LIVRE I, CHAPITRE VU
donna sa lettre, pour la lui remettre, au sieur de «m». la Force , qui mena avec lui son fds , et en arrivant il se rendit à Comporte, qui étoit la terre de monsieur de Saint-Germain. Il ne l'y trouva point, mais seulement sa femme, la demoiselle de Saveille étant avec le beau-père dans une autre terre.
Avant de se retirer, monsieur de Saint-Germain avoit fait diverses assemblées de ses amis , disant que monsieur de la Force vouloit enlever sa belleiille; mais voyant qu'il venoit seul, il s'en étoit allé avec elle. Le sieur de la Force parla à madame de Saint-Germain sur tous ces bruits que son mari avoit fait courir pour le rendre odieux: elle s'en excusa, disant qu'elle avoit cru trop légèrement ce qu'on lui avoit mandé, priant, au surplus, que Ton lui donnât du temps pour voir si l'autre mariage pourroit réussir. 11 se retira ensuite, et fut voir
en mariage l'héritière de Saveille votre belle-fille, et que sur la connoissanee que vous lui aviez donnée que aviez pareil dessein pour votre fils, il a toujours patienté jusqu'à cette heure; que s'en retournant en son Gouvernement avec dessein de vous revoir pour vous renouveler ses prières, j'ai bien voulu vous faire ce mot pour vous dire qu'au cas que vous ne puissiez disposer votre fille à ce mariage, que je serai fort aise, affectionnant comme je le fais ledit sieur delà Force et son fils, que vous le préfériez à tout autre, de quoi je vous prie fort, et de croire que vous me feriez en cela service très-agréable, comme chose que je désire; et sur ce, Monsieur de Saint-Germain, Dieu vous ait en sa garde. Ce 16 février, à Paris.
Henry.»
1608. monsieur d'Ars, autre parent, pour qui il avoit une lettre de monsieur cTÉpernon, et qui lui promit que si au mois de septembre le fils de monsieur de Saint-Germain n'étoit arrivé de Paris , où on l'avoit envoyé pour ses exercices , qu'il pourvoiroit avec les autres parents à l'établissement de la demoiselle, et que si, d'un autre côté , elle ne le vouloit point recevoir pour son mari, il ne -permettrait nullement qu'on la violentât pour ce mariage.
Au mois de septembre, le sieur de la Force s'achemine en Poitou , et écrit au Roi , qui lui en accorde la permission, le dispensant de venir exercer sa charge auprès de lui jusqu'à ce que cette affaire fût terminée. Cependant, vers le commencement d'octobre, le fils de monsieur de Saint-Germain s'achemine également en Poitou ; le Baron de la Force le suit pour tâcher d'empêcher que l'on ne forçat mademoiselle de Saveille à l'épouser. Le Roi, instruit de cette démarche, écrivit à monsieur de Parabère que, sachant que monsieur de Saint- Germain vouloit obliger la demoiselle de Saveille à se marier avec son fils contre son gré et celui de ses parents, il avoit résolu de faire transporter au château au elle étoit un Maître des Requêtes pour prendre son avis et celui de ses parents, et pour la faire mettre chez l'un d'eux, afin qu'elle donnât