‹ Mémoires authentiquesChapitre 118 sur 146 · Le ministre · texte numérisé non relu

Le ministre

2. CeUe phrase est très obscure, même incompréhensible. Il semble qu'il y ait ici une lacune dans le récit ; le maréchal aurait dû mentionner sa nomination. Le marquis d'Argenson dit, à la date du 6 janvier : « Le maréchal de

M. d'Argenson l'en avertir. Celui-ci fil semblant d'en être fort aise, et efFeclivement il ne se soucioit que des choses qui pouvoient l'intéresser personnellement ou faire de la peine à ceux qu'il n'aimoit pas, et, comme M. de Richelieu, en cet instant-là, n'étoit ni bien ni mal avec lui, il ne songea plus qu'à faire ce qu'il falloit pour la réussite d'une entreprise importante et difficile, parce que, selon le grand usage de la cour de France, où l'on ne pense jamais aux choses qu'au moment, il auroit fallu, pour que celle dont on va parler réussît, prendre des mesures trois mois à l'avance. M. de Richelieu prit donc le ton qu'il falloit, étant une fois commandant, pour tout préparer, et il partit lui-même, trouvant des obstacles à tout : jusqu'à l'argent nécessaire pour une aussi grande et dispendieuse entreprise, il n'y avoit pas un écu de prêt. Il fallut, en attendant mieux, envoyer chercher des louis d'or chez tous les notaires, pour rassembler cinquante mille louis, qu'on lui envova en poste. M. de Richelieu les suivit de près, et alla débarquer à Marseille, où il ne trouva rien de prêt, mais seulement qu'on avoit donné ordre de préparer trente vaisseaux marchands, auxquels on n'avoit pas encore touché. Il y établit un ordre avec les officiers de terre, par lequel il y avoit quatre

Richelieu vient d'être nommé commandant général sur les côtes françoiscs de la Méditerranée, comme M. de Belle-fsle l'a été sur l'Océan ; sous lui trois lieutenants généraux, pour les trois provinces maritimes que nous y avons : M. de Maillebois, M. de Mirepoix et M. de Gravelle... » Selon d'Argenson. on avait l'idée de faire des descentes en Angleterre, à Gibraltar, ou à Minorque [Journal, t. IX, p. 168).

officiers qui se relevoient, dont un étoit toujoui's présent, pour faire travailler les ouvriers aux différents objets, pour empêcher les querelles et que les uns n'embarrassassent les autres. Le commissaire de marine qu'il y trouva étoit intelligent et de bonne volonté. M. de Richelieu, ayant vu le peu de soin qu'on avoit pris et qui y avoit des ordres pour commander à la mer comme à la terre, ordonna que l'on prit de l'artillerie partout où l'on en trouveroit. Il n'y en avoit que très peu, et c'étoit sur le plan que l'on avoit du fort Saint- Philippe, quand les Anglois le prirent aux Espagnols, qu'on dirigeoit les opérations et que l'on avoit fait prononcer à M. de Vallière, commandant notre artillerie et le génie, que vingt-quatre pièces de canon suffiroient pour le prendre, et que la seule difficulté étoit de débarquer. Sur ce point, la seule instruction qu'il ^ eût sur la désignation de l'endroit [étoit de débarquer] où les Anglois avoient débarqué eux-mêmes, étant maîtres de la mer et n'y ayant aucunes troupes dans l'île, de sorte que c'étoit au milieu d'une plaine. Il y avoit quarante ou cinquante ans. M. de Richelieu avoit cependant pris assez de connoissance, pour savoir que les Anglois avoieiit travaillé au fort et dépensé des sommes immenses, comme il n'étoit que trop vrai. Les nouvelles qu'il put savoir par le peu de gens qui étoient à Marseille ou à Toulon, ayant connoissance de l'île de Minorque, l'effrayèrent. Le seul homme capable de l'éclairer un peu sur l'endroit du débarquement des Anglois, qu'il ne savoit

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