‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 121 sur 168 · LIVRE I, CHAPITRE VH · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE VH

point fait de difficulté de payer les députés des Ré- isos. formés, il vouloit aussi que Ton payât ceux des Catholiques, et qu'ainsi la demande étoit juste. On rejeta donc la requête que le Syndic avoit présentée à ce sujet, et il fut ordonné que les frais de l'Évêque de Lescar lui seroient alloués. Cependant les Jésuites voulant envoyer des leurs en Béarn , le père Cotton , confesseur du Roi , fit en sorte auprès de sa Majesté qu'il en obtint une lettre par laquelle le Roi mandoit que l'on envoyoit le père Bayle auprès de l'Evêque d'Olleron , et qu'il souhaitoit qu'on ne le troublât pas dans son ministère. Le père Cotton écrivit' aussi à ce sujet une belle lettre au sieur de la Force, qui fut peu satisfait de cette nouvelle prédication.

Cependant les États, voyant que messieurs les Évêques clierchoient à les molester, députèrent au Roi le sieur Hespérien, avec une requête par laquelle ils représentoient à sa Majesté qu'il n'étoit pas juste que les Évêques eussent entrée au Conseil et fussent juges des ministres qui ne l'étoient pas des Catholiques. Enfin le Roi, lassé de tant de difficultés de part et d'autre, déclara qu'il ne vouloit rien changer à son Édit , et défendit qu'on lui en parlât davantage sans sa permission.

Cependant,, au mois de décembre , les Évêques

ayant voulu encore en reparler à sa Majesté, le Roi leur repartit qu'ils feroient mieux à demeurer prêcher dans leurs églises que de tourmenter les peuples de leurs diocèses, et de s'en venir toujours du Béarn à la Cour lui rompre la tête. Ainsi on ne parla plus des différends de la Religion en Béarn durant le reste de la vie du Roi, et tout fut apaisé à la fin de cette année.

Les troubles des vallées d'Aspe et d'Anço , la première qui appartenoit au Béarn, et l'autre à F Aragon , commencèrent vers ce temps-là. Les habitants d'Anço, ayant eu quelques difficultés avec ceux d'Aspe au sujet de pâturages communs, entrèrent à main armée, au nombre de quatre ou cinq cents, sur le territoire du Béarn, firent prisonniers quatre hommes, et se saisirent de deux cents tèlcs de bétail qu'ils emmenèrent avec eux dans la terre d'Araeon.

i Le sieur delà Force, en ayant été averti, en donna avis au Yicc-Roi d'Aragon, pour qu'il fit rendre ce qui avoit été pris.

Avant que ces choses arrivassent en Béarn, les habitants de Bastan avoient saisi pareillement sur la montagne d'Aldude les troupeaux de ceux de Baigorry, prétendant que cette montagne étoit de leur territoire; on en fit également des plaintes

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