‹ Mémoires authentiquesChapitre 120 sur 146 · Entre le comte d'Argenson et M"*^ de Pompadour · texte numérisé non relu

Entre le comte d'Argenson et M"*^ de Pompadour

3. M"*Huguetde Sémonville avait épousé Charles-Jean, comte d'Estrades, qui était fils de Charlotte le Normant, et petit-fils de Charles le Normant du Fort, père de M. d'Étiolles, mari de M"»^ de Pompadour. M. d'Estrades étant mort à Dettinghen, M™^ d'Estrades avait obtenu, par le crédit de sa cousine, une place de dame d'atour dans la maison de Madame Adélaïde, et une entrée d'intime dans la société des petits cabinets. Au mois d'août 1755, le Roi lui fit subitement demander sa démission et l'exila, avec une pension. Cela fit grand bruit dans Paris. — Voy. Barbier, t. IV, p. 91; Marmontel, t. II, p. 30 ; d'Argenson, t. VI, p. 356, 358, 394.

amenée à la cour, quand elle y vint. Elle étoit sa complaisante dans sa maison bourgeoise, quoiqu'elle eût épousé un homme de condition. Elle avoit encore augmenté tout cela à son arrivée à la cour, et étoit cependant parvenue à prendre un ascendant sur l'esprit de M. d'Argenson, qui en avoit beaucoup, parce qu'elle ne s'étoit montrée à lui que comme un surveillant ou espion pour ses intérêts auprès de M""* de Pompadour et du Roi, dont elle avoit été, dans les commencements, seule dépositaire des secrets, et les rapportant fidèlement, ce qui avoit été d'un grand secours à M. d'Argenson ; mais, dans ce moment, elle ne pouvoit servir à grand'chose ; elle lui disoit au contraire beaucoup de mensonges d'après ses liaisons, qui ne pouvoient le soutenir, et des confidences dans lesquelles M. d'Argenson s'égaroit souvent. On auroit pu croire enfin que c'étoit un bon et généreux procédé de sa part ^ et qu'il étoit affecté d'abandonner une femme dans la disgrâce ; mais tout le monde savoit bien qu'il avoit abandonné père, mère, enfants et toute sa famille ; mais, pour la première fois que, se croyant sûr de faire chasser M""^ de Pompadour, il voulut avoir l'honneur, cela lui coûta définitivement sa place, par la préoccupation où il étoit qu'il tenoit le Roi de façon qu'il ne pourroit jamais le déplacer. Eff'ectivement. M"" de Pompadour eut beaucoup de peine. Sans M. Berryer, le lieutenant de police-, elle n'en

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