‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 117 sur 168 · LIVRE I, CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VIL

plus librement son avis, et qu'ensuite il décidèrent 160a. sur le procès-verbal qui lui seroit envoyé; que de plus, ayant su que le fils de monsieur de Saint- Germain étoit à Paris, sa Majesté lui avoit donné l'ordre de n'en point sortir; que cependant il en étoit sorti, et que le Baron de la Force l'avoit suivi le lendemain; qu'ainsi il lui ordonnoit d'empècber les assemblées qui pourroient se faire de part et d'autre, aussi bien que le port des armes et toute voie de fait, et aussi de défendre à monsieur et à madame de Saint-Germain de procéder au mariage jusqu'à ce que sa Majesté connut l'intention des parents à ce sujet, et de lui faire réponse à sa lettre par le même courrier qu'elle lui envoyoit.

Monsieur de Parabère répondit que monsieur et madame de Saint-Germain exécuteroient les ordres du Roi, et qu'avant l'arrivée de leur fils, ils avoient mené la demoiselle de Saveille cbez monsieur de Vérac, afin qu'elle fut en toute sorte de liberté, et qu'elle y demeureroit jusqu'à ce qu'ils fussent informés des volontés de sa Majesté.

L'on a vu par ce que le Roi écrivoit à monsieur de Parabère que le Baron de la Force étoit parti de Paris; le lendemain de son arrivée en Poitou, il alla voir à Couhé monsieur de Vérac l , qui sortit

1 Olivier de Saint-Georges, sieur de Vérac et de Couhé, d'une

de sa maison pour aller au-devant de lui, et le pria d'avoir patience et de ne point hâter sa visite ; le Baron de la Force lui repartit qu'il étoit prêt à faire tout ce qu'il voudroit. Il vit aussi monsieur d'Ars, qui lui dit que tout étoit bien disposé en sa faveur, mais que monsieur et madame de Saint-Germain souhaitoient que le sieur de l'Aubonyère (c'étoit le nom du fils de monsieur de Saint-Germain) se présentât le premier, ce qui auroit lieu dans quatre ou cinq jours.

Sur ces assurances, ce temps passé, monsieur de la Force écrivit à tous les parents pour les prier d'obtenir de monsieur et de madame de Saint-Germain qu'il pût les aller voir et leur mener son fils. Mais voyant que toutes ces honnêtetés ne servoient de rien, il prit la liberté d'écrire au Roi qu'il étoit au désespoir de ce qu'au lieu d'être auprès de lui pour exercer sa charge, il se voyoit contraint de demeurer en Poitou pour des formalités inutiles; qu'il avoit ci-devant mandé que dans dix ou douze jours il se rendroit auprès de sa Majesté, sur l'espérance qu'il avoit alors d'un bon succès, parce qu'un des parents de la demoiselle, qui étoit chez

ancienne famille protestante du Poitou; sa fille Louise de Saint- Georges de Vérac épousa Jacques Nompar de Caumont, Marquis de Boisse, petit-fils du Maréchal, qui mourut en 1699 Duc de la Force.

Page 1