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aïO MÉMOIRES
ccLameth: Aussi longuement qu'il a parlé ; n^is M il ne s'agit que d'une pétition présentée à Pasce sen^blée nationale par les citoyens de Brest.
« Je ne me permettrai pas d'entrer dans le «fond de la question, comme M. Alexandre v< Lameth, et je vous dirai que je ne crois pas c< qu'une pétition présentée à l'assemblée natio- « nale sur un tel objet ait besoin d'apologie, « encore moins qu'elle puisse être attaquée en (1 elle-même par aucun membre de l'assemblée « nationale.
« Si , pour être entendu , il suffit de dire des « personnalités , je vous dirai , moi ^ que ceux « qui $e §ont permis de répandre des soupçons « et sur le fond de refaire et sur la députation « de Brest; je vous dirai que ces homma$-là « sont ceux qui trahissent la patrie. S'il est (1 quelques individus, s'il est quelque section de « l'assemblée qui puisse imposer silence à qujel- M que$ membres de l'assemblée, lorsqu'il est « question des intérêts qui les touchent de prés, M je vous. dirai, moi, que les traîtres à la patrie « sont ceux qui cherchent à vous faire révo- « que votre décret ; et si , pour avoir le droit de
« se faire entendre dans cette assemblée , il faut « attaquer les individus, je vous déclare, moii^ « que j'attaque personnellement M. Barnave et u MM. Lameth..«. »
Cette prise à partie soudain^ occasionna dans l'assemblée le plus grand tumulte. Au moment où le peuple m'applaudissait, nos modérés de- ' mandaient que Ton m'envoyât à l'Abbaye. Je .ne faisais cependant qu'user de mon droit et remplir un devoir. On avait trouvé fort jbien , quelques jours avant , que les mêmes hommes que j'accusais me dénônçîtssent avec perfidie , et sans arguer aucun fait. Moi, au contraire, j'offrais de prouver ce que j'avançais, et je sollicitais dans ce but une séance extraordinaire au jour le plus prochain. Après quelques explications à la fois évasives et dédaigneuses de Barnave, l'ordre du jour fut adopté. Cependant il fallut bien revenir sur cette question des colonies; car nos hommes d'état avaient juré guerre à mort an décret du i5 mai. Ils voulaient du moins user de leurs derniers jours d'influence sur une assemblée expirante, en détruisant le plus utile, le plus honorable de ses dé-
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crets. Un rapport insidieu'x de Barnaye, ouïes faits étaient altérés et les principes hardiment méconnus, fut jeté à Fimprovîste au milieu de notre délibération. Barnave , ennemi de Brissot, plus entSçré que d'aucun de se^ collègues , avait été singulièrement maltraité par ce journaliste à propois de la question des colonies, que Brissot , membre zélé de la société des Amis des noirs , avait envisagée sous le point de vue de liberté générale et d'humanité, et non pâë sous^ Icf rapport mesquin des intérêts privés. Il voulut faire payer ^es défaites aux hommes dé^^ couleur libres dont Brissot s'était porté l'avocat. Je les eusse volontiers laissé vider leur différend, s'il ne se fût agi d'une question où: il y eût eu faiblesse à se taire et crime à composer; J'avais d'ailleurs , à cette époque , quelques liaisons avec Brrssot. Il ne s'était pas montré tel que je l'ai connu depuis. Je défendis donc le décret du i5 mai, sans succès il est vrai, mais avec ce xèle que donne le çentîmënt d'une bonne cause. Le projet du comité fut admis : les colonies n'en ftirent pas moins bouleversées , et les principes les plus sacrés furent mécon •
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nus. Tant il est vrai que la justice et Tintérét bien entendu des peuples se touchent de prés ^ et que le mépris- de l'une ne profite jamais a l'autre .
Le travail de la révision jetait achevé. Sans profit pour le peuple, sans profit même pour ses ennemis, il n'avait servi qu'à prolonger les pouvoirs de législateurs entre Içs mains de gens au désespoirtle les perdre. Restait à fixer lo ihode de présentation de la constitution au roi. La discussion qui s'éleva à ce sujet me fournit une dernière occasion de signaler à la France les manœuvres de ces hommes qui , après avoir affiché une vaine popularité, étaient rentrés dans leur naturel, et cherchaient à nous arracher les garanties qu'ils avaient, dans leur propre intérêt, contribué à nous obtenir.
Les injures dont ils ne cessaient de m'honorer furent ce jour-là portées à leur comble. Non content de m'outrager de sa place , Duport vint se mettre à It iKbune à mes côtés , pour m'injurier plus à son aise, au point que je priai le président de lui ordonner de se retirer s'il ne voulait pas finir.- Vivement blessé de tant