‹ Mémoires authentiques de Maximilien de RobespierreChapitre 14 sur 49 · IT · texte numérisé non relu

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« le moyen d'attaquer, toujour3 s^Yçc succès, u et vod décrets et vos principes ; quand il s'a- « girafe l'intérêt direct dé la métropole, on « nûus<lirait : Vous nous alléguez sans cesse les i< droits de l'homn:ie, iet vous y avez si peu cru

« vous-même , que vous avez décrété constitU'- « tionnellement l'esclavage.

. « L'intérêt suprême dé la nation et des coa lonies est que vous deveniez libres , et que «. vous ne renversiez pas de vos proprés mains « les bases de la liberté. Périssent les colonies, « s'il doit vous en coûter votre bonheur, votre « gloire ,. votre liberté ! Je le répète : périssent « les colonies , si les colons veulent^ par des i< menaces, nous forcer à décréter ce qui con- « vient le plus à leurs intérêts. Je déclare, au H nom de cette assemblée...... au nom des

« membres de cette assemblée qui ne veulent « pas renverser la coastitution , que nous ne « saçrijQerons pas aux députés des colonies ni ^< la natioil , ni leis colonies , ni l'humanité ente tière. )> .

L'amendement dé M. Moreau de Saint-Méry fut retiré.

• DE WOEESPIEURK. ^70

Dans la séahce du i6 mai, je demandai la

parole pour une motion d'ordre. On discutait sur l'organisation du corps législatif : je proposai à rassemblée de décréter que se3 membres né pourraient être élus h la première îé-

gislature. Celte mo^n obtint faveur, et fut votée 'à la presque unanimité.

Une secondé proposition se liait à celle-Jh ;

c'était de savoir si les membres dés assemblée*

.■• ■ législatives qui devaient nous succéder pourraient faire partie des législatures suivantes, sans interruption. L'opinion que j'émis était qu'ils ne pourraient être réélus qu'après l'intervalle d'une législature. Je prévoyais que l'assemblée, étonnée de la vigueur inâccoutumiée qu'elle avait déployée l'avant-^veille , reculerait devant une nouvelle déteràiiùation franche et énergique , et se laisserait entipaîner à quelques uns de ces tenues moyens qui participent presque toujours des inconvénients des ter-

mes opposés. En effet, Barrére ayant proposé d'adhietlre la i:éélection. pour deux législatures consécutives, avec l'intcirdiction , seulement de continuer une troisiénie fois les pou-

1 8o iMÉMOinî^ • ^

voirs des législateurs , cette opinion fui adop-

tée (i).

Là question la plus grave qu'une assemblée de législateurs et, de philosophes puisse jamais être appelée à traiter fqt soumise à nos méditations dans lesderniers joursdemai. La société a-t-eHe.le droit d'infliger la peine de. mort.?. Cette peine est-elle utile et doit-elle être prononcée ^ar le législateur 7

• J'avais long-temps réfléchi sur ces poiiîts élayés des théories sociales : je les avais envisagés en théoricien bien plus qu'en législateur homme d'état-. Aussi mon opinion fut<^lle empreinte de toute cette ferveur de jeune homme qui m'animait lorsque je combattais dans les concours académiques l'infamie de nos préjugés. Aujourd'hui qu'une plus longue expérience des choses politiques m'a' appris jusqu'à quel point est incorrigible la perversité de cerlains hommes ^, je ne m'abuse plus sur la terrible nécessité à laquelle 1^ société peut se trouver réduite de trancher l'existence de quelques uns pour assurer le

(i^VoyeEaui pièces justificatives les deux discours de RdMS{Herre syr la rédligibilité , lettre J.

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repos et ta liberté de tous. Mon opinion^ dans cette discussion , est , je ne crains pas de le dire, la seule de toutes celles qiie j'ai émisée à.la tri-* bqne nationale que^ je trouvé entachée d'erreur et d'exagération- : mais on conviendra du moins que c'est une ex^igératioh humaine et généreuse^!). ; . '

Les ewremis du peuple^ après avoir vainemcilt tenté de travestir dans leurs pamphlets la révolution française aux yeux du pays et de Tétranger, espérèrent réussir mieux en faisant déclamer contre elle uni apétré de la liberté. Le vieux Raynal, persécuté pour ses écrits sous rancien. régime^ venait do rentrer en France sous la protection de l'assemblée. Homme Faible et emphatique^ il fut aisément séduit par les hommes de sa robe , et par la gloriole qu*on lui fît voir en perspective de régenter les peuples après avoir régentéles rois; Une adresse, signée de lui , fut remiée au président et lue ài'âssemblée.ElIc «on tenait unecrHiqUe amèrc de tout ce qui avait é^é fait , et des conseils insolents dur

(i) Voyc/> ce (liscoui's aux pièces justificatives^ IcUrcK.

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ce qui restait à faire. On l'entendit avec la plus vive impatience : unre«te de respect, et la p^tié de l'a^iRseinblée pour ua beau génie qui s'éteigûait, J'empechèrent seuls de témoigner tout son mépris et toute son indignation» La lecture terminée , je m'élançai à la tribune et m'exprimai en ces termes: « J'ignore quelle impression (( a faite sur vos. esprits la lettre dont» vous ve-* (( nez/d'entendre la lecture. Quant àmoi^ Tasce semblée ne m'a jainais paru autant au-<lesisus «de ses ennemis qu'au montent où je l'ai vue (( écouter avec une tranquillité si expressive la (( Censure la plus véhémente de sa conduite et (( tle la révolution qu'elle a faile. Je ne sais, mais. (( cette lettre me parait instructive dans un sens « bien différent de celui où elle a été faite. En M effet y une réflexion m'a frappé en entendant « cette lecture. Get homme célèbre qui , à côté (i de tant d'opinions qui furent accusées jadis de « pécher par tin excès d'exagération , a cepen- « dant publié des vérités utiles à la liberté ; cet « homme qui ^ depuis le commencement de la « révolution , n'a point pris la plume pour éclai- « ror ses concitoyens ni vous, dans quel n^o-

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(t ment. rompt-il le silence? Dans le moment où «les ennemis delà révolution réunissent leurs (( efforts pour l'arrêter dans son cours. Je. suis • <( bien éloigné de vouloir diriger la sévêrîfe ,''je <( ne dis pas de l'assemblée, mais de î*opinion « publique, sui* un homme qui conserve un <( grand nom 4 Je trouve pour lui une excuse suf- « fîsante dans utie circonstance qu'il vous a rapr- (( pelée, je veux dire son grand âge. Je pardonne a même à ceux qui auraient pu , sinon contri- « buer à sa démarche , du moins à ceux qui sont « tentés d*y applaudir, parce que*je suis persua- « dé qu'elle produira dan« le public un eflftettoût « contraire à celui qu^on en attend. Elle est donc (( bien favorable au peuplé , dira-tH)n , elle est « donc bien funeste à la tyranniife , cette coçisti- «' tutipn , puisqu'on emploie des moyens exce tràordinaires pour la décrier ; puisque, pour « y. réussir, on se sert d'un homme qui jusqu^à « ce momept n'était connu dans l'Europe que (( par son alnour passioirné pour la liberté, et (( qui était jadis accusé de licence par ceux qui "^ (( le prennent aujourd'hui pour leur dpdtre et i< pour leur héros ; et que, sotis son nom, on

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(( piioduit les opinion» la$ plu$ coniraîres aux (c sienaes ^ l6« absurdités m^ma que Ton troufe u dai^ b bouché des ennemis les plus d^darés « da|||i>évolution ^ non plus sijuplemem ces re- (( pvoctlM itnbéeiles prodigués contre ce que *(( l'asseo^blée nationale a fait pour^la liberté, « mais contre la nation française tout \el)tiére , c< jçaais contre la liberté eUe-«[iéme : car n'est-ce (( pj^s attaquer la liberté que de dénoncer à Tu*- (( niveré comme les crimes des Fraûçaîa^ ce <4 trouble^ œ tiraillement , qui est une ^rise si (( )[)aturelle de la liberté «) que sans cette cHse le (( despotisme-et lasertitude seraient incurablies? « Nous ne noué livrerons point aux alarmes dont « on veut nous environner.

« C est au memént ou , par une démarche « extraordinaire , on vous annonce clairement « quelles sont les intentions manifestes^ quel est « f acharâen>ènt des ennemis de l'assemblée et (( de lj9i révolution; c'est en ce moment que je (( ne crains point de renouveler en votre nom (( le seraient de suivre toujours les principes (( saçrés^ qui ont été la ba^e de voire constitu- (( lion-j de ne jamais nous écarter de ces princi-

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« pea par Une voie oblique , et tetkkrit tndtreo (( tement au despotisme , ce qui Aôfait fié 9eul (( dfioyen de ne làîeser à nos 8ucces60lir$ et à la •« nation que troubles et anitrchie» ^'ibè veux, « point m'oocuper davantage de Ift^leHfelie ff M. Raynal ; l'aMemblëe a^eat honora eu en en* <( tendant; la lecture» Je demande qu^ott paase à (c l'ordre du jour» » '

Ôâ discours lue valut les applaudissements à peu prés unanimes de rassemblée ! le cdté droit lui-même ^ qui s'était «promis, je ne sais quels avantages de Fextravagante démarche qu'il avait suggérée à l'abbé Ray nnl, demeura dans le si* lence ^ et l'ordre du jour (ux adoptée •

De grands désordres s'étaient mimifestés^dans l'armée, de nombreuses pétitipns réclamaient

les unes son licenciement total . les autres le li**

cenciement des officiers. Ce parti me parut le. . seul cpnvenable à lUntérét public. La France , régénérée par les principes de liberté et d'égalité qu'on avait fait passer dans ses lois , ne pouvait conserver encore des fonctionnaires publics armés, créés par le .despotisme , constitués despotiquement, cl par suite' portés par habitude

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et par sentiment à défendre le despotisme et à* opprimer la liberté.

Le:pr^ier je manifestai à'ia tribune nationale cette opinion que déjà j'avais défendue de- < vast lajsociété des amis de Ist constitution (i) : on l'accueillit avec une défaveur marquée, et Cazalés se permit à moQ égard les plus grossières injures. Selon mon usage, je m'en inquiétai peu : ^amaiSi la peur de la calomnie n'a obtenu d^ moi le sacrifice d'un principe (2).

Quelques jour^. aprè^^ iih événement de la

plus hautç imjportance vint bouleverser l'assem-

blée et dévoiler le faux patriotisme de quelques uns de ses meneurs^ Dans la nuit du 20 snx 21 juin^ le roi prit la fuite.

(f) Ddns un des chapitres qui suivent se trouve le détail dès principaux tnavauide Robespierre au ehib des Jacobins. Uauteur les a clasçés à. part pour ne ps^s interrompre le récit dé ses travaux à rassemblée nationale.

(ï) Voyez. aux pièces justificatives un extrait de ce dîscoursr, lettre. L.

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