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avec le respect le plus vrai et le plus profond,
« Monsieur^
« Votre très humble et très obéissant serviteur,
« Ijefwxz^ prêtre. »
Cette lettre, émanée d'un ecclésiastique qui était entouré de la considération publique, prouve que les murmures des prélats et des bénéficiers n'étaient pas partagés par le clergé tout entier, surtout par cette fraction si nombreusede simples prêtres à charge d'ames. Quant à la poésie latine de l'évêque de Liège, je ne crus pas qu'il fût de la dignité de l'assemblée d'en entendre la lecture; mais je la commiHiiquai à plusieurs membres de l'assemblée, qui donnèrent comme moi les plus grands éloges à l'esprit qui avait guidé l'auteur. Dom Gerle fît plus, il s'esitasia sur la belle latinité , et voulut exprimer tout son enthousiasme à l'auteur lui-même. Il lui écrivit une fort longue lettre qu'il me montra : elle était farcie de cijtations des Pérès , de
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il mérité do li patrie ^ et h quel titre le» couu ronnes civiquci doivent pleuvoir aur lui. J'eaa père que M. Albert se croit lui*méine aaaex « récoropenaé de sas aervicea par la commana dament qui vient^ de lui être donné; j'eipéra a plua encore^ c'est qbe la nation n*aura pas a 'besoin de ses talents ilf||inguéa ; que laadéa mêlés de TEspagne ne troubleront pas la paix M dont nom jouiasons. Je laisse à l'assemblée « k suppléer aux choses que je n'ai pas dites i» tt et aux circonstances que je n'ai paa rapa peléea* » ^
Ce n'étitt point par formule oratoire que je terminai de cette manière, l'assemblée était ahna un tel état de déaordrCi, le tumulte qu'ocmkionnaient mas paroles était ai grand, qu'il était impossible, même avec un extrême sangfroid, de dire tout ce qu'il fallaic dire, plus impossible encore de Je faire entendre. Du reste, les cris, les murmures^ les mouvements d'impiftience et de colère , les injuroif , les menaces ne faisaient aucune impression sur moi. Mon parti était pris de ne m'inquiéter en aucune manièi*e de la défayeurde rassemblée, et de no
compter pour auditoire que le peuple ^ auquel toutefimefi parole» s'adressaierit.
ÂUA^i le lendemain du jour où ma voix avait été étouffée ^ utie occasion «'étant représentée d'entrçtenlr de nouveau mes collègue» de la mesure relative à M* Albert de H'roms^ je lo R» comme si j'^uise été.iùr d'être accueilli avec intérêt* Des commerçants avaient adressé à l'assemblée une pétition pour demander que les chefs d'escadre fussent autorisés à protéger le commerce de la France et de ses alliés* Je
m'opposai à^e qu'on délibérât sur €ette. pétition «Le but de cette démarche, expliquée par mille autres émanées du ministère , était de nou» entraîner dans une guerre étrangère : je le signalai h l'assemblée.
'< La proposition qu'on vous fait en ce mo- « ment, lui dis -je, de donner aux commanw dants d'escadre le pouvoir d'employer telles « et telles forces pour protéger notre cc^mmerce « et nos nlliél prétendus, leur laisserait aussi a le pouvoir de commettre des hostilités : les^ « ministres ont cal^culé les effets do ces diverses 'i mesures dont vous n'avez pas embrassé les
« coitiK^quoncoA. DçpijU'(|u*oii lotir n oppufii^ (( iirid harrièro ^ur lo droit (Jo paix i)t dit guarri^ c( dont iU vouloiont «Comparer , iU n*otit ptim « que la roMourco do yoii» urrochor iiidirDcteu ment un vœu que vous cmiriex le v^tre, et u qui neriiit le leur. Songez que par le décret (( que votiA ove» adopté hier Hur M. Alltert^ c( von4 attire// IVitteniion den nationn 't^tran* (( géreii, qui verront ovec«urpri«e un commanii dant d*eficadre appelé partir.uliérctment /i cette u fédération* Oaignez (pie la calpninie ne ré- (( pand6'iirloin que TaMemldée national) eNt u d^ac^orà avec Ion miniMtre«, et que le» miil nintret le i»ont avec certaine pnlMance élran- <( f(ére. Je demande que toute proposition Hur u cet objet aoit ajournée, et que l'on fixe uti u jour pour examiner ce que nous avonn k faire u ihun cen grandefi circonAtancen. n ^
Cette .foin, on me laifina parler , maÎA de» murmure» d*improbation »uivirent me» ob»ervalion» , ce cpd n'empêcha pa» ra»»emblée de pan- »()r h Tordre du jour atn»i que je le demandai».
Veu de jour»aprè», môme conduite dema pari, accueil plu» hostile encore de la part de Ta»»
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êemhlée. Plufeiewri dtoyem de* Étati^UnU, Paul Jofie« à leur iè(e ^ i^étatent préêenU» k la barre pour iollictter'la faveur d^anitMer à b fédération « Je voulue rédainer nmpreeiioo de leur dbcoure et de la répouee faite par le président* Pour cette foii ^ on ne me laiMa pâê parler , dee cri» furieux étouffèrent ma voix* En vain , je voulu* rappeler & TaMemblée le droit qu^avait chacun de te» membre» de f^exprimer librement, et combien le spectacle qu'elle offrait était fait pour confondre len idée» de diguité et de mi^efté que le» étranger» pré»eni» b la »éance avaient pu concevoir d'elle. Tout fut inutile ^ je duê quitter la tribune »an»avoir développé me» pr&po»ition» que ra»»€iinblée accorda »an» le» connaître. Au milieu du bruit et de» injure» qui m'é*' . talent adre»»ée» , un membre du cdté cfroit ^ ^Foucault, je croi», me qualifia de triùun du peuple^ et cet honnête gentilhomme croyait m'injurîer I
Le jour de la fédération arriva , h France entière »emblait »'étre donné rendez -vou» à Pari»; mai»que de cliangement» dan» une année ! C^était la France libre et citoyenne qui venait
DE EOBESPlMftE. I2i<y
saluer le berceau de sa liberté , et jurer de le défendri^.
Je ne décris point des* fêtes ; les impressions qui résultent du mouvement de» masses , de l'agitation des corps ^ de l'éclat des armes et de la variété d'un cortège , sont pour moi d'un faible intérêt. Cependant cet anniversaire de la prise de la Bastille avait à la fois quelque chose de si pompeux et de si touchant ^ que le souvenir m'en est resté sans mélange de retours pénibles. Au milieu de nos jours de combats et d'amertumes , je le vois encore comme un jour de repos et de triomphe. Oh ! si tous les serments qui furent alors proférés avaient été sincères. •••^ alors nous n'eussions pas eu ce triste anniversaire du i4 juillet.... le sang du peuple n'eût pas coulé.. •• , la France serait heureuse et libre.... Un nouvel anniversailfc ne se présenterait pas aujourd'hui , terrible pour la monarchie. #
Comme *j'avais encore , malgré les travaux qui m'accablaient, le faible d'aimer la littérature et la poésie y je lus avidement les deux pièces qui , au milieu des innombrables produç-
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tiens qu'enfanta le 14 juillet y furent le plus goûtée» des connaUseurs. C'étaient iliymne de... Chénier et le chant séculaire de Fontanes, L^ou- «M vrage du premier était au-dessous de sa réputation. Deux stropbesseules signalaient lepoéta^ les voici :
DifiU (lu peuple et ôt» roiêt àf.» tïila, dn$ rampagiic»,
Dn iMthvr, do (JaKfn, ùm rnifanl» d^hraîrl,
Dieu <|u« If) Vtukhrc honore au pied de mi monlogne*
Kfi invoquant Tantre <lu c'w\ , Tei «ont raMirnihléi nouii ton regard immeniie l)e l'empife fnmçaii lef fiU et le» aoutienu, (Célébrant devant toi l<*ur bonheur (|4ii coniiurnce^
I^.gaux à «leur» yeux eomme aux tien*.
Quant h Fontanes , on eût dit qu'il Toulait louer tout le monde et ne blesser personne. Ou je me trompe^ ou ce. jeune homme sera habile à distribuer l'encens. Il y avait pourtant un mdftvement remarquable dans- sa poésie; c'est le passage où, parlant des salves d'artillerie dont a retenti le (Aamp de la fédération , il dit :
(k hruit f ur la rive prochaine , IVéeho» en échof répété, Va ae prolonger dam la plaine 3wA\u'k Vemuille ^pouvantû.
I^ MNiibre deipotiamo erre eticor dana Venaillf**,
V,\ frirmlilttrtf, Inifukiii k frmii mM dti «Jniiil, Qii« |4(liN éUivM IVMilAvaiiii) 4*1 l'(»rKU«tll«
On IIC1 poiii rf^pnu'.linr li rotin Mtropho t\\w Ut fâUto f(niitiititttii:»l4i du voi'm «{ui la Innnino.