‹ Mémoires authentiquesChapitre 17 sur 146 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

le malheur de la France. Je lui dis que l'histoire, approfondie avec de tels principes, pourroit être utile, et que toutes ces images contrasteroient singulièrement avec ce qu'on pensoit de ses principes.

« M. le Maréchal me répondit qu'il avoit été lié toute sa vie avec un grand écrivain qui avoit bien maltraité son grand-oncle. Ce qu'il ajouta des ministres, des intendants, des maîtres des requêtes, me parut si beau, si vrai, si piquant, que je me trouvai encouragé, et je m'engageai à intituler l'ouvrage : Mémoires DU Maréchal de Richelieu. « Parlez, me disoit-il, « à la première personne, comme dans les Mémoires du « maréchal de V'Ulars ; voyez comme il raconte naïvement, et « dans le même ton, ses fautes et ses exploits. Il faudroit « écrire de cette sorte. J'entends qu'il soit parlé de moi avec « cette liberté dont on jouit à Londres cent ans après les évé- « nements. »

Une seule restriction fut faite, et par Soulavie lui-même. Il refusa de traiter les anecdotes galantes et tout ce qui ne tenait pas aux affaires publiques ; ce fut M. de la B***, ancien courtisan, ami intime du maréchal, qui se chargea d'écrire la Vie privée.

Les faits ainsi établis, tels à peu près qu'ils avaient été présentés dès 1788, dans le Mercure, il fallait pourtant indiquer la véritable origine des matériaux de ses quatre premiers volumes, puisque la plus grande partie des faits quils contenaient s'étaient passés bien avant M. de Richelieu, ou en dehors de son action. Soulavie est donc amené à énumérer, comme pièces à l'appui, tous les précieux Mémoires qu'il avait trouvés dans les archives de certaines familles attachées depuis longtemps à la cour ou mêlées aux affaires publiques : le Journal de Dangeau ; les Mémoires du duc de Luynes, ou ceux de Saint-Simon ; les manuscrits du président d'Ormesson et des frères Paris ; les

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