LA PRÉSENTATION
DE LA coNSTrnrrioN au roi.
1«' septembre.
Notis somnves donc enfin, armés à lafin da
notre pénible carrière, fi ne nous. reste plus
qu'un devoir à remplir envers notre pays ^ c'est
de lui garlnitir la stabilité de la constitution que
nou9 lui présentons ; pour qu'eille existe , il ne
faut qu'une seule condition ^ c'est. que la laation
la veuille. Nul homme n'a Iç droit ni d'arréfter
le cours de ses destinées ^ ni de contredire la
volonté suprême. Le. sort àe la constitution' e«t
donc indépendant de la volonté de Louis XVL
Ce principe a déjà été reconnu hautement dws
4^ PIÈGES JVSTIFIGATIYBS.
cette assemblée. Ce n'est point assez ; il faut encore y croire sincèrement, et l'observer avec fidélité. Je rfe doute pas .que Louis XVI ne l'accepte avec transport. Le pouvoir exécutif tout entier assuré comme un patrimoine à lui et à jsa race, le droit d'arrêter - les opérations de plusieurs assemblées nationales consécutives ; la îaculté-dè les diriger par la proposition des lois qtf il^ peut rejeter lorsqu'elles sont faites par l'influence de sts, ministres admis au sein du corps iégislatif ; un empire absolu sur tous tes corps administratifs devenus ses agents; le pouvoir de régler les intérêts et les rapports de la nation avec les nat;ions étrangères ; des armées innombrables dont il dispose ; le trésor public grossi de tous les domaines nationaux réunis, en ses mains... (Violents murmures.) Ce ne sont pas là des calomnies , c'est la. constitution ; quarante millions destinésà son entretien et k ses plaisirs personnels; tout m'annoîicfe qu'il n'existe point dans l'état de pouvoir qui ne s'écKp^ie devant le sien* tout me prouve que nous n'âvons rien négligé pour rendre la constitution agréable à ses yeux. Cependant, conime il est
Ï^IEGES lUSTlFI€ATiyE9«. 4^5
quelquefois dàn« le* caractère des monarques d'être moins sensibles aux avantagea qu'ils ont acquis qu^à ceux qu'ils croient avoir perdus ^ comme le passé peut nouainspirer quelque dé^ fiance pour l'avenir ^ ce n'est peut-être pas sans raison que nous nous occupons de la manière dç lui présenter la constitution . C'est là sana doute le motif qui a déterminé le comité à nous! présenter comme Iç sujet d'un problème une chose si simple au preipiér coup. d'œiK Pour moi ^ je le résous f^pilement par les premières notions de la prudence et du bon sens., Tout délai ,. dans ce genre ^ ne serait bon.qu^à pro-.. longer de funestes agitations , à nourrir de cou-i pabjes espérances ^ et à seconder de sinistres projets. Je crois donc , que c'est à Paris qu'il faut présenter la constitution à Louis XYI , et, qu'il doit s'expliquer sur cet objet dans le plus court espace de temps pdssible .Je ne vois aucune raison ^mên^e spécieuse, qui puisse justifier la proposition de le faire partir pour lalui présenter ailleurs. Je ne comprends pas même le mot de liberté ou de contrainte appliqué à cette çir^ constance. Je ne conçois pas conmient l'accep-.
4o6 PIÈCES JUSTIFIGATIY£8;
tation de; Louis XVI pourrait être supposée aVoir été fordée ; car la présetitatiou t)e là conAi» tution pourrait être traduite tn ct% mots* : La nation vous ofire lé trâne l6 plus puÎBsant de Punivers; voici le titre qui vous y appelle : vpulez-voûs l'accepter? et la réponse ne peutêtre que celle-ci : Je t<e veux , oti je ne ^e vèçt
Ôr ^ qui pourrait imaginer que Louis XVI ne serait pas libre de dire : Je ne veux pas être roi des Français ? QûeHe rais0% de supposer que k peuple ferait violenbe-à un homine pour le forcer à être jroi , ou pour le punir de ne vou«ioir plus Fêtre. Eh ! dans quel Ijeu de l'empire peut-il être plus en sûreté qu'au mHieu de (a garde nombreuse et fidèle des citoyens qiii rènvironnéht ? Le serait-il plus dans une autre partie dé la France^, sur nos frontières ot^ dailS un royaume étranger? ou plutôt^ si ailleurs il se trouvait entouré d'hommes enneniis dé la- révolution, n'est-ce pas alors que l'on pourrait feindre avec plus de vraisemblance que sa résolution n'aiirait pas été libre? Mais que signifient ces bigarres scrupules sur la liberté
PIÈGZ8 jv&nwicxTiy^w. 4^
te ^
de l'aoceptàtioô ifuile couronne ? c'ieist le saloi ;^ c'esl' ib sûreté de la nadoa qiû doit itre aéA^ cbnfifuhée. Or ^ tous permeft-ieilé de, désirer qup Louis Xyi s'éloigne dans <è moiiieint ? ATei^* vous des garants ptds cchrtai^Bs de ses disposi^ tibné p^rsoàneUes I, de celles des iiommes opm VfdïïWdi^nty tin'atawt le ài -juin demi» ? .Ces râ^èniblénietktd Suspect» d(/m voiis^ètes iescé^ moins , ce pliain de laisser vos frontières d^gar^
nies^ ^e désarmy^ tes titoyéiiii^^, de sentier |iai^-
toilt le 'cr^bto et là division ^ tes menacés Vte^ nos etiniaim» extérteûfs ;, les tniiiioeuvpes ^de ^^Qi8 endemis ini^éiirs:) teur doatition ave<: les iiià% m^d dé la c^nkittitiôti 4âi UvèM Q\SiVti*téiùëm
iémàt»f}ïè ^ tètit ^t^ trôUs 'Ihfir^s^il k-ï'èsim'
ptétigéâ iVL^'i ce hiOiHrèttt ? ^/^ôiiilës^^^tis w^m
la*ttilie <le ?<rot>jy'pàyfc ^Lé ^ùgèii^ «lti^it«a0(Ws; réel qu'il fié le p»jtà^l, a^^ikc^ crafnt.: les avis ^ les adresses-qui nous sont envoyées de toutes les parties de l'état vous le prouvent. Qr, ce n'est pas a^sez de ne pas compromettre évidemn^ent le sa|ut de la nation; il
4o8 Pt^ES iuSTIFIGATIYBS*
faut respecter jusque ses alarmes ; il faut nous rassurer noos- mêmes contre un autre danger qui n'^st pas douteux. Il faut nous prémunir contre tous les pièges qui peuvent bous être tendus ^ contre toutes les intrigues qui peuvajQt nous obséder dans ce «moment critique de la révolution. Il faut les déconicierter. toutea en élevant dès ca ùloment ^ntre elles et nous une barrièfè'-insurinontdblé^ en ôtant aux ennemis de la liberté toute ^péranc^. d'entanjter encore une «fois notre constitution. 'On doit être content san» doute de tous les ôhangen^ent^ essentiels que l'on 'a obtenais. de noiis; que Von nous asaure du moins la possession des débris qw nous restent do nos premiers décrets. Si on peut attaquer encore notre constitution après qu^elle a été arrêtée deux fois , que nous reste^ t^il à faire 7 reprendre où nos fers ou nos armes. ( Oa applaudi);.' dans T^xtrénlitd de la partie gaucbe>. Lé reste- de la salle murniure.)
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PIJ^CBS JUSTIFICATIVES. 4^9
SOCIÉTÉS t>ÔPXJL AliaES;
' 28septemtré 1791.
La constitution garantit aux Français .le droit de s'assembler paisiblement et sans armes; la constitution garantit aux Français la communicationlibre des pensées^ toutes les fois qu!on ne fait point tort à autrui; D'apiîéys Ces principes , j^ demande comment on ose vous 4ire que là borrespqndance d'une réunion d'hoïrimes paisibles et sans armes, avec d'autres assemblées dçr la même nature, peut être proscrite par les princi^ pes de la constitution TSi les assemblées d'hommes sans armes sont légitimes^, si la conimuni-^ cation d^^ pensées est consacrée par la çpnsti-^ tution , coninnent osera-t-on soutenir qu'il sqtt
4 ko PIÈCES iOStt^lGÀTIVttS.
défendu à ces- sociétés de correspondre entre elles ? •
On a donné de grands éloges aux sociétés amies de la constitution ; c'était à Ja vérité pour acqpérir le droit d'en dire beaucoup de mal , et d'allégdëf , #Udie i^ifr^iéré tAi^aîgtiêi ^és f^ts qui ne sont nullement prouvés, qui sont absolument caloninieux. M^iis n'importe ^ on en a dit au moins le bien qu'on ae pouvait pas méconnaître. Eh bien! il n'est autre chose que Pèiveii iàeé sfervièes tendus à la lifeèrtô etàh aatîbh dë{)ttis lècomniëticènieiiit de la r^olotion : ii ^^ éëmblé qûé bette <^0]i$idération steiite au- Wlt pu dîspèiiâfef lèf tjoiîiiié d«.cofastittition'rie ^ hâtSt» si tôt ^e ïiifetti^ des «ntraViee à de« a©cîêté* qui, de ^oii tfveu, oïit été si utiles.
Je saÉîs que pour préparer le succès des prch jeta iliie4't)h affVe aujourd'hui à votre délibéte^ tittti , oh a ëU ijoîh dé prodigue^ les eritiqiiiei^ i©» sophîstfiës, le^ fcàl6m«iës et tou^ le* petks mbyéhs em^lbyé^ par* de petits feotttiûes qui sÀtit îi la foisfbjipirbbrè et lé ftéfirU dés févoiution«. ie
sais qii'ib ont r|ilKé k tèttr ùpitiion tôiH ce •iju'ii y a en France de méchants et dt sot&. Je dfits que* ces sortes (Je projets plaisent beaucoup à tous las. faomtrçs intéresses à prévai^iqtier imp^ëment ; car tout faonxme jqui peut être corroinpt^ eraint la surreniance dés bitoyefi$ insifuU^, comiâe les^brîgands Pbdouteni Jk lumière qui édâire iètirs forfaits. Il ftly> quô ta vcirtu ii^ui» . puisse décbi^vrÎY ci^e espèce de cohipïnattiôfî contre les sociétés patriotiques. D^truiseM^ r et vous aurez ôté à la corruption le frein le plus , puissant, voys aurez renversé le dernier obstable qui s'opposait à ses sinistres projets ; car les conspirateurs, les intrigants, les ambitieux sauront bien s'assembler, sauront bren éluder la loi qu'ils auront fait rendre ; ils sauront bien se rallier sousAes auspices du despotisme ûûûr régner sous son nom , et ils seront affranchiis des sociétés d'hommes libres qui se ras-
semblent paisiblement et publiquement sous des titres communs , parce qu'il est nécessaire
d'opposer la surveillance des honnêtes gens aii^
forces des intrigants ambitieux et corrompus.
Alors ilç pourront décWer la patrie impùné-
4ia PIÈGBS JUSTIPICATIVBS*^
meni pour élever leur ambition personnelle sur le» ruines^e la nation . .
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Eêt-K^é donc un si gi^and malheur que, dans^ les circonstances où ixous somtnes^ l'opiâion pun blique, l'esprit piiblic se développent ; aulc dé» pens même de la réputation de quelques hommes qui, aprés^avoir servi, la cause. de fa patrie^ en apparence,* ne l'ont trahie (ju'avec plus
d'audace? •
PIÈGES JUSTIFICATIVES, ^i3
QvpageoSo..