LIVRE I, CHAPITRE II
du Roi, tout le monde étant en rond, sans préséance, prit ainsi la parole :
« Parce que le succès de toutes nos affaires dé- » pend de la bénédiction ou de la malédiction de » Dieu, la justice ou l'injustice sont à mon avis les » points qui doivent entrer en considération, à » nous mêmement qui ne distinguons pas notre » Dieu d'avec nos adversaires, ni par querelle de » nation à nation, ni par intérêt de succession, mais » par la dispute de la vérité au mensonge et de » notre droit à leur iniquité. De ces choses nous » avons à rendre compte à Dieu, à nos voisins, à » nos compatriotes et à nous-mêmes; vu que la » guerre se fait par des hommes qui ne sont nô- » très ni dedans ni dehors le Royaume ; que, par » une juste passion à eux et à nous commune, » notre patience coupe la gorge aux raisons des » ennemis; notre impatience justifieroit leurs ar- » mes et leurs desseins; voilà pour le juste. Pour » le succès je raisonne ainsi : Si vous vous armez, » le R.oi vous craindra; s'il vous craint, il vous » haïra; s'il vous hait, il vous attaquera; s'il vous » attaque, il vous détruira; cette crainte du Roi » ne sera pas appuyée sur la multitude de vos ar-
lotte de la Marck apporta le duché de Bouillon, et qui fut père du Maréchal de Turenne.
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» armes la bénédiction de Dieu »
Ce discours emporta vingt des voix suivantes, et