XXXIV INTRODUCTION
Richelieu, l'histoire scandaleuse d'un gouveraement que ses excès et ses folies ont conduit à la révolution de 1789, avec les pièces justificatives en tête de tout ce qu'on a fait pour en empêcher la publication. Je ne sais pas écrire l'histoire autrement. Enfin, Monsieur, vous m'opposez M. Sénac, comme un inconnu a opposé aux Mémoires de Duclos, qu'on vend rue de Condé, n** 7, deux volumes de brouillon ou des fragments de Duclos, édition anonyme et si désordonnée que le libraire est réduit à pnjner complet le livre même où M. Duclos affecte de citer, page 140, tome 2, des articles délicats que l'éditeur anonyme en a enlevés. »
Pour ce qui concerne les documents publiés dans la Vie privée, on a déjà vu Soulavie lui-même en raconter la destination spéciale et la prise de possession par B. de la Borde. Si la mort du duc de Richelieu et l'absence de M. de Chinon son fils, n'étaient venues à point nommé pour laisser le champ libre à toutes les allégations les plus fantaisistes, Soulavie eût-il osé oublier ces détails et attribuer la paternité du nouveau livre à M. Sénac, qu'il savait chargé d'un travail tout différent, et qui d'ailleurs, nous l'avons déjà dit, ne fit jamais paraître qu'un prospectus ? Nous aurons lieu ailleurs d'étudier l'origine et la composition de la Vie privée ; mais ici il fallait relever au passage cet épisode de la publication des J/éwoirc^, et constater une fois de plus quels moyens Soulavie employait pour rendre un semblant d'authenticité à son ouvrage, et pour s'assurer de par lui-même le monopole de la vérité.
Avant que la fin des Mémoires de Richelieu * fût livrée au
1. Avant de terminer la publication des Mémoires de Richelieu, Buisson fit une réédition dans lo format in-12, de la Vie privée, avec des corrections et des augmentations. L'ouvrage avait eu « une vogue prodigieuse » et l'honneur de plusieurs contrefaçons. Une de ces contrefaçons, imprimée à Liège en 1790, mais annon-