M. DE BOUILLON A UN SIEN AMI
Détails sur les dangers de son voyage et sur l'escalade de Genève '.
1603. Monsieur , ainsi que Dieu m'avoit protégé lorsque vous
CoimentCe" me laissâtes commencer mon voyage, il me l'a continué en de janvier. m'ayant fait passer la rivière de l'Isère contre toute apparence humaine. Le matin que je partis d'Orange, j'envoyai le sieur de Laren pour aviser quelle rumeur il y avoit en Valence et Romans, et se devoit trouver à un rendez-vous que je lui avois donné. Aussitôt qu'il fut à Yalence, le passager le fut arrêter et envoya soudain à ceux de Fvomans l'ordre de faire ôter les bateaux du long de la rivière; à quoi ils commirent vingt et • cinq arquebusiers, qui allèrent le dimanche à ceux qui étoient les plus hauts, attendant d'ôter en redescendant les autres. Ce dimanche, sans qu'un gentilhomme de la Religion me voulant mener plus droit, il perdit le chemin à deux lieues de sa maison , et nous fit coucher en une grange dans la montagne, nous fussions arrivés au port du Périer à même temps que les arquebusiers. Le lundi, je passai audit port un peu avant que ces arquebusiers fussent redescendus pour en ôter les bateaux ; n'ayant trouvé ledit Laren où il nous devoit attendre, pour nous assurer s'il y avoit passage ou non, nous
1 Le Roi ayant envoyé à Castres le Févre de Caumartin, premier Président au grand Conseil, pour faire arrêter le Duc de Bouillon, impliqué dans la conspiration de B ron et compromis par les dénonciations du Comte d Auvergne, il se détermina à sortir de France, et se rendit à Genève en passant par Montpellier. L'attaque du Duc de Savoie contre Genève eut lieu la nuit qui suivit le 22 décembre 1602.