LIVRE l, CHAPITRE V
qui, par une subtilité de droit, condamna le Mare- 1602 chai de Biron; car dans ses réponses ledit Maréchal ayant soutenu que le Roi lui avoit pardonné tout ce qui s'étoit passé auparavant, et que depuis ce temps il n'avoit eu nul commerce avec les ennemis de l'État, alléguant aussi que le traité que le sieur de la Fin produisoit étoit antérieur au pardon de sa Majesté et qu'il avoit ordonné qu'on le brûlât , le Chancelier lui demanda s'il avoit parlé au Roi à Lyon de ce traité.
Biron répondit que non, pour ce que la Fin et lui avoient juré de n'en jamais parler. Le Chancelier, quand on en vint aux opinions, fit voir que le Roi n'avoit pas pu pardonner un crime dont il n'avoit point eu connoissance. Sans s'étendre autrement sur ce sujet, on dira seulement que sa Majesté avoit toujours autant "d'affection pour le sieur de la Force, et même vouloit-elle lui donner la charge de Maréchal de France, ce qu'il refusa comme chose malséante en pareille occurrence.