LIVRE I, CHAPITRE VI
qui étoit l'adversaire du sieur Dufour, alla sur le im. chemin du courrier qui portoit les ordres du Pioi , lui prit les paquets et ne les rendit point; de quoi monsieur de la Force ayant été averti, le fit mettre en prison, et en écrivit à sa Majesté, qui lui répondit qu'elle approuvoit le rétablissement du sieur Dufour et quelle ordonnoit à la Chambre des Comptes de lui aller faire satisfaction ; qu'à l'égard du sieur Roques, il voulut que messieurs du Conseil lui fissent son procès, ce qui fut exécuté, et il fut par leur arrêt cassé de sa charge et banni pour neuf ans.
Le Roi ayant été averti dans ce temps-là qu'il y avoit quelques menées en Quercy, Rouergue et Périgord, ordonna au sieur de la Force de s'y transporter, de s'entendre avec le Maréchal d'Ornano et de s'aboucher avec le sieur de Themines, qui, après avoir eu de grandes conférences avec sa Majesté, en étoit parti pour le même sujet. Il se rend aussitôt en Périgord, où son arrivée étant bientôt divulguée, le sieur de Sireuil, gentilhomme qualifié, lequel avait toujours été serviteur de sa Majesté , vient le trouver de la part de monsieur de la Chapelle ' et de ceux qui étoient mêlés dans ces
1 Charles de Charbonnières, sieur de la Chapellc-Biron; lui et tous les autres gentilshommes prolestants qui se mêlèrent de ces
1605. troubles, pour lui faire entendre que reconnoissant le malheur dans lequel lui et plusieurs de ses amis étoient tombés, ils désirent recourir tous à la grâce et à la miséricorde du Roi, se voulant mettre à toutes les soumissions qu'il plaira à sa Majesté, avec protestation de ne lui rien celer de tout ce qui sera venu à leur connoissance au préjudice de son service, et dorénavant de se contenir si fidèlement au devoir, qu'ils ne veulent jamais être reçus en grâce s'ils sont plus trouvés en faute; qu'ils sont bon nombre de gentilshommes dans ce cas, et si on les réduit au désespoir, tous décidés de mourir l'épée à la main.
Le sieur de la Force répondit qu'il approuvoit fort leur résolution d'implorer la clémence du Roi, que c'étoit le meilleur chemin qu'ils pouvoient prendre pour obtenir leur pardon, et qu'il s'vemploieroit volontiers, mais qu'il ne désiroit pas s'y engager qu'il ne vît bien clair à ce qui étoit de leurs intentions, et quelles sûretés ils lui vouloient donner de leurs offres, afin qu'il ne reçut pas de blâme de saMajeslé, car il eroyoitquc ses commandements ne pouvoient tarder à venir pour leur courir sus.
mouvements, tels que les sieurs de Rignac, de BassigDac, de Lugaignac, de Givcrsac, etc., le faisaient au nom et dans les intérêts de M. de Bouillon; c'était la queue de la conspiration de Biron.