‹ Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, suivis de documents curieux et de correspondances inédites de Jeanne d'Albret, Henri IIIChapitre 79 sur 168 · LIVRE I, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IV

Madame ', sœur du Roi, avec le Duc de Bar, et l'on 1598. eut avis, sur la fin de décembre, qu'il étoit déjà à Troie2 en Champagne, accompagné de beaucoup

de Noblesse.

Le Prince de Lorraine arriva à la Cour au corn- 1599. mencement de l'année, où il fut honorablement reçu par le Roi et par Madame. Dans le même temps, sa Majesté fit présenter l'Édit de Nantes au Parlement pour la vérification; mais auparavant elle manda les Présidents pour leur faire entendre sa volonté et la manière dont elle désiroit qu'il y fût procédé ; son intention étoit qu'ils n'y apportassent point de difficultés. Là -dessus on assembla les Chambres, et on y travailla trois ou quatre jours; mais le Roi ayant appris que l'on cherchoit des

> Catherine de Bourbon. Voir {correspondances, année 1593) une lettre de M. le Président de Mesmes de Ravignan, du 12 avril, contenant deux billets bien remarquables du Roi pour empêcher son mariage avec le Comte de Soissons; une lettre du Roi au Comte de Soissons, du 16 juin, et plusieurs lettres très-spirituelles de la Princesse Catherine à M. de la Force. Voir aussi, 13 septembre de la même année et 18 juin 1598, deux lettres de Henri IV à M. de la Force, dans lesquelles il lui ouvre son cœur au sujet des chagrins que lui causait sa sœur.— Charlotte Rose de la Force, petite-fille de l'auteur de ces Mémoires , a publié l'histoire des amours de Catherine et du Comte de Soissons sous le titre de Mémoires historiques de la Duchesse de Bar.

2 Voir une lettre de M. delà Force à sa femme. {Correspondances, 12 janvier 1599.)

1599. moyens pour traîner les choses en longueur, fit appeler messieurs les Présidents une seconde fois pour leur ordonner d'expédier de suite cette affaire, ce qui fit qu'ils allèrent aux opinions; le Roi dit à la Force qu'il avoit appris que le dessein du Parlement étoit de faire des remontrances, mais qu'après une nouvelle jussion, il passeroit outre. Cependant les malintentionnés faisoient courir toutes sortes de mauvais bruits f les uns disoient que le peuple étoit résolu de se soulever et d'égorger tous ceux de la Religion ; les autres, au contraire, que ceux de la Religion avoient résolu de se venger de la Saint- Barthélémy en massacrant les Catholiques; et effectivement, la Cour, à cause du mariage de Madame, étoit lors remplie de tous les principaux du parti.

Le Roi, désirant couper court à tous ces mauvais discours, fit publier une ordonnance pour déceler ceux qui les tiendroient, sous peine de châtiment aux contrevenants, ce qui les fit cesser soudain; et on peut dire avec vérité que jamais Roi ne fut plus aimé ni plus craint de ses sujets. Cependant il restoit toujours quelques esprits turbulents et fanatiques qui suggéroient à leurs illuminés des attentats contre ce Prince ; et même vers ce tempslà, le Duc de Lorraine donna avis qu'un jeune

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