LIVRE I, CHAPITRE V
étoit arrivé à minuit. Le Roi envoie chercher la isoo. Force et lui communique ce dessein ; il lui commande d'aller en toute hâte trouver le Comte de Soissons et le Maréchal de Biron pour cette expédition, et d'autant que sa Majesté avoit opinion que ledit Comte pourroit être parti de son armée pour le venir joindre, et le Duc de Biron pour retourner à Bourg en Bresse, où sa présence étoit nécessaire , elle donna pouvoir au sieur de la Force de commander l'armée en leur absence, avec lettres à tous les officiers et chefs de faire ce qu'il ordonneroit.
La Force arrive en ladite armée, et ayant disposé toutes choses, il reçoit un commandement du Roi par courrier exprès, qui lui donne avis que le Duc de Savoie avoit repassé les monts avec son armée, et lui ordonne de revenir le trouver.
La paix s'étant faite dans le même temps, le Roi ieoi.
17 janvier.
retourna à Paris, et la Force en Béarn pour y faire assembler les États1, afin de faire une députation à la Reine et lui porter le présent d'usage.
Les États ne se passèrent point sans troubles; car à peine les Evêques furent-ils dans le pays, que, malgré leur parole donnée, ils prirent résolution de
1 Voir {correspondances) une lettre du Roi du 9 mai 1601.
i6oi. chasser les ministres, et pour cet effet ils avoient suivi le Roi à Lyon, à Chambéry et à Montmeillan, où ils présentèrent des cahiers par lesquels ils demandoient la main-levée de tous les biens ecclésiastiques et rétablissement de la Religion catholique pur tout le Béarn.
Le Roi les déboula tout à fait de leurs demandes, et par une lettre de cachet adressée au sieur de la Force, il lui déclara qu'il étoit content de l'exécution faite de l'Édit, et qu'il n'y vouloit rien changer ni ajouter.
Cependant les Evêques sollicitèrent du Roi une lettre pour être reçus Conseillers d'État1 et avoir voix déliliérative dans le Conseil; ce qui leur fut accordé. Mais les États, voyant qu'ils faisoient tous les jours de nouvelles demandes, députent vers sa Majesté les sieurs lïespérien, Brasselays et Disserte2, pour la supplier par un cahier qu'ils lui présentèrent de les conserver et maintenir en tout ce qui concerna le fait de la Religion.
Le Roi leur répondit qu'il vouloit et entendoit que lesdits suppliants fussent maintenus présente-
1 Voir [correspondances) une lettre du Roi du 5 juin 1601.
2 Le sieur de Dizerote, dont il est question dans une lettre du Roi du 10 août 1605, et qui fut également député par les États vers sa Majesté à cette époque.