‹ Mémoires authentiquesChapitre 137 sur 146 · AU DUC DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

AU DUC DE RICHELIEU

[Pendant que le duc de Richelieu était à la tête du corps français à Gênes, il se trouvait nominalement sous les

ordres du maréchal de Belle-Isle, qui commandait en chef toutes les troupes du Roi en Provence et dans la rivière de Gênes. Cette situation nécessita entre eux une correspondance active. Toutes les lettres envoyées par M. de Belle-Isle à Richelieu ont été conservées par celui-ci et forment aujourd'hui le registre KK 1370 des Archives nationales. Parmi elles, les unes sont de caractère officiel, écrites par un secrétaire et simplement signées par le maréchal ; d'autres, exactement cinquante-cinq, sont des lettres particulières, non signées, mais toutes écrites entièrement de la main de M. de Belle-Isle. Il est facile de comprendre que ces dernières ont un caractère beaucoup plus intime et familier ; elles parlent librement sur tous les sujets : la cour, les ministres, les négociations de la paix d'Aix-la- Chapelle, les difficultés avec les commandants des corps auxiliaires espagnols, la promotion de M. de Richelieu comme maréchal de France, etc. ; elles sont de beaucoup les plus intéressantes. C'est ce qui nous a engagés à donner ici la plus grande partie de ces lettres particulières ; nous n'avons supprimé que celles qui étaient sans importance ou faisaient double emploi, et, dans celles que nous publions, les passages d'un intérêt trop minime. Il est regrettable que nous n'ayons pas pu mettre en regard les lettres particulières de M. de Richelieu, auxquelles M. de Belle-Isle fait souvent allusion ; la correspondance ainsi échangée entre ces deux hommes eût formé un ensemble qui n'aurait sûrement pas manqué de piquant.j

« A Bizyi, ce 21 janvier 1748.

« Je suis ravi, Monsieur, que la lettre particulière que vous a écrit M. d'Argenson se soit trouvée conforme à ce que je vous avois annoncé ; car, comme il ne me l'a pas montrée, je ne pouvois en être aussi certain ; mais j'ai tout lieu de croire, par ce qui s'est passé de lui à moi sur votre

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