L'attentat de Damiens eut lieu le 5 janvier
unique où il se trouvoit, de la nécessité de tenir un conseil des Dépèches et ne voulant pas parler au Roi ni décider lui-même, il lui paroissoit que ce que venoit de dire Lemoine l'engageoit à donner l'ordre conséquent. On ne pensa plus à cela de part ni d'autre. Le conseil des Dépêches se tint, et M. de Bernis y assista. Cet événement très léger resta entre Monsieur le Dauphin, M. de Richelieu et Lemoine ; l'un et l'autre n'y firent aucune attention et le crurent oublié aisément. M. de Richelieu n'en parla ni à l'abbé de Bernis ni à personne, et vécut avec lui dans la même amitié et correspondance qui avoient existé jusque-là. Il ne parut aucune trace de discussion dans leur façon de vivre ordinaire ; mais longtemps après. Monsieur le Dauphin causant avec l'Infante, sa sœur, sur cet événement et tout ce qui étoit arrivé, celle-ci, comme toutes les femmes en usent pour les gens pour qui elles ont de l'amitié, et elle en avoit beaucoup pour l'abbé de Bernis, se dépêcha de lui rendre compte de tout ce que son frère lui avoit dit, et, soit que sa politique prit un travers sur cela, ou que l'abbé, devenu tout politique et courtisan tracassier, crût tout d'un coup que le duc de Richelieu avoit cherché à l'exclure du Conseil, l'incertitude de M. de Richelieu sur ce qu'il vient de rapporter fit imaginer qu'elle étoit un germe de l'envie qu'il avoit d'empêcher l'abbé de rester dans le Conseil. D'après cela l'esprit et la conduite de l'abbé à son égard changèrent. Il fut d'abord très fâché â cause que cela ^ alloit entraîner une paix