XX INTRODUCTION
était écrit. Car ce fut à la même époque que Soulavie commença à prendre rang parmi les révolutionnaires les plus exaltés. Ses opinions pouvaient dater d'avant 1789 ; mais elles avaient fait beaucoup de progrès depuis les temps où il écrivait son discours sur VInfluence des mœurs et collaborait avec le duc de Luynes. Lié intimement avec les membres les plus violents de la Montagne (il se vanta plus tard d'avoir suggéré l'idée de la république à Collotd'Herbois), il fut des premiers membres du clergé à faire une adhésion solennelle aux principes nouveaux et compta parmi les fondateurs de la Société des Amis de la Constitution (les Jacobins). En juillet 1790, il donnait au Moniteur deux articles violents, l'un contre le Roi, à qui il contestait le droit de paix et de guerre ; l'autre contre le clergé, en inventant sur le compte de labbé de Citeaux une odieuse histoire de séquestration '. Quelques mois plus tard, il rompait résolument avec les doctrines et les vœux ecclésiastiques, en rédigeant et présentant à l'Assemblée nationale sa soumission et celle de huit autres prêtres de Saint-Sulpice ^., puis en faisant bénir parl'évêque Fauchetson union avec M"" Maynaud (qu'il épousa trois autres fois). La Nation devait bientôt le récompenser de tant d'apostasies.
Quatre mois après l'apparition des volumes de Soulavie, le Journal de Paris ^, devenu l'organe ordinaire dune curieuse concurrence, annonça que M. Sénac, maître des requêtes, ancien intendant de Hainaut, établi à Londres , allait publier par souscription des « Mémoires sur la vie du maréchal duc de Richelieu, pour servir à l'histoire du xviii* siècle ; avec cette épigraphe : Cum tempus posccret, laboriosus, patiens, liberalis, splendidus, affabilis, blandus, temponbus callidissime interveniens ,