Diane-Adélaïde de Mailly
2. Comparez Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. VIII, p. 14 et suivantes.
conduisoil à faire l'abbé de Bernis ministre des affaires étrangères, d'autant que tout le monde ne pouvoit connoître que la surface de l'esprit de l'abbé et croire qu'elle éloit si mince et le tuf si près. Toutes les conséquences en étoient bonnes, hors le principe, et, si tant est qu'il pût y en avoir, c'étoit celui qui avoit donné le traité qui en pouvoit avoir le secret, et, quoiqu'on pût douter de toute l'énergie et de la capacité de l'abbé de Bernis, M. Rouillé, qui étoit dans la place, n'en avoit pas assez pour qu'on pût craindre de faire une perte effrayante dans l'échange. Mais aussi M. Rouillé étoit bien éloigné de vouloir quitter. Le Roi, dans toutes les choses qu'il faisoit les plus bizarres et qui pouvoient passer même quelquefois pour indécentes, avoit peine à en faire de cette espèce et n'aimoit pas à faire de peine aux gens pour qui il avoit de l'amitié, ainsi qu'il en avoit pour M. Rouillé, qui étoit honnête homme et bon homme, de sorte que le projet n'avançoit point. M. de RicheHeu offrit à l'abbé de le servir et de tâcher de déterminer M. Rouillé par les bonnes raisons qu'il avoit à lui dire. Il éloit ami intime dès l'enfance de M. Fallu, son beau-frère, sur lequel il avoit un grand crédit, qui en avoit un infini sur sa sœur, femme de M. Rouillé \ qu'elle gouvernoit
1. Marie-Anne Fallu avait épousé le 8 février 1730 Antoine- Louis Rouillé, comte de Jouy, secrétaire d'Etat de la marine en 1749, puis des affaires étrangères en juillet 1734. Son frère, Bertrand-René Fallu du Ruau, conseiller au Parlement en 1718, maître des requêtes en 1724, intendant à Moulins (1734), puis à Lyon (1738), était alors conseiller d'État et intendant général des classes de la marine.