‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 111 sur 168 · LIVRE I, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VI

l'adoucir en lui représentant leurs raisons et lui tsos faire oublier les torls qu'ils avoient eus ; il se rend ensuite à Fontainebleau, où étoit sa Majesté, et y arrive la veille du baptême de Monsieur le Dauphin et de Mesdames, ses sœurs, qui se fit avec une grande solennité, la Cour se trouvant alors plus magnifiquement et richement parée que l'on ne l'avoit vue de tout ce règne. Le soir, il y eut un festin où le Roi et la Pleine furent servis par les Princes du sang, avec les cérémonies accoutumées, et ensuite un grand bal, qui dura jusqu'à la nuit. Ces fêtes empêchèrent que les députés du Béarn ne pussent voir sa Majesté; cependant monsieur de la Force lui parla en leur faveur et l'adoucit beaucoup à leur sujet.

Il est nécessaire de dire ici que depuis l'avénement du Roi au trône de France, le Béarn et la Navarre en é.toient une partie séparée qui avoit ses officiers propres, différents de ceux de la Couronne de France. Monsieur du Plessis ' avoit la surintendance et monsieur de Calignon 2 étoit Chancelier,

1 Mornay.

2 Soffrey de Calignon, Chancelier de Navarre ; il avait travaillé avec de Tliou à l'Édit de Nantes, et mourut au mois de septembre 1606, dit l'Étoile, dans la Religion en laquelle il avait vécu, c'est-à-dire Protestant; il eût été Chancelier de France s'il eût voulu se faire Catholique. Il commença par être secrétaire de Lcsdiguières, et il a laissé un journal manuscrit sur les guerres de son premier patron,

16O6. lequel étant mort vers la fin de l'année, monsieur de Sillery, Chancelier de France, fit tous ses efforts pour porter sa Majesté à rendre à la Couronne l'ancien domaine de Navarre et à s'en faire donner les sceaux, comme il avoitceux de France. Monsieur de Rosny, de son côté, ne négligent rien pour obtenir la surintendance des finances et que l'on donnât aussi quelque autre récompense à monsieur du Plessis. Le Roi y sembloit d'abord fort porté : mais le sieur de la Force lui ayant représenté de quelle conséquence cela étoit, sa Majesté goûta ses raisons, et Ton remit à un autre temps de s'occuper de cette réunion qui se trouvoit alors sur le tapis.

Le sieur de Boneuil, premier Président de la Chambre des Comptes de Pau, mourut aussi sur ces entrefaites. Le Roi fit connoître au sieur de la Force qu'il avoit promis aux Catholiques le premier office vacant, et que son intention étoit qu'il en fit la nomination. Là-dessus monsieur de la Force représenta à sa Majesté la résignation que le défunt avoit faite en faveur du sieur Dufour, lequel étoit pour lors capable de s'en bien acquitter. Le Roi ne voulut point se décider à cet égard.

pour lequel il avait formé avec beaucoup de soin une magnifique bibliothèque.

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