XII INTRODUCTION
donner plus tard sa Vie privée ? Faut-il encore ne voir là qu'un des procédés familiers à Soulavie ? Quoi qu'il en soit, la lettre fort longue, et dont le contenu reparut plus tard dans la préface du tome IV des Mémoires, racontait comment l'abbé avait eu, durant trois ans, communication pleine et entière des trente portefeuilles dans lesquels le maréchal conservait tous les documents relatifs à ses ambassades, à ses commissions, aux guerres d'Italie et d'Allemagne, aux affaires publiques ; elle annonçait que ces documents seraient la base d'une étude authentique et d'une histoire fidèle, comme la France n'en avait pas encore sur le règne de Louis XV, et qu'en outre, un ami intime du maréchal publierait sa Vie privée, où le défunt l'avait toujours sollicité de faire entrer les documents ou les épisodes d'un genre moins sérieux. Chemin faisant, on réfutait une partie des faits que M. L*** (Linguet) venait de publier sur la jeunesse de M. de Richelieu. A l'appui de cette rectification, toute apologétique, on invoquait lautorité des Mémoires de M. de Villars, et on produisait même, en originaux, trois billets ou lettres de M""* de Maintenon au père et à la bellemère du futur maréchal ^ La lettre était signée : « S... G..., auteur des Mémoires de M. de Richelieu, composés d'après des ^Mémoires de guerres, d'ambassades, de négociations, et autres que feu M. le maréchal m'avoit confiés. »
Un an plus tard, à la fin de 1789, une annonce nouvelle, insérée dans les Annales 'politiques et littéraires, attira l'attention des héritiers du maréchal, et valut au Journal de Paris ~ la note suivante :
« Le duc de Richelieu a vu. avec la plus grande surprise,
1. Ces trois pièces, dont le texte est donné dans les Mémoires ou dans la Vie privée, ne sont plus dans les archives du duc de Richelieu, et on ignore ce qu'elles sont devenues.