‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 108 sur 168 · LIVRE I, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VI

et sut y pourvoir de telle sorte, que de semblables 1605. excès ne se renouvelèrent plus dorénavant.

Monsieur de Bouillon s'étanl relire à Sedan, le 1606. Roi envova plusieurs fois vers lui , qui répondit, toujours qu'il étoit trés-soumis aux ordres de sa Majesté, et qu'il ne demandoit rien, sinon qu'on examinât sa conduite, pour juger s'il étoit criminel ou non. Mais le Roi persistoit néanmoins à ce qu'il lui remit en main la place de Sedan, ce que monsieur de Bouillon ne vouloit point faire. Madame la Princesse d'Orange, qui étoit alors à Paris, désiroit envoyer vers lui monsieur de la Noue, mais le Roi ne vouloit pas y consentir; elle s'adressa à monsieur de la Force , qui eut beaucoup de peine à lui obtenir cette grâce de sa Majesté.

Le sieur de Mesrnes ' de Ravignan, premier Président de Pau, mourut vers ce temps-là. Le Roi dit à monsieur de la Force qu'il étoit bien aise qu'il ne fût point encore parti, parce qu'il ne vouloit pourvoir à cette charge que par son avis ; qu'on lui avoit parlé de plusieurs du Béarn, mais qu'il

1 Pierre de Mesmes , sieur de Ravignan ; ce fut lui que Henri IV chargea d'empêcher le mariage de Madame Catherine de Bourbon, sa sœur, avec le Comte de Soissons, qui, en 1592, s'était rendu secrètement en Béarn pour l'épouser. 11 était premier Président du Conseil souverain de Pau depuis l'an 1582; il mourut en janvier 1606, et ne fut remplacé que le 29 mars 16 1 2.

1606 ne s'étoit point pressé de choisir, son intention n'étant pas d'en pourvoir quelqu'un du pays, mais d'y mettre un étranger; que c'étoit le moyen de contenir cette compagnie dans le devoir; que par là le Lieutenant du Roi seroit plus content et plus le maître, parce qu'un Béarnais soutcnoit toujours ses parents et amis, ce que ne feroit point un étranger qui n'y connoissoit personne, et qu'ainsi il souhaitoit qu'il examinât qui étoit le plus propre à cette charge.

Le sieur de la Force représenta au Roi que ce changement, contraire aux lois du pays, feroit beaucoup de peine à ses sujets, et pria seulement sa Majesté, en cas qu'elle prît quelqu'un du pays, de ne point nommer certains esprits factieux qui avoient jusqu'alors moyenne toutes lesbrouilleries, ce que le Roi lui promit, et qu'il attendroit son retour pour se déterminer à faire un choix, parce qu'il falloit qu'il partit. Le sieur de la Force prit ensuite congé de sa Majesté pour s'en aller en Béarn. De son coté, le Roi s'achemina à Sedan, d'où il lui écrivit comme quoi son voyage avoit succédé heureusement et que monsieur de Bouillon avoit fait sa paix.

20 avril. Il arriva1 que monsieur de Biron ayant fait un

1 Ce fait est raconté par l'Étoile d'une manière très-incomplète; il

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