PRONONCÉ
AU CLU:b des JAGOBrNS.
' LB PRI^IBR 'dimanche DK CAr£mK 0K "LU PRésXlTTB ANN^B. •
Par dom Prôsper-Iscariote-Honestâ Robespierre de Bonne- Foi , ci-devant avocat en la cî-devant province à' Artois ^ honorable membre du côté gauche de rassemblée nationale, et l'un des fondateurs du club des Jacobins.
(PAMPHtBT.) ^
CitQyen&, frères et amis ^
Un grand îfttérét nous rassemble en ce jour, îl ne s'agit plus d'inventer des projets de bontre-f évolution, poui^ nous donner l'honneur dfef les découvrir et de les déjouer sans grande peine; il ne s'agit plus de continuer notre guerre contre les honnètfes gens,' avec les armes toujours brUlantes et sûres du patriotisme ; il s'agit d'ob/ets bien pluâ essentiels et bien plus pressants : en
Tain voudrais-je vous le dissimulei"^ en vain voudrais-je me le cacher à moi-même, le danger est trop grand et demande un remède trop prompt pour s'amuser à feindre plus Iqngtemps. Non, ifi^^tu^^, îl i^'est plus temps; l'âbime est ouvert , de tous côtes On. ve^ nous y précipiter ; il faut donc emplpyer notre courage, réunir nos forces et nô^ |ipcitéres, pour opposer une résistance fructueuse et nous sauver ; Ou s'il faut mourir, mourons,^ mais, comme •'.•■». » , , , *
le fiej^ Samson^ ébranlons, renver.3ons les co« lohnesfragilea de Tédifice que nous avons aidé à construire. VoUs voyez, mej frères, que j'ai besoin de toute votr^ attention ; aussi j'ose espérer aujourd'hui qu'il n'y aura que trois sonnettes de cassées pour m'obtenir le silence qui m'est nécessaire.. '
Oui, mes frères, il faut lâcher le mot, nos projets son; découverts^ nos vues sont connues, et le peuple que nous avons aveii^lé , le tout pour son bien , commence à ouvrir les yeux. A ces qiots, je vois déjà un subit changement s'o-
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pérer sur vos figures, vos traits s'altèrent, n^is je suis trop honnête et je vous connais trop bien
pour soupçQ%i«er ^n, moment que la y^w/'N ce vil s^nument des âmes bgs^»^ s'eipp^e de vos esprits^ non, non , nies frères ^ rassurez-voi^s, rassurons-npu^ ^ ù^st une sainte colère ^ c^Ç3t une rage patriotiqup qui vous saisit, soye^ en sûrs , j'en jur^e sur mon hojjneur, et .ce serment,
le premier au^î'aie fait, dpit me coûter, par vous save2 mieuij^Vg^e mo| ce que je risque en. p^eil cas^ « .
Je dis donc que ce peuple ingrat et témë- . raire s'avise de vouloir raisonner wr.nos ac« tions; il ose ietejr'.un regard aMdacieux sur i^ç^tr^ conduite; il fait plu^.,.il ose ajouter 4es j^^ flexions et tirer des conséquences, qpi, ^i aqi^s n^ les arrêtons , pourraient peut-être noi^ ea- . Yoyer loger tout droit rue de la Lanterne ^ bo-* tel Foulon. .
C'est donc ainsi que ce peuple ose traiti^r Iqs premiers ipaitrea de la liberté! Malb^ûfri^ux ! no.us saurai le puiiir , et d'avance >'^spêre qu^; mon cher ffére M. de Laça^tb nous pr/éscyftter^ un piic^t 4ie cpde pénal sur l'mgratHude, qme j^e prie l'assemblée de* d^rétër sans déseqipa^er e)L sans dîscu^smn ; Je reviens imoi3^.siij|$|:.
4l6 PIÈCES JUSTIFICATIVES,
Oiri y mes frères , tout ce ique nous avons feit pôuF le peuple est perdu : veilles'^ soins, démarches, encré et papier^ nous n'avons rien- épar^ gné, nouls eussions même sacrifié notre bourse; eh bien! rien n'a pu arrêter cet ingrat; il n'a aucun égard, il parfe déjà de noii3 ptx)scriré : inutileipîent, pour flatter son inconstance et réveiller son courroux, feîsonà-nous îmagmer
par notre cher aftii Brissot autant de complots • qu'il y a d'heures dans le jour; ihutilement postons-nôùs le cerbère Màrat sur le - Pont-Neuf pour crier à chaque minute aux arpiés ! et faire pli^s de tapage que le carillon dé la Samaritaine; . inutilement avons-nous créé Une haute cour de cassation pour aller mettre au pihon les propriétés qui nous déplaisent; inutilement faisons* nous si bien éclairer les châteaux qu'on en perd la vue, et ajoiitbns-nous à ces traits de lumière que ce sont les propriétaires eux-mêmes qui font ces feux de joie ; inutileftieht encore faisons-nous dlans les provinces mettre entre ciel et terre quelqties aristocrates, que nous attestons en nos âmes et coriscidnces s'être pen-. dus eux-mêmes. E^i bien! mes frères, qui le
croirait? tous ces grands moyens prépares avec la profondeur de la sagesse et du génie^ exécutés avec la rapidité de l'éclair, toi^rnent contre nous; ce peuple^ imbécile et indigne de la liberté, pousse la sottise jusqu'à nous accuser de
tous tes malheurs qui sont.arrivés purement par
hasard, comme je viens de vous le dirp, ou seu-
lement par là faute des aristocrates; il ose i;ious qualifier de scélérats, de traîtres , d'assassins | d'incendiaires, de régicides. Ahî mes frères ^ quelle calomnie I mais plaignons plutôt la nuiuvaise éducation de ce peuple encore, barbare.
Je vous l'avais toujours prédit, vous vous reposiez trop sur ce vieil infidèle; pour moi qui le connaissais mieux, vingt fois j'ai fai); tout ce qu'il a dépendu de moi pour me faire enteiKjçp.
Vous le savez , il est de ces gi:a{i^dçs idées qui
blessent dans un élaX monarchique , et qui ne peuvent se dire, mais i^eulementse faire ojomprendre. Cette vile populace que- nous avons aimée seulement pour son bien, est encore encroûtée d'une violente passion pour son roi; ignorante et corrompue par de vieux préjugés^
elle n'est pas faite pour connaître le bonheur de