‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 66 sur 168 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

Quand sa Majesté eut reconnu dans quel désor- 1589. dre ils se retiroient, elle commanda que deux couleuvrines que nous avions toujours tenues au coin de notre premier retranchement sur le haut , à la main droite, y fussent ramenées en diligence, et pour les braver, leur fit tirer quatre ou cinq volées pour témoigner de la victoire, et que le champ nous demeuroit. L'on les retira après ; il étoit lors plus de midi et l'attaque avoit commencé dès les cinq heures du matin; l'on demeura à cet exercice bien sept heures.

Après cette action, les ennemis étant retournés à leur quartier, toutes choses furent remises au même état, les corps de garde et les sentinelles aux mêmes lieux. Tous a voient bien besoin de part et d'autre de se reposer le reste du jour, aussi ne se passa-t-il autre chose. Nous demeurions tous en cette opinion qu'ils avoient été assez rebutés pour n'y plus revenir; néanmoins sur le soir, il vint des avis qu'ils avoient résolu de se venir loger entre Arques et Dieppe, sur la rivière, qui est fort étroite, et y faire un pont pour nous empocher la communi-

de velours semée de croix de Lorraine en broderie d'argent, ayant été tué et dépouillé, on lui trouva une cicatrice à la jambe, et un valet affirma que c'étoit le corps de M. de Mayenne, de sorte que le bruit en courut par toute l'armée, comme d'une chose véritable. » ( Mémoires du Duc d'Angoulême.)

cation de l'un à l'autre, ce qui en effet nous eût ruinés.

Sa Majesté ayant assemblé son conseil de guerre, résolut de faire charger tout le bagage dès le soir et le faire marcher toute la nuit droit à Dieppe; toute l'armée partit le matin au point du jour pour s'y rendre. Il fut laissé dans le château d'Arqués trois cents hommes.

Ce même jour, les ennemis partent de leur quartier et remontent le long de la rivière d'Arqués en haut; le bruit court qu'ils se retirent, et en effet ils marchoient avec grande diligence; la créance fut de plusieurs qu'ils s'en alloient, de sorte qu'aucuns blàmoient ce départ d'Arqués, disant qu'il eut été bien plus honorable et de réputation aux armes du Roi d'y avoir demeuré. Mais l'on changea bientôt de discours, car ceux que Ton avoit envoyés à la guerre pour les observer et faire rapport de la route qu'ils prenoient reviennent en diligence donner avis que l'armée des ennemis avoit passé la rivière au-dessus d'Arqués et s'en revenoit droit à Dieppe.

Il n' avoit été fait de ce côté-là aucun travail au dehors de la ville; soudain on met la main à l'œuvre; le Maréchal de Biron alla marquer le travail, lequel fut entrepris avec grande diligence. La ville

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