‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 71 sur 168 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

SOMMAIRE

La Force, Capitaine de gendarmes. — Le Roi lui donne 28,000 écus. — Il retourne en Guyenne refaire sa compagnie. — Il y reste pour s'opposer à ceux de la Ligue. — Il prend Chalus avec le Maréchal Matignon, Castillonnets avec le sieur d'Aubeterre. — Le Roi le fait Capitaine de ses gardes du corps; — lui donne le Gouvernement de Béarn et de Navarre.— La Force refuse d'abord ; — il accepte enfin, et lève des troupes à ses frais pour aller conquérir son Gouvernement. — Il en chasse MM. de Villars et de Montpezat, qui tenoient pour la Ligue. — Il réunit les États, se rend à Chartres au sacre du Roi, et se trouve à la reddition de Paris. — Le Roi le mande à Rouen pour assister à l'assemblée des Notables. — Prise d'Amiens par les Espagnols. — Paix de Vervins. — Accommodement du Duc de Mercœur. — Spectre que le Roi rencontre à la chasse. — Édit de Nantes et sa vérification. — Mariage de Madame avec le Duc de Bar. — Arrestation d'un homme qui vouloit attenter sur le Roi. — La Force fait vérifier l'Édit en Béarn. — Difficultés qu'il y rencontre. — Etat de ce pays.

Après la prise de plusieurs villes et châteaux où le sieur de la Force avoit suivi sa Majesté, le Roi lui donna commission d'aller refaire sa compagnie; il lui fit aussi expédier en même temps une provision de Capitaine de gendarmes \ et pour ré-

C était un grade militaire d'une grande importance à cette époque ; aussi voyons-nous les personnages les plus qualifiés mettre ce titre en

1589. compense de ses dépenses et agréables services, le gratifia de la somme de vingt-huit mille écus sur la terre de Puy-Normand, dont il eut la jouissance jusqu'au payement.

Le sieur de la Force ne fut pas plus tôt arrivé i en Guyenne, que le Roi lui commanda d'y demeurer pour s'opposer à ceux de la Ligue (car toute la Noblesse en étoit presque, hormis ceux de la Religion), avec ordre d'assister le Maréchal de Matignon, Lieutenant du Roi en la province, qui ne se mettoit point en campagne sans lui; aussi lui fournissoit-il les plus belles et les meilleures forces qu'il eût et de cavalerie et d'infanterie. Ledit Maréchal en faisoit grand état, n'entreprenoit rien sans son avis, et les exécutions les remettoit toutes à lui.

i59o. Pendant le temps que la Force demeura en

Guyenne, il se fit plusieurs belles expéditions; les sieurs2 Marquis de Yillars et de Montpezat, qui

première ligne, de préférence à renonciation de charges que l'on regarde communément comme bien plus élevées. Ainsi la Force, Général de la province de Basse-Guyenne pour L'assemblée de la Rochelle, dans les ordonnances qu'il fait en 1622 relativement à des levées d'impôts, s'intilule-t-il d'abord et avant tout, Capitaine de cent hommes d'armes.

1 11 paraît par une lettre que le Roi lui adressa au sujet du château de Castelnaut, et qui a déjà été citée dans une note à la page 35 de ce volume, que M. de la Force était arrivé en Guyenne au commencement du mois de novembre.

2 Emmanuel-Philibert Desprez, Marquis de Villars, et Henri Des-

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