Louis-Marie Foucquet, titré comte de Gisors
moi ne manquions de choses essentielles. Vous croyez bien que je ferai à cet égard tout ce qui dépendra de moi pour V obvier ; mais je suis bien éloigné de répondre du succès
a Ce 28. — Je ne viens que de m'apercevoir qu'on a oublié hier de mettre ma lettre dans mon paquet ; je l'envoie avec une que vous envoie M. d'Argenson, qui sera encore remise demain matin à temps au chevalier d'Artignosc.
« Je vous renouvelle toujours avec plaisir, Monsieur le duc, les assurances de mon tendre et inviolable attachement.
« M. de Puvzieulx vient de recevoir une lettre de Monsieur de Rennes ', qui lui mande que les Espagnols ne se pressent point de répondre à nos lettres et mémoires, et que M. de !a Ensenada- dit que, après le secours efficace que l'Espagne a donné pour la Provence, il y a de la tyrannie de notre part d'exiger que le roi d'Espagne fournisse exactement le tiers des troupes et des munitions ; et tirez de là vos conséquences. »
A Marly, ce 27 janvier 1748.
« Quoique je sois ici depuis cinq jours, je ne suis guère ni plus instruit ni plus avancé; j'espère pourtant que votre courrier partira ce soir. J'ai fait ce que j'ai pu pour faire entendre raison au chevalier d'Ariignosc, que Ton remet au même état, dont il eût été très content après Lawfeld. Ce sera à vous à faire le reste ; car c'est à votre seule considération que l'on a accordé d'antidater la commission.
« En général le public vous rend justice, et le Roi plus
1. Louis-Guy de Guérapin de Vauréal, évêque de Rennes, ambassadeur à Madrid.
2. M. de la Ensenada, chargé des finances, delà guerre, de la marine et des Indes, fut, de 1743 à 175'i, le plus important des ministres espagnols.
que personne ; c'est là la récompense la plus pure. L'on connoît les entraves où vous vous trouvez, et l'on vous saura plus de gré du bien, sans vous imputer le mal. Ce que je dis là est: 1° pour le Roi, 2° pour les personnes censées et impartiales ; car je ne dirai pas qu'il en soit de même de tout le monde. Mais vous vous y êtes bien attendu, et, quand on a fait ce qu'on peut et ce que l'on doit, il faut se mettre au-dessus. D'ailleurs nous n'avons encore aucune réponse d'Espagne, et je ne saurois vous rien dire de ce que nous ferons ou ne ferons pas. Monsieur de Rennes a du vous envoyer en droiture la réponse de M. de la Ensenada sur l'article de M. de laHumada. Je n'y ferai point de commentaires ; je trouve que ce sera plus de la moitié du mal de moins si M. de la Humada est maître de ses résolutions et actions sans dépendance directe de M. de la Mina. Vous n'aurez du moins à disputer qu'en face, comme moi quand je suis à l'armée ; vous saurez plus tôt à quoi vous en tenir, et je présume que vous aurez plus beau jeu que moi. Cela dit, je conviens que tout cela est en dépit du bon sens et insoutenable à la longue.
« i\ est certain que M. Walle est à Londres et qu'il y négocie. Je crains que les espérances qu'on forme peutêtre à Madrid sur cette négociation ne ralentissent tous les préparatifs de la campagne prochaine, qui n'étoient déjà pas trop vifs. Voilà M. de Saint-Séverin qui sera déclaré lundi et qui partira dans deux ou trois semaines pour se rendre à Aix-la -Chapelle ; mais nous n'en ferons pas moins la campagne, et ce sera elle qui éloignera ou qui rapprochera la paix. Les Russes sont en mouvement ; reste à voir s'ils arriveront jusque dans l'Empire. Les électeurs Palatin, Cologne et Bavière ont renouvelé leur traité d'union ; ils ont, conjointement avec le duc de Wurtemberg, écrit une lettre aux rois de Prusse et de Pologne pour s'opposer à l'entrée des Russes dans l'Empire. Vous ferez tel cas que vous jugerez à propos de celte démarche
A Versailles, le 8 février 1748.
« J'ai attendu de voir M. d'Argenson prêt à envoyer votre courrier pour répondre à la lettre particulière dont vous m'avez honoré du 22, finie le 25. Je vais y répondre en suivant le même ordre des articles qu'elle contient, afin de n'en omettre aucun.
« Je ferai du côté des bureaux de la guerre ce que vous désirez de moi, et j'ai déjà commencé sur plusieurs points.
« Je suis, je vous assure, bien fâché que vous ayez à faire usage de patience. Je m'étois toujours méfié des facilités que vous croyiez trouver de la part de M. de la Humada, et je vois avec douleur qu'il est personnellement tout aussi difficultueux que M. de la Mina. La lenteur des Génois m'étoit connue, et j'avoue que je ne supporterois pas tout ce que vous et ceux qui vous ont précédé avez eu à en essuyer. Mais à tout cela quel remède ? Il ne se peut puiser que dans les ressources de ceux qui ont à agir de concert avec eux. Le mérite est d'autant plus grand que l'on en sait ici très peu de gré, et il faut tout faire pour le bien de la chose publique et pour soi-même.
« Vous avez tout à fait raison sur l'article de l'intendant. Vous avez tout dit ; j'en ai fait autant ; c'est à présent au ministère à en répondre. Il ne me paroît pas, malgré vos instances, que l'on songe à vous envoyer quelqu'un. Ainsi vous n'avez aucune demande à faire pour Farconet ^ ; car, selon toute apparence, il restera ainsi que son camarade. Vous avez pris acte, et j'en ai usé de même et pour vous et pour moi.
« Les amis communs vous ont dit vrai sur M. d'Argenson. Je le trouve rempli d'attention pour tout ce qui vous regarde et avec l'envie que vous soyez content de lui. Il est vrai qu'il désire que l'on s'adresse à lui, et vous ferez très bien d'en user ainsi dans toutes les choses que vous désirerez qui réussissent. Je ne m'éloignerois pas de croire