‹ Mémoires authentiques de Maximilien de RobespierreChapitre 18 sur 49 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Séjour de Robeëpierre à Versailie». ^Necker. — ^ Sa com\ : — Duport-Duteitre. — Le club breton. — Robespierre journaliste. — L'Union ou Journal de la Liberté. — Robespierre à Paris. ^-Les Amis de lâi Constitution: -^Le club de 89. — Influence de Robespi^jre aux Jaijobins.

— Les Lamcth , Barnave et Duport. — Scission feuillantine. — Laclos. — Les six députes. — Adresse aux Français. — Les Féuillaïits. —- Ti»avaux aux Jacobins.

— Camille. —Le boucher Legendire, -rrClub dp^Cprdeliers. ^- Danton en 91 . •— Pétion.. -^ Buzot. — Ro^ bespierre accusateur public. — Sa popularité. —Chabot et le baptême. ^— L'abbé Grégolfe. -^-Toroé^l' le petit Robespierre. ' 1.

Quand j'arrivai à Versailles, je ne coandissaiè dansi Paasemblé^ que mes collègues de députa*» tien. Etranger aux bomn^eB du pouvoir, j<) nV vais avec aucun d'entre eux ni rapports établis, ni désir d'en établir. Cependapt 11 y avait alors parmi les ministres un homme dont la popiN larké était telle, que Ton pouvftîl^ sans s'exposer

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même au soupçon de corruption , frayer avec lui et fréquenter ses salons; -c'était Necker. Je le vis donc, et j'en fus accueilli avec cette politesse cérémo&ieusé d'un homme qui se croit bien au-dessus de l'hommage qu'on lui rend , mais qui calcule l'avantage qu'il doit retirer du bon accueil qu'il se soumet à faire.

Ses salons dorés étaient le rendez-vous des honlmes influents de l'époque; il s'y trouvait aussi bon nombre de dames qui cherchaient à s'immiscer dans les affaires du jour. Elles se groupaient autour de madame Necker et de sa fille , qui avait épouse l'ambassadeur de Suède , et qui jouissait d'une réputation de savoir et d'esprit au-dessus de son sexe.

Cette société aurait eu pour moi quelques charmes , malgré la morgue des gens de cour et le pédaotisme des beaux esprits. Mais je ne tardai pas à m'aperce voir qu'un député du peuple , qu'un homme dévoué par conviction et par de- • voir à la cause dé la liberté , était déplacé au milieu des politiques qui fréquentaient l'hôtel de Necker. Ces gens-là voulaient bien consentir à marcher avec nous, à condition que nous

nous arrêterions avec eux ; et ie but qu'ils se proposaient était si étroitement restreint , les améliorations qu'ils voulaient pour le peuple étaient si illusoires , que nous ne pouvions pas accepter long-temps cette alliance. Aussi , dès que la rêverie favorite de Necker, la formation d'un simulacre de gouvernement représentatif avec deux chambres , et un poUvdir exécutif presque sans bornes , eut été rejetée par la majorité de l'assemblée , je compris que ma place n'était plus au milieu de ces rêveurs de gouvernement anglais, et je le laissai avec Malouet, Mounier et autres , déplorer l'aveuglement de l'assemblée qui ne voulait pas accepter de leurs mains le meilleur des gouvernements possiblj3s. Depuis Necker, je n'ai frayé avec aucun mir nistre; j'évitai même les prévenances de Duport-Dutertre , qui , sous le prétexte d'une ancienne confraternité , m'a fait quelques visites qui paraissaient avoir pour but de m'attaeher à lui.

Vers le même temps , un autre centre de réunion s'établissait pour les députés patriotes , et préparait de bien plus importants résultats ,

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indépendamment de la YolonCéded fondsftetirsi'. Les quarante députés du tiers^tat de là Br6^ tagne , réunis à la majorité des députée du clergé de la même pityritK» , entent l'hetireùse iâémètf créer un club , à l'effet de rendre pl«s active» et plus fructueuses le» relations àe& députéf entre eux, et dMafluer d'une manière efficace sur les délibérations de Vassembiée. LecliapC'' lier, qui était alo^rstoiit feu pottr la oause* patrie* tique , avait été un des principaux fondatôuK« de cette réunion ; Gleizen en fut nommé présif dent. Bientôt une foule de députés s'y firent im* ce voir , je fïts du nombre. On ne peut nier ks services importants que ce club rendit à la^ cause nationale. C'est laque furent mûries et arrébées les déterminations vigoureuses qui conlprtmèrent la faction aristocratique , et décidèrent \à révolution. Mais , au-dessus de tous ces tîti^eô^de gloire, le club breton peut surtout s'enorgueîBSr d'un résultat qui probablement ne flatte aujouiv d'hui que très médiocrement ses fondateurs, e?e«l d'avoir donné naissance à la société des Anaisr de la Constitution;

Un des plus puissants moyens qu'employèrent

DE robbspibure. nriS

les députés pour foncier leur populaipité^ et faire trioiopber lacausequ^ils avaient embraèéée , fut leur coppératiort aux journaux. Mirabeau , Bar-j* rère, et plusieurs autres, ne dédaignèrent pas de suivre la carrière oùcombattaient CanliHe^ Louvet et Fréron^. . J'entrai aussi .dans la' lice ; il est bon d'aVôir-plusd^une tribune'potir (>arler au peuple», L$ jburnal V Union ^ créé par Mbnt^ joye (i), me fouriiifc ^occasion c(u6 je riëichér^i-

chai^: f y. professais mes pkîncipes.avec plusrde latitude que je ne pouvais le faire à l'assemblée , et sans être souniis su% fatigahtes interruptions du côté droit.

Des tlissensioiis intestines ayant arrêté qbeU que temps la publication de ce journal ^ il ne fut repris que Tannée suivante ^ et jiei continuai

à y prendre part jusqu'au mdmen}; où il cessa de

. . * paraître.

Le séjour de. l'assemblée k Paris* doimâ un

nouveau développement atùc mesures prises par

les députés dur peuple pour assurer la libre ex-

presstoj^ de leur volonté et le Kbre usagjei de

(i) Ce Montjoyè' u^est pas le même que Pauteur royà^ liste ^i a ooCfféré à i*jimi du Red. ( Rotie de l'éditeur. ) H. i5

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