CHAPITRE III
L'asâemblée à Paris. -^ Tableau des partis qu'elle renfermée—Patriotes décidés. — • Faux patriotes. — Ans* tocratesi — Semamle de passe-ports. — Principaux discours de Robespierre. — Loi maitiale. — Admission des Juifs et comédiens aux fonctions de citoyens actifsl. — Biens ecclésias^ques. -— Droits de la France sur la Corse, rr" Impôts directs de l'Artois. — - Pensions des religieux. — Loi sur les insurrections. — M. Lambert , contrôleur - général des finances. -^ Lettre 'qiie lui adresse Robespierre. '
L^assémblée , transférée à Paris le 1 9 octobre^ présenta, dés cette époque , un aspect tout différent de celui queles séances de Versailles avaient ofïert. Les distinctions jLs costumes et de places avaient été supprimées : les nobles et les ecclésiastiqiies perdirent ces marques futiles de supréma^ tie qui n'étaient plus en harmonie avec les principes d'égalité que l'assemblée avait proclamés , et voulait de plus en plus fonder dans la nation.
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Las dépot49 s^âssirent péle-môIe.; peuii p^ula parti arUtocratique se groupa à la droite du président^ où se trouvait son noyau dans Fancienne distribution des places ; le parti national occupa la gauche.
Un autre éyéùemeùt vint simplifier la position respective des partis. Quelques membres, dont j^ai déjàeu l'occasion de nommer les principaux^ avaient voulu se maintenir dans l'assemblée sans s'attacher ni aux aristocrate» ni aux hommes de la nation i, et ils avaient eu le talent de se faire haïr ou bafouer d'un côté comme de l'autre. I^e système qu'ils avaient voulu . faire prévaloir , basé sur un mélange absurde de tous^ les pouvoirs,^ leur avait fait donner le nom de mo^ narchiens : ils professaient une haute admiration pour Necker , comme^ type du ministre parfait;, et pour la constitution anglaise comme le gouvernement -par excell<ence. Maîtres dans le principe du comité de constitution, ils avaient présenté leurs théories à l'assemblée qui les avait rejetées. Outrés de cet échec, et du mépris qu'on témoignait à.leur ministre favori, ils nous boudaient et n'attendaient qu'une occasion
pt>tir jeter le désordre dans l'assemblée, et provoquer contre elle la haine publique, fis comptaient sur une ancienne popularité, que leur con-» duite comme législateurs avait déjà bien éloignée d'eux. Les événements des 5 et 6 octobre leur parurent pi^opres à réaliser leurs projets, qui tendaieiit alors à la dissolution dé l'assemblée. Tout d'un coup le président fut assiégé de nombreuses demandes de passe-ports : Mounier, Lally, et autre», ne dissimulaient plus leur intention de se démettre de leurs fonctions de député, et d'en appeler aux états provinciaux. Cette étroite iet coupable intrigue n'eut d'^autre résultat que dé démasquer ses auteurs. Mounier et Lally partirent : leurs adhérents demeurèrent ; mais, sentant qu'ils ne pouvaient plus rester ainsi flottants entre deux partis, ils se rébnirent a la droite et firent bien .
Trois nuances bien distinctes existèrent dèslors dans l'assemblée : les patriotes décidés, les faux plàtrîotes , et les aristocrates.
Les premiers, peu nombreux, peu influents à cette époque , étaient obligés de marcher sous des bannières qui nMtaîenf pas les leurs , et de
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se réunir au trîuinvîrat fameux de Bamave ^ Duport et Lameth. Plus tard, ou nous verra prendre une allure ptps décidée^ et choidir nos chefs parmi nous : mais il fallait alors faire le plus de cotiquétes possible à la cause populaire ; et sans fermer les yeux sur les motifs indignes de nous qui faisaient agir . ceux auxquels qous nous unissiqns^ sur leur ambition désordonnée et leurs étroites arriéri^pebsées , nous profitions de ieurs victoires , et nous dévorions leurs in** jures en silence.
Les faux patriotes étaient nombreux ; la suite* les a démasqués , mais leur haine pour lesaris^ tocrates nous les livrail alors. Bon gré, malgré, ils marchaient avec nous ; mats , comme l'a dit quelque part Laclps^ ils semblaient embourbés
dans un. marais fangeux , et s'y- enfoncer davantage à chaque fois qu'ils' se remuaient. Je» ne nommerai pas leurs chefs 1- leurs nomsi, illustrés par la faveur populaire aux premiers jours de la révolution , sont tombés aujourd'hui dans le discrédit qu'ils put mérité.
L'aristocratie avait réuni à elle toutes les fractions mécontentes de la régénération de la
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Fraoqe. 8a opii^duite à l'assemblée ùit fougueusQ et diéfiOi'doiiDée. Sana autre but que celui cTeiiw pécher le bien ^ ^ea cbampious n'ayaient d'autre obcupÂtion que de contrecarrer l'asseiublée et d^embarra&ser ses travaux. Numériquement impuissants ^ ils en appelaient ^ Id noblesse à son épée, le cler^aux foudres canoniques^ le tout accompagné d'injures et de menaces grossières^
Sans chercher à rapporter toutes les opiniions que j'ai émises pendant les deux années d^ la constituante^ je n'en dois pas moins ^ puisque c^st de moi que j'ai à parler , rappeler ici mes principales motions et mes principaux discours. Cette esquisse suffira pour faire juger si j'ai né^ gligé les intérêts saorés qui m'étaient confiée (i)«
L'affaire des -5 et 6 octobre donna au parti timide de rassemblée l'occasion de nia-^ nifester sa coupable faiblesse pour le pouvoir exécutif et sa méfiance envers le peuple. La lot
(i) ;Nou$ donnons, qommc r^seîjgneinent^ curiéiu et. complément indispensable de l'ouvrage , la nomenclature de toutes les motions , discours , observations de Robespî^tue pendant rassemblée constituante on sera étonné de leitt: nombre. . Voyiss à ki fin. des pièces jusiificatiyes,^
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martiale^ proposée par deux des principaux chefs du parti soi-disant populaire ^ Barnave et Lameth ^ fut adoptée par Tas^mblée malgré ma vive opposition : voici comment je m'exprimai dans ceUe circonstance y où .des ménagements m'auraient paru, un crin\e.,
(( Les députés de la commune demandent du (c pain el; des soldats. Et pourquoi des. soldats 7 a pour repousser le peuple , et dans un moment (( où . les passions et les menées de tout genre (i chierchent à faire avorter la révolution* Ceux (( qui ont excité ce mouvement ont prévu qu'iU « en feraient usage contre vous ; ils ont calculé « qu'une émotion populaire serait un moyen u propre k .obtenir une loi qui iopprimerait la « liberté. Quant le peuple melirt de faim, il a s'attroupe^ il l'aut donc remqnter à la cause ù des émiçutes^ prendre des mesures pour en a découvrir les . auteurs , et pour étouffer les tt conjurations qui nous menacent, conjurations « qui ne nous laissent plus que la ressource (( d'un dévouement inutile. Demandez , mes- (( sieurs , que la municipalité vous remette les « pièces qu'elle a sur cette foule de conspira*
(( tions contre le peuple qai se succèdent sans- (c cesse. Etablissez, pour jtiger les crimes delèse- « nation, un tribunal définitif et non pas pro- (t vîsôire ; ne laissez pas le procureur du Châ* « telet remplir les fonctions du procureur (( général de la nation ; la nation n'a que ses (( représentants bu elle-même pour juger de « cette espèce de crime : lorsque vous aurez « organisé un tribunal pris daïis votre sein, « vous vous occuperez de tous lès complots , « de toutes les trames contre la chose pubfîque (( et la liberté nationale. Ici ce sont des évêques (( qui donnent des mandements incendiaires ; «là, des commandants de provinces frontières « qui font passer des grains dans l'étranger. Ex- « citez le comité des recherches h vous donner a connaissance de tous ces fitits ; qu'on ne nous <( parle plus tant de constitution , ce mot ne nous « a que trop endormis : souvençz - vous , que (( pendant qu'on se préparait à faire avorter la « liberté dans son berceau , ^ on ne cessait de «(nous parler de la constitution. »
Si ma. motion fut sans succès auprès de l'a.s** semblée , la manière dont le peuple accueillit la,
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loi martiale me prouva que j'avais fidèlement exprimé ses sentiments. Chacun sait combien ce décret e^ devenu impopulaire , et quelle défaveur s'est attachée aux hommes qui, une seule fois , ont essayé de le mettre h exécution. Quelque temps aprè's le aS septembre , je m'élevai contre le préjugé qui voulait faire exclure du rang de citoyens actifs certaines classes d^hommes : les juifs en raison de leur culte, les comédiens et les exécuteurs de la haute-justice en raison de leur état. Je dis que c'était aux bonnes lois qu'il appartenait de changer les préjugés qui font considérer comme infâmes les personnes chargées de l'exécution des jugements; que- le théâtre deviendrait l'école des moeurs, au moyen d'une meilleure policé ; enfin , que ce serait animer toujours les juifs contre l'intérêt public, que de leur réfuser les avantagés auxquels peuvent prétendre les autres citoyens. J'eus dans cette circonstance le bônhetir dé me rencontrer avec mon collègue M. dé Beaumetz, qui parla fort bien sur la question. On m'a assuré, mais je Poserais trop l'affirmer , qu'il avait reçu des Jçifs d'Alsace une jolie somme d'argent pour
«e porter l^ur avocat deyaot rassemblée. Il n'y eut pas le même accord entre M* de Beaumetz et inoi à une des séances suivantes ^ où je signalai un acte arbitraire des états d'Artois. Il s'agissait de faire rendre un décret pour obtenir la révision des comptes des administrations provinciales. Je citai à ce sujet l'abus dont s'était rendu 'coupable la commission des états d'Artois en percevant l'impôt de la milice pour l'année 1 738, bien qu'une décision ^souveraine en eût exempté toute la France. M. de Beaumetz me répondit , mais sa réponse ne prouvait rien. J'aurai l'occasion de revenir sur ce fait et sur d'autres, en parlant de nos démêlés postérieurs , ^t en rapportant la lettre qu'il m'obligea à lui écrire*
. On s'occupa y dans les premiers jours de janvier 1790 , d'un nouveau mode d'imposition. Le côté droit, voulant peut-^tre essayer d'obte* nir quelque faveur en présentant des vues en apparence populaires , fît paraître l'abbé Maury à I9 tribune, pour y demander que l'impôt établi aux barrières fût aboli , et remplacé par un impôt sur lo luxe.
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On s'étonnait devoir un dès champions d^.Pa** ristocratie chercher à grever les jouissances qu'elle seule peut ^ procurer ; mais un peu de réflexion expliqua l'énigme. Le but de l'abbé Maury était de faire des mécontents parmi le peuple. On ne s'y trompa pas, et pour lui rendre avec usure lamonnaîe de ses bonnes intentions, l'abbé de laSalcette vint à la tribune proposer aussi de proscrire le luxe , mais chez les ecclésiastiques , luxe plus insultant que tout autre à la misère publique. Il fit la motion que nul ecclésiastique ne pût avoir plus de mille, écus de bénéfices.
J'appuyai vivement cette proposition. Après avoir démontré tout ce que celle de Pabbé Maury avait de dangereux* pour le peuple, j'établis qu'une grande partie des biens ecclésias^ tiques appartenaient à la nation, et qu'en assu*rant au peuple , ou à la partie. pauvre du peuple, une portion de leurs revenus ,^ on ne faisait que lui rendre sa propriété:
L'abbé Maùry balbutia quelques mots de rétractation, et retira s^ motion. Celle de l'abbé de la Salcette fut ajournée;
La république de Gènes avait élevé, auprès
du ministre des affaires étrangères, des réclamations ^ur le décret de l'assemblée qui décla* rait l'aie de Corse partie intégrante de la monarchie française. Je repoussai cette étrange prétention. Je signalai la ma[in de nos ennemis , qui faisait mouvoir la république de Géi\es : « Le peuple corse, ajoutai-je , conserve le souvenir d'une antique liberté et d'une antiqtie oppression. Il est jaloux dcpart^ger la lî- < berté qui est assurée à touç les Français. La ( réclamation des Génois est bien étrange; ils .n'ont pas parlé jusqu'à ce joui* de leur préten- «<ltie souveraineté sur la Corse. N'est-il pas singulier que cette demande soit formée aujourd'hui? Je m'oppose à l'ajournement (l'abbé Alàury l'avait demandé). Il faut traiter cette demande comme elle le mérite : elle est ab-
c surdé. Il faut donc déclarer qu'il n'y a lieu
( à délibérer, w Telle fut,, en effet, la décision de l'assemblée.
Le 19 février, je m'opposai à Tajournemént, proposé par Dupont de Nèniours , sur le règlement des pensions religieuses. J'établis que les biens des ordres supprimés pouvaient fournir un
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traitement honnête aux religieux, et que les représentants de la nation ne pouvaient se dispenser de te leur assurer. J'exprimai le vœu que leur traitement fût augmenté ^ et quMl fût uniforme
pour tous les religieux , rentes ou non rentes , qui auraient passé, soixante ans. ^ >
La loi martiale nVvait- pas porté les fruits qu'on avait feint d'en espérer. De nouvelles mesures furent proposées ^ les unes viplenteç', les autres plein e.s de méfiance, contre Ib peuple.. Je les combattis toutes dans plusieurs circonstances. Voici notamment de quelle manière je m^exprimai dans la séance du 22 février :.
«Avant d'examiner les difFéreilts décrets, je* dois vous expQser dans quelles circonstances et sous quels auspices ils nous sont présentés. Il y a peu de jours ij sur le simple récit des événements du Quercy, l'a,ssemfblée) par un décret, a ordonné k réunion des troupes soldées et des maréchaussées aux gardes, nationales , pour réprimer les désordres. Ce décret a paru insuffisant aux ministres, qui ont demandé, dans leur mémoire, que le pouvoir exécutif fut autorisé à déployer la terreur des armes. Ce mémoire
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a été t*eiiToyé aa cbntité^ et samedi des membres de cette asseènblée nous bnt fait des propositions conformes -à celles des ministre». Qu'on me pardonne de n'avoir pas pu concevoir comment les moyens du despotisme pouvaient as- .surer la libère ; qu'on tne pardonne de demander. conimen% une révolution faite par le peuple peut être protégée.; par lé déploiement ministériel de la force des armes- Il faudrait me démontrer qiie. le royaume est à la veille d'une subversion totale < Cette démonsfration a paru nécessaire ik ceux-4à mêmes qui se joignent à la demande des ministres ^ puisqu'ils assurent qu'elleestjicqmse. Voyons si cela est vrai. Nous ne connaissons la situation du royaume que par ce qui a été ♦dît par quelques membres sur les troubles du Querçy ,'\et vous avez vu que ces troubles ne consistent qu'en quelques châteaux brûlés ; des châteaux ont le ménle sort dans l'Agénois. . Nous nous rappelons avec plaisir que deux- députés, qui partagent ces malheurs , deux députés nobles , ont préféré à ce vain titre celui de défenseurs dû' peuple'; ils vous ont conjuré de ne pas vous effrayer de Ces événe-
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lïients , et ils ont présenté les principes que je développe aujourd'hui. Il y a encore quelques voies de. fait en Auve)'gne, et quelques unes en Bretagne. Il est notoire que les Bretons ont calmé des éAieutes plus violentes ; il est notoire que dans cette province^ ce^ accidents ne sont tombés que sur ces nisigistratj^ qui ont re«
• % mm,
fusé lajustice au peuple^ qui ont été rebelfes'Ji nos décrets ^ et qui s'obstinent k les mépriser. Les députés des contrées agitées m'ont assuré que les troubles se, calment. Vous avez dû être rassurés à un certainpoipt par le mémoire du garde des sceaux , plus effrayant par la ibrcc et Fexagération des expressions que par les faits; Il en articule un seul '^ . les malheurs arrivé» h Béziers. Vous avez blâmé le peuple , vous avez donné une preuve touchante dlntérét à ses malheurs-: vous avez vu. qu'ils ne tiennent pas à une cause générale., mais qu'ils prennent leur
source dans les contraintes exercées sur la perception d'un impôt odieux que le peuple croît détruit , et que , depuis' le commencement delà révolution , il refuse de payer. Que ces faits ne nous ijûspjrent donc aucune tendeur ; râppor- II. 4
50 Miw>iu,^st
tQn« maiaceynaat l^s. Mn&aoQnté qui péïKvept dkffper non craini^.
a Vous sibY^^ quels ixioyeQs on a employés 0i| Normandie pour ar^u^vw W peuple^ pow éga*k*er Ie0.b^l>itauto 4?a campagi>e# ; voua, ityç^ vu s^y/e<; q4i^lQ candeur <U out ^avoué le^sigua^ turei surprises vit apposées à uue adre^a^ , où* Vrag^ d0 séditHm 0t de délire.^ r4di|gé p^r lea auteurs ^|: Us pi^Usapa de VariatQcra^i^. <^ «tfA«CQ qui igjDova qu'on a répandu avecprofu-r siûn 4anà ks pr6vii»<çQa InJgiqueai des UbeUr^a inceu4iaip0$ ; qu^ lea pirincipes de l-inauirreGliQii ont 4té pré^:h^ daiia la chaûre du: dieu de pm^j (yi6 lea dÀQret$. 4ur la loi martiales ^ wr le^: con-t tributions, aur la suppres&iou du çWrgé, ont é\À publiés afVQc soin ; qu'on a caché tous i^em de vos dècre;kav qul^ non nioins utiles^ présent taient an. peupl^de^ objets diç bienfaisancefeidyi^ 4 s^i^ir ? Qu'on, n^ vienne donc paa caiononier i« peuple ll'appi^le le téoaoignage de la France entière ; Je . laisse le^ ennjçnûs exagérer les Toiqs de £ait ^.a'éiçrier que la réTolution ^ été signalé^ par des barbaries. Moi^ j'atteste tous 1^ bous cUoyen3 ^ tpua le^ ajous di$ la raison ^ quo^ jai^ais
DE ROBBSPIfillRE. ^i
révolution n'a coûté $i peu dô sang et de cruautés » Vous ayez vu un peuple immense, makre de sa destinée y rentrer da^s Tordre au milieu de tous lea pouvoirs abattus y de ces pouvoirs qui If ont opprimé |>endaiit tant de aiècles. Sa douceur , 9a modération inaltérable ont seules décon-« ecnrtè les manoeuvres de sea ennemis, et on faconde devant ses représentants !
H A quoi tendent oes» accusations? Ne voyez* vom pas le royaume divisé? Ne voyex^vous pas deux pai^tis^ celui du peuple, et celui de tàristocr^ie et du despotisme?' Espérons que la Gonetktttion^era solidement affermie; mais vttoonnaissims qUi'il reste encore de, grandes (idbme&< à l^e. Gtrace 2^U zèle avec Içquel on a égaré le; peuple par des libelles , et 4égulsé les décrets >^ Tesprit public n% pas encore pris l'ascendant si nécessaire. Ne voyez -» voua pas qu'on cherche à finerver les sentimentsi, généreux du peuple, pour le porCer à préférer un
paisible esdavagie k . upe liberté achetée au pri^ de qinelqjiies ^g^ation^ et de .quelques sa<- ^rifiae^sî Çe^qui forp^era Pc^iprit pi^bUc, c^ flui déterimineira a'ilidoin fAgp^f^l^fi^. veps^ t^ liberté y ou
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se reporter ver» le despotisme^ ce sera Rétablis-* sèment des assemblées administratives. Mais si l'intrigue s'introduisait dans les élections:, si la législature '^uî Vante pouvait ainsi se trouver' composée des ehnemis de la révolution y là liberté ne serait plus qu'une vaine espérance que nous aurions présentée à l'Europe. Les nations n'ont qu'un moment pour devenir libres; c'est celui où l'excès de la tyrannie doit faire >rougir de défendre le despotisme. Ce moment "passé ^ . les cris des bons, citoyens sont dénoncés comme des actes de séditiott , la servitude reste ^ la Ubertîé disparaît'. En Angleterre, une loi sage nre permet pas aux troupes d'approcher d^s lieux où se font chaque année les élections ; et "dans les agitations incertaines d'une révolution vb» ftous propose de dire au pouvoir exécutif ta En«* voyez des troupes où vous voudrez, effrayez les l^euples, gênez les sufFrs^es, faites pencher la balance dans les électîotis. ))
« Dans ce moment même, les villes otot reçu des garhisojis extraordinaires qui ont ^ parla terreur, «eirvî à Violer la liberté dii peuplè\j à élever aux places mliniôl^les des ennemis^ ca-
«hés de- la révolution. Ce malheur est incertain : je [e prouverai; et je demande pour cet objet iine séance extraordinaire. Prévenons ce malheur; réparons-le par une loi que lalibertéet la raison commandent à tout un peuple qui veut être libre; qu'elle a commandée à une natioi) qui s'en sert avec une respectueuse constance pour maintenir une constitution à laquelle ell^ reconnaît des vices; mais ne proclamons pas une nouvelle loi martiale contre un peuple qui défend ses droits, qui recouvre sa liberté, per vons-nous déshpnorçr le patriotisme çn TappiÇr lant esprit séditieux et turbulent, et. honorer l'esclavage. par le nom d'amour de l'ordre et de I9 paix? Non : il faut prévenir les troubles par des moyens plus analogues à Ja liberté. Si l'on s^me véritablement la paix , ce ne sont point des loi^ martiales qu'il/faut présenter au peuple; elles donneraient de nouveaux mpyens d'aniener des troubles. Tout cet empire est couvert de ci-r toyens aj^més pour la liberté ; ils repousseront les brigands pour délendrc leurs foyers. Renr dons au peuple ses véritables droits; protégeons les principes p^ti'iot^uesatlaquéa dans tant d'en-
droits divers ; ne souffrons pas que des soldats armés aillent opprimer les bons citoyens ^ sons prétexte dé les défendre; ne remettons pas le sort de la révolution dans les mains des chefs militaires ; faisoiis sortir des villes ces soldats aonés qui effraient te patriotisme pour détruire la liberté* n
Malgré mes efforts , de nouvelles dispositions furent décrétéejK , aussi impuissantes , aussi im-^ populaires que la loi martiale.
Peu de t^nps après , je fus daps le cas d'en^ tretenir Une correspondance assez bizarre avec iin des agents du pouvoir exécutif, M. Lambert^ contrôleur-général sous Necker. Il m'écrivît pour se plaindre d'une lettre prétendue écrite par moi à un brasseur ^ daiis laquelle j'excitais ce citoyen à la rébellion â(ux lois , en déclamant contre la régie générale.
Voici la réponse que je lui adressai :
(( La lettre que vous m'avez fait Fhonneur de m'écrire , monsieùç , a excité en rhoi diverses sensations dont je vais vous rendre compté avec beaucoup de franchise.
« On tne marque (me dîtes- vous) que vous « avez écrit à M. Moreau, chinoihe de Paris, frérç
DB MMSrmtlRE. 5S
« d'vtti br&Meur de la paroisse de Long ^ contre ¥, ie({uel ila é(é faH^ le 1 3 février dirniier; um pro^ a oéa-'VQrbal pour refus d^Kercioe^ une lettre qne « lé chanoine a t^li lUndiBcrétion de montrer à u tant le monde , et qu'oti annonce comme pleine a de dédamaiitHis contre ies droits de la régie gé* « nérale et contre les employés v et ^Jiroduisakit a éàm le peuple \m effet iilceiidiaire» ii
a Vous paneÉ dotcette liypotfauèee ^ monsiear^ pour m'exfaorler à réparer^ en écrivaéi aux faa^ bitants.de iMig et des paroisses drconvoisines ^ le désordre qu'a produit la £aitale lettre, if^ous espértas , dites-vous^ que je leur ferai coniiaitre cx>mbien je suis éloigné d'approurer que des redevahles des . droits d'aide se Teuittent soihk traire, par des, refus et des résistanoes , aux exercices des employés 4 n>0us espérea que je leur recommanderai mai*-méme d'acquitter exactemeni les droits dus , d'en souffrir en paix l'éxer^ cice^ de ne se plaindre des yexations que par des voies convenables et d<écentes^ etc. I) etc. fin*« fin^ vous m'engages à vous envoyer la lettre que j'aurai écrite A te sujet. Telle est^ en substance y l'esprit de votre lettre.
(( Je commence par vous observer que le 'fait &ur lequel vous (ondèz vos exhortations est une jDalomnie insigne , qu'il es|; absolument faux ique •j'aie écrit ce que^Fon m'impute , et que tout ce quevMOus me dites à .cet égaird ne me présente qu^uhjs , énigme bizarre et tout-à-feit inintelligible. Ensuite,) je vous prie die croire que les représentants du peuplé n'écrivent point des lettre* z/jce/ïrf/âirRy et pleines de déclamations. Je ne safs si les coupables manœuvres des ennemis de la révolution , qiii se développent tous lès jours autour de .nous, renferment aussile moyeii extrême de fabriquer des lettres , pour les imputer aux membres de l'assemblée nationale qui ont signalé leur zèle pour la cause populaire'^ mais je défie iqùi que ce soit de produire celle dont vous me parlez . d'une nàanière si vague.
«U est:vrai que vous avez vous-même prévenu la demande que je devais naturellement vous laire de me la communiquer , en m'apprenahi que F on 71e vous en (i^pomt èrwoyé copie.
« Cçtle déclaration est un des endroits de votre lettre qui m'ont Je plus étonné. En effet, quelque idée que vous ayez pu vpqs former des prg-!
cédés qu'un ministre des finances pouvait .se permettre envers les membres de l'assemblée nationale, il n'est pas facile de concevoir comment, sans être assuré ni de l'existence ni du contenu de la précédente lettre , vous vous êtes porté à m'attribuer des déclamations incendiaires^ à me peindre, en quelque sorte, à mes propres yeux, tomme un perturbateur de l'ordre public , réfractaire aux décrets de l'assemblée nationale , qui , conlme vou^ avez soin de nie le faire observer quelques lignes plus bas, a recommandé expressément le paiement exact des ini-
pAta. •
« Vous ajoutez qu'elle ne serait pas le premier exemple de lettres de députés à des personnes de leurs provinces , travesties et commentées , soit malignement, soit inconsidérément,, dans des sens tout contraires aux sentiments des' auteurs de ces lettres, et vous espérez que j'écrirai aux habitants du pays en question d'acquitter les droits et de ne se plaindre des vexations que par des voies décentes. Comment avez-vous pu espérer, monsieur, que je serais assez imprudent pour prendre jm parti dans une affaire qui m'est ab-
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esprit factieux et turbulent: lorsqu'on voit les agents du pouvoir exécutif former le projetinsensé d'élever leur fausse popularité , à laquelle on ne croit plus , au-dessus de l'autorité nationale ; accuser tour à tour le peuple et les reprér sentants du peuple ^ et^ au lieu des comptes iûr. dispensables qu'ils leur doivent , leur prodiguer des inculpations téméraires et des libelles sacri- Içges : enfin ^ lorsqu'au sein de cette capitale commence à transpirer Phoriible secret de la plus lâche comme de la plus extravagante des 'conspirations que la vénalité et la tyrannie aient jamais tramées contre la patrie et la liberté.... vous avouerez ^ monsieur, que, dans de pareil les conjonctures , je suis au moins excusable de rapprocher l'affaire dont il est question de ces circonstances, et de l'envisager dans le point de vue que. je viens- de vous présenter.
« Je finis , monsieur, en vous répétant que je ne me suis pas montré assez zélé partisan de l'aristocratie, pour qu'on me puisse soupçonner, sans absurdité, de vouloir seconder ses vues en trotiblant la perception légitime des impôts ; que, quoi que puissent dire lesennernis des dé-»
DE ROBESPtEIlRE. 6t
fèriseurs dû peuple, c'est nous qui recomman • dons, non sans succès , l'ordre et la tranquillité; c'est nous qui aimons sincèrement la paix , non pas à la Véritè'la paix des esclaves , si scrupuleusement exigée par les despotes, qui consiste à souffrir en silence la servitude et l'oppression, mais la paix d'une nation magnanime, qui fonde sa liberté en veillant avec utte défiance nécessaire sur tous les mouvements des ennemis déclarés ou secrets qui la menacent.
(( Au reste, monsieur, quelque reconnaissance vous est due ^oùrafvoir fourni la matière de cette ôorirespomîartce/J'ai cru du. moins qu'elle pou-
■ vait être utile «ôtis certains rapports^. Aussi j'espère de Vôti'e patirickiisme que ^ous apppou^ye- Téz là résolution que j^ai pris^ de rendre cette lettre publique.
« J'ai Phoïinéiir d'être », monsieur., votre.très
* hutaàble et trèïi obéissant sei^viteur ,
... « DE Robespierre. ))
6n MÉMOIRES