M. DE LA FORCE A M. DE SULLY
moyens qui me pussent aider à vous donner quelque con- *60« noissance de l'inclination que j'ai à vous honorer, encore que vous veuillez me persuader que vous ressentez m'ètre fort obligée ; certes ce seroit bien faire tenir lieu à la bonne volonté pour l'effet, car je ne puis encore me persuader que de cette affection, que je protesterai bien être si parfaite en tout ce qui peut regarder votre contentement, je ne céderai à personne du monde, qui vous souhaite plus d'honneur et de prospérité que moi, ni qui y veuille servir avec une plus entière dévotion; prenez-en donc toute assurance, je vous supplie, et que cela vous convie d'user plus librement en mon endroit, que vous n'avez faitjusques ici, me commandant avec cette franchise que mérite mon affection et le pouvoir qu'avez sur moi. J'ai appris par madame la Maréchale ce qui est arrivé à M. de biron sur la rencontre de ce malheureux homme; je loue Dieu de l'heureux succès qu'il en a eu, je vous supplie considérer l'importance de cet affaire, et tenir la main qu'il soit promptement dépêché vers M. le Duc de Sully, auquel il est bien nécessaire qu'on écrive de bonne heure, et à madame votre mère l, et permettez- moi que je vous die librement qu'étant question d'un affaire de telle conséquence, et qui est pour aller fort avant, qu'il vous importe que fassiez paroître qu'en avez le ressentiment que devez. Excusez ma trop grande franchise, je vous supplie, procédante du zèle et de beaucoup de désir de vous faire voir que nul autre n'est plus que moi, Madame, etc. A Pau, ce.... mai.