‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 5 sur 168 · LXXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXXII INTRODUCTION

Force n'y avait pas épargné sa famille : trois de ses enfants, les marquis de la Force, de Tonneins et de Castelmoron s'y étaient distingués; le dernier v eut la cuisse rompue d'une mousquetade ; la maréchale et la marquise de la Force, qui avaient suivi l'armée, soignèrent les blessés. Cependant la situation des affaires était bien changée en Allemagne : la fortune favorisait l'empereur , les confédérés éprouvèrent une série de revers. La prise de Ralisbonne força les Suédois a abandonner toute la Bavière. Défaits à Nordlingue, Gustave de Horn et Bernard de Weimar ne pouvaient plus tenir tête aux impériaux, qui, sous les ordres du duc Charles de Lorraine et de Jean de Werlh, ayant envahi la Souabe et la Franconie, débordèrent en Alsace. Ils y battirent le rhingrave Otto Louis. Le duc de Wurtemberg et la république de Strasbourg implorèrent l'assistance du

roi.

Le maréchal de la Force reçoit l'ordre de se porter au delà du Rhin ; il chasse le duc de Lorraine qui se disposait à attaquer Philippsbourg, et comme les Suédois ne pouvaient plus garder cette place, il la fiât occuper par ses troupes, et construit un pont sur le fleuve pour assurer ses communications. Gallas , Gronsfeld et le duc de

INTRODUCTION. LXXXU1

Lorraine, après s'être emparés de la ville de Ueidelberg, assiégèrent le château. Le roi commanda aux maréchaux de la Force et de Brézé d'en faire lever le siège aux impériaux; l'approche seule de l'armée française remplit cet objet; mais peu de temps après les ennemis ayant repris leur attaque, les maréchaux marchèrent à eux, délivrèrent le château, emportèrent une partie des retranchements des assiégeants, se saisirent de leur artillerie, et les forçant à se retirer en désordre) reçurent la ville à composition.

Cependant une autre armée commandée par Mansfeld, Piccolomini et Colloredo, repousse le duc de Weimar, longe les bords du Mein, tandis que la Force se préparait à agir en Wurtemberg, et surprend Philippsbourg et Spire.

Malgré les rigueurs de l'hiver, la Force et Brézé se décident à faire le siège de Spire, place importante par sa situation sur le Rhin. Ils enlèvent d'assaut un fort et les faubourgs ; la ville capitule en présence des armées impériales. Le roi rappelle le maréchal de Brézé et laisse le commandement de ses troupes à la Force, qui s'empare du château de Magdebourg et met ses troupes en quartiers d'hiver.

La guerre que l'on se faisait depuis si long-

Page 1