoins le bruit de la venue de monsieur de la Force avoit tellement mis l'épouvante partout, tout le monde croyant qu'il venoit après, et en ce cas bien aises qu'on ne leur demandât rien, qu'ils promirent de laisser passer tout joi* . gnant leurs fossés; un peu au delà, ils passent le Drot