‹ Mémoires authentiques de Maximilien de RobespierreChapitre 40 sur 49 · MS INDIGENTS AMIS DE LA CONSTITUTION · texte numérisé non relu

MS INDIGENTS AMIS DE LA CONSTITUTION

Robespierre , écoute les accents des hommes qui forment la société des indigents : ils ont entendu lire le discours que tu as prononcé à l'assemblée nationale sur les décrets du marc d'argent. Tu vas croire , peut-être , que nous n'avons manifesté notre amour pour toi que par des applaudissements ; rends-nous plus de justice, c'est par des larmes de reconnaissance que nous pouvions nous acquitter envers toi du bien que tu cherches à nousfaire. Accoutumés

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h répandre des pleurs, nous avons regardé comn^e un homme celui qui faisait 4ispdi'â}tre les lambeaux de la mrsére.

Qu'on vienne à présent nous dire que lé peuple n'a rien à perdre ! Nous tenons dans nos mains ton superbe discours , avec lequel nous pourrons désormais repousser la calomnie; il nous apprend que la vie et l'honneiir sont des bras qu'on ne saurait nous ravir; que lestalens et les vertus, en nous mettant au-dessus des re« vers, nous donnent seuls le droit de servir la patrie. £n tout temps, en tous lieux, nous Û^conâ pâlir les intrigans : hlGis ! ils sont faciles k connaitre. Nou^les avons vus aller, venir, s'agiter en tous sens ; nous les avons vus former le cercle de la conjuration ; les lâches! Ils nous ^ont chassés des assemblées primaires , nous qui payons encoi^ de uos sueurs les charges «de l'état ! lis ont cru que la patrie était à eux , parce qWîls avaient notre or pour l'acheter. Elh! les malheureux! ont-ils des bras pour la soutenir? La patrie appartient à ceux qui save^M: la défendre, et non k ceux qui cherchent à la Miiner. Nous avons peu de vices, parce que lé travail

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nousôte la faculté d'en favoriser aucun : il fut toujours Iç pare du plaisir ; celui-là on le goûte sans remords, il n'appartient qu'à rhonnéte indigence : ce n'est pas sous les lambris dorés d'une cour corrompue que l'on trouve communément des sentiments d'humanité ; le luxe et la mollesse éteint le flambeau de la justice , et l'on ne peut s'attendrir sur des maux qu'on n'a jamais sentis. Âh! si les riches, par une juste punition du ciel , prenaient, pour quelques années seulement , la place des hommes qu'ils oppriment, on les verrait bientôt rendre hommage à la pauvreté. Courbés sous le poids éà l'adversité, ils apprendraiept à exercer leur ame au bonheur , et ils sentiraient qu'on ne peut l'obtenir qu'à force de bienfaits. Oui, Robespierre , nous pensons comme toi , nous croyons que l'infortune a plus besoin que toute autre condition humaine d'avoir recours à la sagesse ; sans elle , notre désespoir ferait rire nos tyrans, et c'est pour les humilier que nous voulons être vertueux. Laisse faire, nous rentrerons dans la plénitude de nos droits : la lâcheté , l'imposture, l'avarice et la cupidité n'ont qu'un

temps. \.* La France ^régénérée' par toi. adopte tes principes , et les conditions auxqùt^Bh tu soumets les gouvernants aux gouye,rtiës ne se {)eiKlront pas , je t'assure ^ dan^ lâifeciét^ deà . indigents*; nous lés apprendrons par cofeUr, noiiS en ferons ta lecture taht de fois que lious deviendrons essentiellètiienfutîles- à noà concîtoyens.-^ " .*

MaispoQf Dieu! Robespierre, fais révoquer

cet abominable déci*et du marc d'ar*gent ; il n'a été dicté que par les furieë, qu'on ne peut alhnenter qu'avec 1^ sang des victimes ! • ^;;

Tetè^ le malheuf attaché à nôtre existence • que itôiis poùs troiiipons souvent dans le. choix des hommes que'nous plaçons à notre tête ; mais^ cela ne sera plus , noud dbhnàissôils le langages ' de la vérité , ta bpucbe vient de le proférer. Qiiè^ dis-je ? ton ame a électrisé jusqu'à n,o^ ennemis; il faut e^pférer qu'à force de jparlet comme toi , ils agiront de même ; eussent-ils le projet de nous tromper \ s'ils sont constamment obligés^ de noua séduire ^ ils auront recours aux belles

actions durant le^îoura de leur règne ; et certes

ce sera pour nous un très grand avantage, d'avoir n. 26

par aotre surveiilj^njçe mis de$ borner à leur sçé-

Liés aux lots y notis voulons^ et qpii» jurons de ne jamai^^ya en écarter;, mais nous youloQ5 au^si qm ceux, qui en sont bis interprètes ne perdent pas de* vue qu'elles ont été faites, pour eux comi.me pouri^iotia^lalpi n'^i^pargne personne: sujet àlix mêmes faiblesses , aux mêmes infînnités , rhomme en place nV pas le droit 4^ détourner le glaiye de la justice , <}U2a^d il mérite d'en être fjpappé. <

Voilà, magnanime -Robespierre^ notre. pro-

fession de foi , JMge«-la ^ et , si.noi^ssopiiQçsdans l'errfeur, ouvre-poys ton aine poi^r quenou^ y puisions la règle de notre 0(wduiji^^ No«s soi^ine^ Içs ainis de Is^ ton^ituti^ com£n€> tu en ^e* l'org^oé^ c'e^t bi^n le «doins que nous suivions tes conseils.

Reçoit) incorruptible Robespierre^ le voeu.de e€»tte assemblée > il est ti:ès^ étendu y pnj^quç nous t'aimons.^ nous t'esl^îiRfiotis , et que nous te portiQiis^dans noitre cœur.

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