LIVRE I, CHAPITRE V
nient et à l'avenir en l'exercice de leur Religion, îwi. avec (ont ce qui en dépend, déclarant expressément que son intention n'avoit été d'apporter aucune altération en l'État ecclésiastique, ni aux règlements et ordonnances de la Reine sa mère, lesquels demeureront en leur force et vigueur, sans préjudice néanmoins de l'observation de son Édit pour le rétablissement de la Religion catholique «au pays de Béarn, comme aussi des déclarations faites sur les remontrances des gens tenant le Conseil ordinaire et cahiers qui lui ont été présentés par les Êvèques.
Cette réponse de sa Majesté lit que tout demeura paisible pendant les États; ensuite la Force s'en alla servir son quartier auprès du Roi ; il y demeura jusqu'au commencement de l'année mil six cent deux, puis s'en retourna en Béarn.
Les Espagnols firent en ce temps courir de mau- 16Q2. vais bruits, ainsi qu'ils faisoient du temps de la Ligue; mais ils furent bientôt réprimés par la sévère punition que l'on exerça contre ceux qui les dnépand oient.
Cependant, sur l'avis de quelque rébellion, le Roi s'avança jusqu'à ' Poitiers, et y fut reçu avec
1 Voir 1rs lettres du Roi au moment de son départ et après son arrivée à Poitiers. {Correspondances, 1602, 15 avril, là et 23 mai.)
1602. de grandes réjouissances et démonstrations de joie par tous les peuples de ces pays-là. Sa Majesté revint ensuite à Fontainebleau, où ayant mandé le Maréchal de Biron, elle le fit arrêter et conduire à la Bastille; mais comme la Force, beau-frère dudit Maréchal, s'est trouvé plus ou moins mêlé dans toute cette affaire, il est bon de reprendre les choses de plus haut et dire comment elle fut conduite, ainsi que les particularités qui s'y rattachent. La guerre de Savoie a voit causé quelque méjanvier 1601. contentement ! au Duc de Biron, qui avoit encore pris naissance d'ailleurs2, à quoi il se montroit fort sensible. Cela donnoit de la peine au Roi; car il faisoit grande estime du Maréchal de Biron pour le mérite qu'il reconnoissoit en lui et les services qu'il lui avoit rendus; il commanda au sieur delà Force,
1 Après la prise de Bourg, le Maréchal de Biron en demanda le Gouvernement; le Boi le lui refusa; ce qui piqua tellement Biron, qu'il s'emporta à quelque parole contre sa Majesté. Le Boi en fut averti, et en parla à la Force, le priant de le rendre plus raisonnable ; il écrivit à son beau-frère plusieurs fois, mais sans succès, car cet esprit altier semblait se roidir encore davantage. Voir (correspondances, janvier 1601) la lettre de la Force et la réponse de Biron; ces deux pièces, des plus curieuses qui se soient conservées dans nos archives, peignent admirablement et le caractère et la situation de leur auteur.
2 Ces griefs de Biron remontaient beaucoup plus haut; on en retrouve la trace dès 1695. Voir [correspondances) les lettres de Biron à la Force, 3 et 29 août 1595.