‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 131 sur 168 · LA REINE DE NAVARRE A M. DE LA FORCE · texte numérisé non relu

LA REINE DE NAVARRE A M. DE LA FORCE

Elle le prie de l'accompagner à la Cour, pour le mariage de son fils avec Marguerite de Valois.

Monsieur de la Force, ce mot sera pour vous dire que je me 1571délibère être dans quinze ou vingt jours au plus tard à Nérac, novem re* pour de là m' acheminer à la Cour, où je désirerois que me voulussiez faire compagnie, et pour ce que je me tiens comme toute assurée de votre bonne volonté, suivant l'assurance que vous m'en avez toujours donnée, et l'expérience que j'en ai eue, je m'attends passer par si près de vous, que ce ne sera sans vous voir , et que vous ferez ce voyage avec moi , qui sera en ce faisant d'autant plus accroître la bonne affection que j'ai de vous faire plaisir partout où vous me voudrez employer, d'aussi bon cœur que je prie le Créateur, Monsieur de la Force, vous tenir en sa sainte garde. Votre bonne amie, Jehanne. A Pau, ce 6e jour de novembre.

LE ROI DE NAVARRE A M. DE LA FORCE

11 admet ses excuses, et l'engage à venir le trouver lorsqu'il sera guéri, pour l'accompagner ensuite à Paris.

Monsieur de la Force, n'ayant jamais douté de votre bonne 7 décembre, volonté à l'endroit delà Reine ma mère, et de moi, je m'étois persuadé que sans quelque grand empêchement, nous vous eussions vu en ces quartiers ; mais étant tel que vous l'avez écrit, j'avoue votre excuse légitime, et suis autant marri des inconvénients qui en sont cause, comme vous avez juste occasion de vous en douloir et plaindre; toutefois j'estime que vous savez constamment supporter cette affliction (encore qu'elle soit grande et bien à coups redoublés ) avec une vertu et patience chrétienne, considérant la main de celui qui les envoie, lequel seul sait eteonnoît ce qui nous est nécessaire, dont vous savez prendre la consolation que savez très-bien

7 décembre.

donner à ceux qui en ont besoin. Qui me fera laisser ce propos pour vous prier, Monsieur de la Force, mettre peine de recouvrer votre santé avec laquelle je vous puisse voir quand votre commodité le pourra permettre, demeurant par deçà jusques et selon les nouvelles que j'apprendrai de la Heine ma mère, lorsqu'elle sera près de leurs Majestés, vous assurant que vous serez le bien venu , et reçu d'aussi bon cœur que je prie Dieu, Monsieur de la Force, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde. Votre bien bort ami, Henry. ANérac, ce 7e jour de décembre.

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