‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 106 sur 168 · LIVRE I, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VI

eut fait mourir1 les plus coupables, cela remit les teos. autres dans le devoir, et il suivit le Pioi, qui s'en retournoit à Paris.

Étant à la Cour à servir son quartier, il reçut des nouvelles du capitaine Moreau, lequel avoit proposé à sa Majesté une entreprise sur Pampelune', au moyen de quelque intelligence qu'il avoit dans la place; ledit capitaine y avoit été renvoyé pour juger jusqu'à quel point cette affaire étoit faisable; ces intelligences avoient été nouées jadis à Bordeaux, du vivant de feu monsieur le Maréchal de Matignon, entre un sergent gascon et quelques soldats qui étoient venus de Lisbonne. Mais ils avoient ci u cette pratique rompue , vu la longueur du

1 « Il y en eut cinq qui furent décapitez en personne, sçavoir le Baron de Calveyrac, Quercinois, et le capitaine Mathelin, son frère bâtard, les sieurs de Chasscin et de Penygoudon, du pays du Périgord, et de Grispcl, Limosin. Quant à la Chapelle-Byron, Tayac, Lygongnac, Reygnac, Gyvcrsac et Bassignac, leur procez faict par contumace, ils furent exécutez en effigie.» ( Mercure françois, tome Ier, p. 12. ) On peut voir les détails de tous ces troubles aux correspondances : lettres du Roi à la Force, des 28 juillet, 26 août» 6, 15 et 27 septembre. — Lettre du Maréchal d'Ornano à la Force et au Roi, août. —Lettre de Sully à la Force, du 4 septembre.— Lettres de la Force à sa femme, écrites de Limoges, des 20 octobre et o novembre 1605.

2 Cette entreprise se rattachait aux négociations que Henri IV entretenait avec les Morisques d'Aragon , de Catalogne et de Valence , et dont il sera fait mention à l'année 1610. — Voir ( corres2)on- <!anees, 1 juillet 1605) une lettre du Roi relative aux propositions du capitaine Morcau.

1605. temps écoulé depuis les premières ouvertures, et avoient perdu deux des leurs; cependant ils assuroient qu'ils pourraient gagner encore un caporal et quelques soldats navarrois dont ils reconnoissoient les inclinations portées à cela; de sorte que si on leur vouloit fournir quelque peu de moyens pour les débaucher tout à fait et leur faire connoitre qu'on leur donnerait quelque chose, outre des paroles, en leur extrême pauvreté, ils se promettoientdc gagner en tout jusqu'à onze hommes, par le moyen desquels ils pourraient donner une nuit entière toute une courtine et deux bastions pour y planter les échelles si sûrement que nulles autres sentinelles n'en pussent avoir connoissance, et qu'ayant examiné le lieu propre, ils jugeoient que c'étoit un endroit qui regardoit l'occident, du côté de Vittoria; d'autant qu'en ce lieu il n'y avoit que trois sentinelles qui pussent voir et ouïr, lesquelles ledit sergent gascon devoit remplir toute une nuit de ses ailidés; et bien qu'ailleurs l'eau du fossé soit fort profonde, là étoit-ellc fort basse et ne saurait monter jusqu'aux genoux. Le capitaine ayant demandé au sergent quelle somme il prélendoit pour pratiquer ces hommes, il répondit que cela dépendoit de la volonté de ceux qui conduisoient cette affaire; que pour lui il ne demandoit que peu

Page 1