INTRODUCTION. XI
et mensongers qui vont former désormais le bagage historique de Soulavie ; la protestation de la famille de Choiseul ne fut que le prélude d'une polémique analogue qui s'engagea peu après au sujet des Mémoires du maréchal de Richelieu * .
Soulavie avait été admis dans la bibliothèque de M. de Richelieu vers 1782 ; nous avons déjà dit quel accueil il y avait trouvé ; les documents qu'on lui communiqua avec la plus complète libéralité lui inspirèrent Vidée, soit d'en faire une publication spéciale, soit d'écouler, sous le couvert d'une personnahté aussi célèbre que celle du maréchal, les matériaux précieux qu'il était à même de recueiUir depuis son arrivée à Paris. Ce fut en 1785 qu'il commença la rédaction 2. c'està-dire peu après qu'il eut livré les premiers fragments des Mémoires de Saint-Simon, mémoires dont il se servit presque uniquement pour faire un premier volume.
En 1788, la mort du maréchal ayant changé la situation, Soulavie jugea à propos de prendre rang pour la publication dont il avait arrêté le plan et commencé la première partie, sans savoir bien au juste où la suite le mènerait. Il adressa une longue lettre au rédacteur du Mercure ^, pour s'inscrire contre « une personne de nom inconnu, qui venoit de se présenter à quelques libraires et de leur offrir une Vie du maréchal de Richelieu. » Cet auteur inconnu était-il Linguet, qui publia un article nécrologique dans les Annales politiques, où l'éditeur qui publia l'année suivante la correspondance du maréchal avec Paris Duverney ^ ou enfin l'auteur qui devait
1. Voyez un historique et une analyse de ces Mémoires dans les Petites notes ardéchoises de M. Mazon, p. 131 et suiv.